Brebisss 

Dans le calendrier républicain du 2 août , on tire la carte Brebis .
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(Brebis3 Michel Cendra-Terrassa)

C’ est la femelle du Bélier et de l’ union de ce couple de moutons naissent Agneau et Agnelle.

Voici quelques lignes de la dictée, fameuse scène de la pièce de Marcel Pagnol « TOPAZE« .

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SCÈNE I

TOPAZE. (il dicte en se promenant). «Des moutons… Des moutons… étaient en sûreté… dans un parc; dans un parc. (Il se penche sur l’épaule de l’Élève et reprend.) Des moutons… moutonss…(L’Élève le regarde ahuri.) Voyons, mon enfant, faites un effort. Je dis moutonsse. Etaient (il reprend avec finesse) étai-eunnt. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas qu’un moutonne. Il y avait plusieurs moutonsse.»
…/…

SCÈNE II
…/…
TOPAZE. Allons, revenons à nos moutonnse.

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16 réflexions sur “Brebisss 

  1. Bonne pioche que cette brebis dans la mesure où elle n’est pas galeuse. Une expression dont il faudra tondre la laine pour en comprendre l’origine. Hommage à Dolly, la première brebis clonée, elle a eu une vie de laboratoire mais je ferai un petit tour du côté de sa vie de brebis égarée mais précieuse au milieu des bêlantes des prés.
    Je vous éviterai les fables, que ce soit Florian ou La Fontaine, où la brebis a un rôle important chez les fabulistes, bien qu’elle ne soit pas un animal fabuleux. Un coup d’œil sur « Miorita » un poème populaire du folklore roumain. Première traduction par Jules Michelet en 1854 :

    « Par les cols fleuris
    Seuils de paradis,
    Vois, descendre, prestes,
    Des jardins célestes,
    Trois troupeaux d’agneaux
    Et trois pastoureaux :
    L’un de Moldavie,
    L’un de Hongrie,
    L’un de Munténie;
    Or, ces deux bergers,
    Ces deux étrangers,
    Les voici qui causent,
    Dieu ! ils se proposent
    De tuer d’un coup,
    Entre chien et loup,
    Ce pastour moldave,
    Car il est plus brave,
    Il a plus d’agneaux,
    Encornés et beaux,
    Des chevaux superbes
    Et des chiens acerbes.
    Or, voici trois jours,
    Qu’à nouveau, toujours !
    Sa brebis chérie
    Reste, là, marrie,
    Sa voix ne se tait,
    L’herbe lui déplait ».
    – « O, brebis bouclée,
    Bouclée, annelée,
    Depuis quelques jours
    Tu gémis toujours
    L’herbe est-elle fade
    Ou es-tu malade ;
    Dis-moi, cher trésor
    À la toison d’or ?
    – « Maître, mon doux maître
    Mène-nous pour paître
    Dans le fond des bois
    Où l’on trouve, au choix,
    De l’herbe sans nombre
    Et pour toi de l’ombre.
    Maître, ô maître mien !
    Garde auprès un chien,
    Le plus fort des nôtres,
    Car, sinon, les autres
    Te tueront d’un coup
    Entre chien et loup ».
    – « O, brebis liante,
    Si tu es voyante,
    Si ce soir je meurs
    Dans ce val en fleurs,
    Dis-leur, brebis chère,
    De me mettre en terre
    Près de tous mes biens,
    Pour ouïr mes chères.
    Puis, quand tout est prêt
    Mets à mes chevet :
    Un pipeau de charme,
    Moult il a du charme !
    Un pipeau de houx,
    Moult est triste et doux !
    Un pipeau de chêne,
    Moult il se déchaîne !
    Lorsqu’il soufflera
    Le vent y jouera ;
    Alors rassemblées,
    Mes brebis troublées,
    Verseront de rang
    Des larmes de sang.
    Mais, de meurtre, amie
    Ne leur parle mie !
    Dis-leur, pour de vrai,
    Que j’ai épousé
    Reine sans seconde,
    Promise du monde ;
    Qu’à ces noces-là
    Un astre fila ;
    Qu’au-dessus du trône
    Tenaient ma couronne
    La Lune, en atours,
    Le Soleil, leurs cours,
    Les grands monts, mes prêtres,
    Mes témoins, les hêtres,
    Aux hymnes des voix
    Des oiseaux des bois.
    Que j’ai eu pour cierges
    Les étoiles vierges,
    Des milliers d’oiseaux
    Et d’astres, flambeaux !…
    Mais si tu vois, chère,
    Une vieille mère
    Courant, toute en pleurs
    Par ces champs en fleurs,
    Demandant sans cesse
    Pâle de détresse :
    – Qui de vous a vu,
    Qui aurait connu
    Un fier pâtre, mince
    Comme un jeune prince ?
    Son visage était
    L’écume du lait ;
    Sa moustache espiègle,
    Deux épis de seigles ;
    Ses cheveux, si beaux,
    Ailes de corbeaux ;
    Ses prunelles pures
    La couleur des mures !
    Toi, dis-lui, qu’au vrai
    J’avais épousé
    Reine sans seconde,
    Promise du monde,
    Dans un beau pays,
    Coin du paradis !
    Mais, las ! à ma mère
    Ne raconte guère
    Qu’à ces noces-là
    Un astre fila ;
    Qu’au-dessus du trône
    Tenaient ma couronne :
    La Lune, en atours,
    Le Soleil, leurs cours,
    Les grands monts, mes prêtres,
    Mes témoins les hêtres,
    Aux hymnes des voix
    Des oiseaux des bois ;
    Que j’ai eu pour cierges
    Les étoiles vierges,
    Des milliers d’oiseaux
    Et d’astres flambeaux !…3

    Je file sans grasse matinée, en laissant là la brebis en suspend, j’aime beaucoup celle de l’illustration, c’est une brebis parisienne elle semble maquillée, ici nous n’avons que des brebis de campagne, les tondeuses de jardin, derrière elles, c’est extra, il n’y a plus ni herbe ni fleurs ! bonne matinée.

  2. Mais revenons à nos moutons (noir ou de panurge) :

    « Cette expression, qui se prononce en général après une digression, nous vient de 1464.
    Si, pour les moutons de Panurge, il faut se référer à Rabelais, pour ces moutons-ci on reste dans la littérature ancienne, mais c’est cette fois vers une comédie de la fin du Moyen-Âge qu’il faut se retourner, « la farce de Maître Pathelin ».

    Dans cette histoire, on assiste à un procès dans lequel Maître Pathelin est un avocat douteux qui a réussi à extorquer des marchandises à un drapier, Guillaume Joceaulme. Or, dans ce procès, on juge un berger qui a dérobé des moutons à ce même drapier.
    Etonné de voir Pathelin dans ces lieux, Joceaulme s’embrouille et entremêle les deux histoires. Le juge ne comprenant pas pourquoi il est question de draps, dit alors au plaignant : « Revenons à nos moutons ! ».

    « De par le diable, vous bavez !
    Eh ! Ne savez-vous revenir
    Au sujet, sans entretenir
    La cour de telle baveries ?
    Sus, revenons à ces moutons !
    Qu’en fut-il ? »

    Mais la citation que je préfère : « Sans doute, je le reconnais, y avait-il, parmi ces hommes qui avaient fondé ou concouru à fonder la République, quelques brebis galeuses. Il eût suffi de les pousser dehors par les épaules… doucement… — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942).

    • Hello Monique, charmante naïveté et quel boulot
      s’ il suffit de les pousser dehors par les épaules …
      On les sort par la porte, ils reviennent …par la porte tant scrupules, amour-propre leur font défaut, quant au peuple, c’ est sa mémoire qui défaille. ^^

  3. Bonjour! Dominique, votre présentation de la brebiss est très savoureuse, et m’a fait rire! Topaze- Fernandel et la tête de brebis choisie ont des points communs…Et la scène de la dictée est un classique du genre. Il est vrai que La Fontaine, dans les 2 fables qui parlent de cet animal, a moins de créativité langagière que dan d’autre; mais « Les Loups et les Brebis » sont toujours d’actualité…Voici deux poèmes,  » Marie », d’Apollinaire, que j’aime beaucoup, et un autre, que je ne connaissais pas, de Verlaine:
    Marie
    Vous y dansiez petite fille
    Y danserez-vous mère-grand
    C’est la maclotte qui sautille
    Toute les cloches sonneront
    Quand donc reviendrez-vous Marie

    Les masques sont silencieux
    Et la musique est si lointaine
    Qu’elle semble venir des cieux
    Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
    Et mon mal est délicieux

    Les brebis s’en vont dans la neige
    Flocons de laine et ceux d’argent
    Des soldats passent et que n’ai-je
    Un cœur à moi ce cœur changeant
    Changeant et puis encor que sais-je

    Sais-je où s’en iront tes cheveux
    Crépus comme mer qui moutonne
    Sais-je où s’en iront tes cheveux
    Et tes mains feuilles de l’automne
    Que jonchent aussi nos aveux

    Je passais au bord de la Seine
    Un livre ancien sous le bras
    Le fleuve est pareil à ma peine
    Il s’écoule et ne tarit pas
    Quand donc finira la semaine

  4. Le poème de Verlaine, dans « Sagesse », nous transporte au printemps; il a un titre curieux!
    L’échelonnement des haies
    « L’échelonnement des haies
    Moutonne à l’infini, mer
    Claire dans le brouillard clair
    Qui sent bon les jeunes baies.

    Des arbres et des moulins
    Sont légers sur le vert tendre
    Où vient s’ébattre et s’étendre
    L’agilité des poulains.

    Dans ce vague d’un Dimanche
    Voici se jouer aussi
    De grandes brebis aussi
    Douces que leur laine blanche.

    Tout à l’heure déferlait
    L’onde, roulée en volutes ,
    De cloches comme des flûtes
    Dans le ciel comme du lait. »

  5. Bonjour de grand soleil J´ai compté quelques moutons cette nuit , entre 4h et 5h … J´avais peur de rater le départ du viking , prévu à 7h . Direction : Öland pour traquer , non pas les moutons , nombreux sur cette île , mais un groupe de guêpiers . Très beaux oiseaux colorés , avec des plumes brillantes au soleil .
    La meilleure viande mouton que je connaisse , est celle qui déambule sur les herbus près
    du mont Saint-Michel . Les troupeaux de moutons sont surveillés après la tonte , car un éleveur peut perdre son troupeau en moins d´une heure ! Mon père avait demandé pourquoi un hélicoptère volait en rasant le sol . c´était pour effrayer les moutons ( tondus ) qui tous , tête baissée et dos au vent , partaient comme un seul mouton vers la mer !… Ils peuvent alors
    se noyer sans penser à faire demi tour .
    Un mouton , c´est bête , mais un troupeau !…. ceux derrière poussent ceux devant : ))

  6. Bonjour Darie; c’est sûr qu’un troupeau de moutonsses est très moutonnier, brebisss comprises…
    Avez-vous déjà goûté à la mythique panse de brebis farcie??

    • Bonjour Mareria , rires . Le haggis , je ne connais que le nom ( et le sketch de Jacques Baudouin : )) mais pas le goût . Mais je réussis assez bien le chou farci .
      A propos des troupeaux de moutons sur les herbus , maintenant , les éleveurs ont la chance de
      pouvoir faire appel aux hélicoptères , mais avant , je ne sais pas comment ils faisaient !
      Les éleveurs ont dû s´entraider avec des chiens en renfort sans doute . Mais je sais que c´est arrivé , que des moutons par dizaines , partaient droit dans l´eau et se noyaient !
      Mon père discutait souvent avec les gens du cru , quand ils y allaient en vacances .
      C´est affreux de voir son cheptel se perdre ainsi !
      Derrière la maison de mes parents , il y avait autrefois des moutons . L´éleveur surveillait
      souvent l´épaisseur de la toison . S´il pleut , un mouton peut tomber sous le poids de la laine gorgée d´eau , et n´arrive pas à se relever . Et alors les oiseaux ( pies et corbeaux ) peuvent leur crever les yeux … De sa cuisine , ma mère avait l´œil ! Elle a sauvé une vache , qui
      s´était enlisée dans la mare ! Elle a appelé le fermier , qui est arrivé dare-dare en tracteur !
      Ils sont bêtes , ces animaux parfois ! Hier , la TV suédoise a montré le sauvetage d´un cheval dégringolé dans un grand fossé !

      • Bonjour tout le monde !
        La chaleur est de retour.
        Nous avions, me semble-t-il, parlé du sketch de Jacques Baudouin et de la panse…et j’ avais été censurée sur le Fig en reprenant sa phrase,
        « je croyais que c’ était de la m…et je regrette que cela n’ en soit pas. RIRE
        Ma seule connaissance des moutons, c’ est vu de la route en voiture, dans le sud de l’ Angleterre, et au printemps tous ces petits gars nouveaux- nés qui gambadent, pourraient inciter à devenir végétarien.
        Ah oui, aussi, la première fois que j’ ai vu des moutons sauter, j’ ai compris l’ origine du jeu « saute-mouton « .
        Pourquoi sautent-ils donc ?

      • Il n´y a rien de plus mignon , Dominique , que les agneaux qui dépassent leurs têtes des paniers , quand les bergers descendent leur troupeaux des alpages , lors des transhumances . C´est un beau spectacle , que je n´ai vu qu´à la TV malheureusement .

  7. Bonjour Dominique , j´ai tout effacé , je recommence …
    C´est la première fois que j´entends parler de la province de Munténie ( poème donné pas Monique ) . Et dire qu´on essaye de réduire le nombres des régions , pour amalgamer le tout en un seul vocable CE ou UE . Quel dommage . C´est quand même plus plaisant de parler de la Munténie , de l´Ossétie , de la Picardie , du Loir-et-Cher , de la Castigniccia . Au moins , on situe le lieu très précisément sur la carte !
    Qui dit mouton , dit bergère , donc je ne vous présente pas un mouton à 6 pattes , mais un
    poème sur la bergère …
    -BERGÈRE-
    Vous que j’aimai sous les grands houx,
    Aux soirs de bohème champêtre,
    Bergère, à la mode champêtre,
    De ces soirs vous souvenez-vous ?
    Vous étiez l’astre à ma fenêtre
    Et l’étoile d’or dans les houx.

    Aux soirs de bohème champêtre
    Vous que j’aimai sous les grands houx,
    Bergère, à la mode champêtre,
    Où donc maintenant êtes-vous ?
    – Vous êtes l’ombre à ma fenêtre
    Et la tristesse dans les houx .
    de Emile Nelligan , poète canadien ( 1879-1941)
    C´était la réponse du berger à la bergère , tout transi d´amour . Mais qu´avait dit la bergère ?…

      • Dominique , dans la famille , on disait toujours un mouton à 6 pattes : )) D´ailleurs , cela sonne mieux de dire à 6 pattes que à 5 pattes . Cela  » coule  » mieux . C´est sans doute la raison !
        Mais il y a eu aussi des veaux à 2 têtes … J´ai vu une patiente qui avait 6 doigts à chaque main,
        comme les chats de la Villa Hemingway à Cuba : )) Eux , c´est 7 ou 8 ou même 10 !

  8. Tant qu’il ne s’agit pas de chat à neuf queues…Je n’avais jamais pensé au problème posé par les toisons gorgées d’eau: c’est horrible!
    Fait divers en 2013: « Au Kazakhstan, une brebis a donné vie à un agneau à huit pattes et trois yeux. « …

  9. Depuis un moment , je cherche le rapport entre le titre et le poème , et je n´ai pas trouvé .
    Je le soumets donc à l´étude de plus doués que moi : ))
    -LES MOUTONS-
    Ferme les yeux visage noir
    Ferme les jardins de la rue
    L’intelligence et la hardiesse
    L’ennui et la tranquilité
    Ces tristes soirs à tout moment
    Le verre et la porte vitrée
    Confortable et sensible
    Légère et l’arbre à fruits
    L’arbre à fleurs l’arbre à fruits
    Fuient .
    de Paul Eluard ( 1895-1952 ) . Sourire .

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