Dans les pas de l’ aubergine…une pervenche

C’ est le jour républicain de la pervenche.

C’ est une petite plante printanière vivace à feuillage persistant couvre-sol.

Son nom, « vinca pervinca », vient du latin « vincare » (vaincre) pour sa robustesse et ses vertus thérapeuthiques ou « vincere » (attacher, lier) de part sa façon particulière de se développer au sol.

Sa teinte d’ un bleu original a évoqué le ton de l’ uniforme du corps de ces dames chargées de veiller au bon stationnement des véhicules d’ où leur surnom de « pervenches », précédées de leurs aînées, les « aubergines » qui arpentaient aussi, pour la bonne cause, le trottoir des villes françaises.

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LA PERVENCHE

petite-pervenchePâle fleur, timide pervenche,
Je sais la place où tu fleuris,
Le gazon où ton front se penche
Pour humecter tes yeux flétris !

C’est dans un sentier qui se cache
Sous ses deux bords de noisetiers,
Où pleut sur l’ombre qu’elle tache
La neige des fleurs d’églantiers.

L’ombre t’y voile, l’herbe égoutte
Les perles de nos nuits d’été,
Le rayon les boit goutte à goutte
Sur ton calice velouté.

Une source tout près palpite,
Où s’abreuve le merle noir ;
Il y chante, et moi j’y médite
Souvent de l’aube jusqu’au soir.

Ô fleur, que tu dirais de choses
À mon amour, si tu retiens
Ce que je dis à lèvres closes
Quand tes yeux me peignent les siens !

LAMARTINE

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pervencheNous étions, elle et moi, dans cet avril charmant
De l’amour qui commence, en éblouissement.
O souvenirs ! ô temps ! heures évanouies !
Nous allions, le coeur plein d’extases inouïes,
Ensemble dans les bois, et la main dans la main.
Pour prendre le sentier nous quittions le chemin,
Nous quittions le sentier pour marcher, dans les herbes.
Le ciel resplendissait dans ses regards superbes ;
Elle disait : Je t’aime et je me sentais dieu.
Parfois, près d’une source, on s’asseyait un peu.
Que de fois j’ai montré sa gorge aux branches d’arbre !
Rougissante et pareille aux naïades de marbre,
Tu baignais tes pieds nus et blancs comme le lait.
Puis nous nous en allions rêveurs. Il me semblait,
En regardant autour de nous les pâquerettes,
Les boutons d’or joyeux, les pervenches secrètes,
Et les frais liserons d’une eau pure arrosés,
Que ces petites fleurs étaient tous les baisers
Tombés dans le trajet de ma bouche à ta bouche
Pendant que nous marchions ; et la grotte farouche,
Et la ronce sauvage et le roc chauve et noir,
Envieux, murmuraient : Que va dire ce soir
Diane aux chastes yeux, la déesse étoilée,
En voyant toute l’herbe au fond du bois foulée ?

VICTOR HUGO (1802-1885)

(copyright)

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Goethe, Schubert et Tournier

C’ est le jour républicain de l’Aulne.
On l’ appelle aussi vergne, verne, selon les régions.

C’ est un arbre qui aime les sols humides, on le trouve volontiers près des marais,
des cours d’ eau.

A cet arbre est attachée une sombre légende allemande ( le roi des aulnes, Erlköning) qui a inspiré les artistes.

vittelParc de Vittel

Dans le merveilleux parc de Vittel, non loin du Palmarium, il y a un bel aulne auprès duquel je vais boire le verre d’ eau naturellement fraîche de la source, que je viens de recueillir, dans la profonde chaleur de l’ été continental.

(copyright)

Samedi-dimanche

CHANGEMENT D’ HEURE

Maso da San Friano Cosme Ier_46571645_watchholderpainting466%255B13%255D

Vraisemblablement la plus ancienne représentation de montre en peinture.
Il s’ agit d’ une oeuvre de Maso da San Friano qui représenterait Cosme I er duc de Florence, exposée au London Science Museum.
(environ 1560)

LE BOULEAU

Bois de bouleaux Alain Guilloux

Bois de bouleaux Alain Guilloux

Le Bouleau

Les uns chantent les grands chênes,
Les hêtres couverts de faînes,
Les lauriers étincelants.
D’autres préfèrent les ormes,
Ou les marronniers énormes ;
Moi, j’aime les bouleaux blancs.

J’aime l’arbre cher au Celte,
Dont la pile droite et svelte
S’élance en riant dans les airs ;
Dont le délicat feuillage
Sur le ciel forme un grillage
Toujours frissonnant et clair.

Les bouleaux, parmi les branches,
Sont comme des vierges blanches
Errant dans le vert taillis,
Et, la nuit, dans les bois sombres,
Ils sont Ilses ou Willis.

Aux chênes géants la force.
Aux saules la rude écorce.
Aux ifs le froid des tombeaux.
Mais l’écorce douce et fine
et la grâce féminine
Font le charme des bouleaux.

Au soleil, dans la clairière.
Les bouleaux sur la bruyère
Forment un voile léger,
Et sous l’aile de la brise
Leur feuillage qui s’irise
Dans l’air semble voltiger.

Les uns chantent les grands chênes,
Les hêtres couverts de faînes,
Les lauriers étincelants.
D’autres préfèrent les ormes,
Ou les marronniers énormes.
Moi, j’aime les bouleaux blancs.

Amis, sur mon tombeau plantez un bouleau blanc,
Un bouleau du pays, au feuillage tremblant.
Que près de lui fleurisse une églantine rose
Et qu’il fasse un peu d’ombre où ma cendre repose.

Gabriel Marc (1840-1931), Poèmes d’Auvergne 1882 (Gallica)

Pas de Schnittmangold pour herr Müller

bletteLe 26 mars c’ est la Saint-Bette, on dit aussi Blette !

Proche de la betterave ( bette-rave), on ne consomme pas la racine mais les feuilles diversement accommodées, carde comprise.

Bette DavisCela ne nourrit pas son légionnaire (19 kcal les 100g)…qui s’ alimente de culture comme la lecture
de « La cousine Bette » de Balzac et le visionnage des films avec
Bette Davis
.cousine bette
Dans les deux cas, « Bette » est le surnom
d’ Elis(z)abeth.

(copyright)