« Allers simples retours compliqués « 

1960 « le Baron de l’ écluse » d’ après la nouvelle de Simenon, dialogues Michel Audiard.

Jean Gabin, Micheline Presle…

« Avec toi, on prend toujours des allers simples et des retours compliqués ».

 

Vous l’ aurez deviné , le 7 août est bien le jour de
l’ Écluse dans le calendrier républicain. 

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45 réflexions sur “« Allers simples retours compliqués « 

  1. Bonjour les éclusiers, ah, ce baron, il était magnifique avec son compère Audiard, du grand cinéma.

    Titre : L’Etrangère

    Poète : Louis Aragon (1897-1982)

    Recueil : Le Roman inachevé (1956).

    Il existe près des écluses
    Un bas quartier de bohémiens
    Dont la belle jeunesse s’use
    À démêler le tien du mien
    En bande on s’y rend en voiture,
    Ordinairement au mois d’août,
    Ils disent la bonne aventure
    Pour des piments et du vin doux.

    On passe la nuit claire à boire
    On danse en frappant dans ses mains,
    On n’a pas le temps de le croire
    Il fait grand jour et c’est demain.
    On revient d’une seule traite
    Gais, sans un sou, vaguement gris,
    Avec des fleurs plein les charrettes
    Son destin dans la paume écrit.

    J’ai pris la main d’une éphémère
    Qui m’a suivi dans ma maison
    Elle avait des yeux d’outremer
    Elle en montrait la déraison.
    Elle avait la marche légère
    Et de longues jambes de faon,
    J’aimais déjà les étrangères
    Quand j’étais un petit enfant !

    Celle-ci parla vite vite
    De l’odeur des magnolias,
    Sa robe tomba tout de suite
    Quand ma hâte la délia.
    En ce temps-là, j’étais crédule
    Un mot m’était promission,
    Et je prenais les campanules
    Pour des fleurs de la passion.

    À chaque fois tout recommence
    Toute musique me saisit,
    Et la plus banale romance
    M’est éternelle poésie
    Nous avions joué de notre âme
    Un long jour, une courte nuit,
    Puis au matin : « Bonsoir madame »
    L’amour s’achève avec la pluie »

    A plus tard

      • Poème d’Aragon, donc, chanté par Ferré, et d’autres:
        Mon sombre amour d’orange amère…

        Mon sombre amour d’orange amère
        Ma chanson d’écluse et de vent
        Mon quartier d’ombre où vient rêvant
        Mourir la mer

        Mon doux mois d’août dont le ciel pleut
        Des étoiles sur les monts calmes
        Ma songerie aux murs de palmes
        Où l’air est bleu

        Mes bras d’or mes faibles merveilles
        Renaissent ma soif et ma faim
        Collier collier des soirs sans fin
        Où le coeur veille

        Dire que je puis disparaître
        Sans t’avoir tressé tous les joncs
        Dispersé l’essaim des pigeons
        À ta fenêtre

        Sans faire flèche du matin
        Flèche du trouble et de la fleur
        De l’eau fraîche et de la douleur
        Dont tu m’atteins

        Est-ce qu’on sait ce qui se passe
        C’est peut-être bien ce tantôt
        Que l’on jettera le manteau
        Dessus ma face

        Et tout ce langage perdu
        Ce trésor dans la fondrière
        Mon cri recouvert de prières
        Mon chant vendu

        Je ne regrette rien qu’avoir
        La bouche pleine de mots tus
        Et dressé trop peu de statues
        À ta mémoire

        Ah tandis encore qu’il bat
        Ce coeur usé contre sa cage
        Pour Elle qu’un dernier saccage
        La mette à bas

        Coupez ma gorge et les pivoines
        Vite apportez mon vin mon sang
        Pour lui plaire comme en passant
        Font les avoines

        Il me reste si peu de temps
        Pour aller au bout de moi-même
        Et pour crier – dieu que je t’aime
        Tant

      • Je ne voulais mettre que le lien, mais la vidéo ( je n’en ai pas trouvé d’autres) s’est incrustée, avec des images hyper-gnangnan…Scusi: mais la chanson est belle…

  2. Un jour, il faudra faire un spécial Audiard, il n’a pas sa relève aujourd’hui, les gens n’auraient-ils plus d’esprit à part ce qu’on leur souffle ?

    « Bourgeoisie terrienne vaut bien noblesse d’épée. Ce n’est pas parce que Suez est côté en bourse que ce n’est pas un canal. De nos jours, les meilleures familles portent des noms de voitures, de tissus garantis ou de pneumatiques et elles en valent bien d’autres. (Jean Gabin, Le Baron de l’écluse (1960), écrit par Michel Audiard

    « J’ai été tellement bien élevé que j’ai l’habitude de prendre les petits morceaux alors que je préfère les gros ». (Jean Gabin, Le Baron de l’écluse (1960), écrit par Michel Audiard)

    ….. j’ai été bien élevée aussi, je me souviens qu’on me disait « tu ne prends pas la plus grosse part du gâteau, ça ne se fait pas ! « 

    • Et à moi Monique , on disait :  » Tu prends le morceau qui est devant toi , sauf si tu préfères un plus petit  » . Alors , ficelle , je tournais l´assiette de façon à trouver le plus gros devant moi .
      J´étais très gourmande quand j´étais jeune , mais en fait , je me souviens que j´avais toujours
      faim ( on me nourrissait bien pourtant ) . Un peu comme Irvin , en pleine croissance .

      • Ah Darie, contrairement à vous, je crois qu’ Iiiirvin n’ en aura jamais terminé de sa croissance, il est devenu un solide gaillard et dévore pourtant comme un pré-ado ?!
        Entre nous, je redoute les visites chez le véto à cause de la pesée … RIRE

      • Comme chez vous Darie, mon éducation consistait à prendre ce qui était devant moi et quand il
        s’ agissait de petits gâteaux , et que j’ étais déterminée dans mon choix, il fallait jouer serré.

      • Même politesse « exquise » du temps de ma jeunesse ( et même quelques révérences , oui, oui!!)…Bref, une anecdote qu’on m’a rapportée, mais authentique, : une maman fait la leçon à sa petite:  » Tu n’acceptes une seconde part que si la maîtresse de maison insiste »…Arrive l’instant où le plat repasse, et la petite voix répond:  » Non merci, madame, mais s’il vous plaît, insistez! »

      • Hello Darie, vous avez été une enfant facile, j’aime les enfants qui mangent bien car je me souviens avoir été une chipoteuse de naissance et ma pauvre grand mère a eu bien des soucis avec moi, un jour mon père, très sévère et sachant que j’étais fragile des poumons a menacé de me descendre à la cave où il y avait le charbon et de m’y enfermer avec mon bifteck que je ne parvenais pas à avaler, souvent je suis repartie à l’école en mâchant, c’est que j’avais été échaudée par le fait que pour me sauver « la vie » quand j’avais 6 ou 7 ans ,on m’emmenait boire un demi verre de sang frais aux abattoirs sur les recommandations du toubib…. j’ai mis des années avant de pouvoir manger de la viande rouge !….. ah ! un merveilleux tournedos rossini !!!!!!!!!!!!
        Astucieux de faire tourner le plat pour avoir la part choisie juste devant soi, comme par hasard ! c’est papy qui a toujours faim, comment peut on avoir faim après un repas et même entre deux repas ???? Irvin est un chien spécial testeur, il a un flair du tonnerre et aime les découvertes, il goûte à tout mais c’est pour rendre service, uniquement…..c’est pourtant un incompris !!!

      • Monique , je n´avais pas lu votre commentaire ( je relis toujours le soir , ou le matin , pour ne rien rater ) . Cela a du vous marquer de boire ainsi du sang rouge … Je ne crois pas que
        j´aurais su le faire . Mais cela semble vous avoir fait du bien quand même , si vous étiez souffrante . Il faut du courage , fichtre …

  3. Qui se souvient de Léon Paul FARGUE, l’homme qui marchait, marchait, et qu’un AVC a cloué au lit jusqu’à sa mort. Esprits nomades lui consacre une très belle page, cet auteur est à relire.

    « Dans la rue qui monte au soleil morne…

    Dans la rue qui monte au soleil morne et grand ouvert, des voix conseillent qu’on s’accoude aux fenêtres, pour voir passer les trains de luxe, au bord du ciel, à droite, par-dessus les arbustes du jardin de la gare. Un train écume et se rendort. Des musiques diffuses rôdent. La vie antérieure émerge et chuchote..
    Villes de songe, lorsqu’on pense à vos noms plaintifs, on prête l’oreille.. Il semble que des voix longues vous hèlent par-dessus les barrières et les chants des âges, et que des odeurs, comme des veilleuses, et que des fougères d’étoiles s’allument.. Il semble que vos ruines tremblent sous leur châle de lune, et que l’horizon bouge, au plus profond des nuits repues de silence, d’une lente pluie de larmes…
    Mais j’en sais bien plus de cette pauvre ville.. Vous venez comme moi, sans doute, sur une place, y chercher le spectre d’un vieil amour? Dans les Forges couchées à l’Est, aux corps de femmes nues et rousses, des formes se hâtent avec une sûreté ancienne. Les Hauts Fourneaux de Bieulles flambent. — Depuis le canal d’or où l’écluse trempe solidement dans l’émail chaud, jusqu’à l’horizon lourd, barré des sourcils des stratus, où se terrent d’autres songes, l’allée de peupliers rame sans frisson, comme à la parade et d’un geste infini…
    Passe le pont. Des porteurs encombrent la rue.. J’allais la dire. L’œil cerné d’un quinquet tourne là sa rousseur.. Les beaux regards et les bras nus de Carmen et de Juliette glissent aux fenêtres.. Celles qui battent leur quart sous les hangars détournent les partants de leur voyage.. De vieux murs tournent le dos à ces gaietés..
    Tu passes sous une voûte brillante de salpêtre. Tu trouves des cyprès bien grands et noirs sur une place vaste et vide que le couchant touche d’ors calmes.. Elle est ceinte d’escaliers rouges, comme l’âtre du crépuscule.. Ils exhaussent des boutiques touchantes aux modes désuètes, et d’autres, aux jupes de femmes pauvres, et d’autres fermées, étroites et grises d’usure, qui ressemblent à des signets de vieux livres..
    Plus tard, il semble que les rues s’enfoncent au-devant du soir comme un orphelinat qui rentre.. Un piano pense avec lenteur.. Alors, au fond de vieilles impasses, béantes comme des muets qui voudraient parler, bat l’étrange lumière des cœurs humbles et troubles.. Et tout était doré et mort dans la vitrine de l’horloger pauvre…
    Mais dans une rue qui a un nom d’oiseau triste, demeure et sourit, jour et nuit, l’éternelle Myrtis au clair visage.
    (Poëmes, Gallimard)

    … mon vieux rêve, qui ne sera jamais réalité, descendre tous les canaux sur une péniche, revoir l’écluse, phénomène qui était pour moi un grand mystère quand j’étais petite et qu’avec mes parents je prenais le bateau, je pensais qu’il faudrait beaucoup de temps pour écoper l’eau d’un côté pour le transvider de l’autre, avec des seaux, quand on est gamin tout est simple !!! je cours au marché es espérant trouver des haricots verts et des haricots beurre, le cours des halles était en rupture de stock… pauvre mois d’août où la vie s’arrête pour ceux qui restent sur place.

    • Oui Monique et il y a quelque part à la maison, une médaille d’ un prix de poésie de la ville de Paris d’ il y a quelques années, avec gravés sur une des faces le nom de Léon Paul Fargue et aussi  » Le piéton de Paris ».

      • Hello Dominique, Léon Paul Fargue mérite de revenir sur le devant de la scène poétique avec nos grands poètes habituels, il était un observateur infatigable, sensible, un écrivain de grand talent reconnu par ses pères. Pourquoi cet oubli ?

  4. Monique, vous nous présentez un programme éclectique, entre Audiard ( je ne me rappelle plus le  » Baron de l’Ecluse »), et Fargue.
    Que je n’oublie pas « le bulletin étymologique »: Du latin exclusa aqua, eau séparée, isolée (par un barrage) avec ellipse de aqua ; participe passé du latin excludere, exclure, séparer, isoler < claudere, clore ; même racine que κλείω, kleiô, fermer, κλείς, kleis, clé, κλειστός, kleistós, fermé ; donc cette famille étymologique est très étendue; il faut y inclure clavis, clé et clavus, clou..
    Je me rappelle que les professeurs grecs, pour faire taire un peu leurs élèves dans le car, leur disaient "κλείστε το στόμα (σου)", kliste to stoma ( sou) : mot à mot: "fermez votre bouche"!

    • Mareria, j’ aime bien votre formule  » le bulletin étymologique « , et je suis une fan de ce programme
      que je consulte avec plaisir chaque jour.
      Il y a des formules inoubliables, ainsi de ma classe de russe, je conserve cette petite musique :
      Vazmitié listok boumagui ( prenez une feuille de papier) annonçant l’ interro écrite …

      • Pour les voyageurs immobiles , courez, volez vers 39marches.wordpress.com ou mareria pratique non pas la « dague volante » ( coucou Monique) mais le délectable grand écart sur les deux blogs ! -:)))

      • Dominique, le russe est une langue que j’aime bien entendre bien que j’en aie peu l’occasion. ..le « roulement » des r est bien spécifique et différent de celui des autres langues qui le pratiquent. J’ai lu et relu le Journal de Sophie Tolstoï et suis toujours friande de tout ce qui concerne l’art de vivre russe…

      • C´est extraordinaire , Dominique , de connaitre le russe . C´est en lisant des explications sur
        l´alphabet cyrillique , que je me suis dit ,il y a 23 ans , il faut que je donne ce prénom si c´est un garçon ! Moi aussi , je trouve cette langue harmonieuse à écouter . Il y a des discussions sans fin ( d´ailleurs j´ai arrêté ) , avec le viking qui a une méfiance congénitale des russes , et moi qui les défend : ) J´ai plusieurs livres de Andréï Makine , où il y a parfois des passages terribles .
        Ils sont vraiment très prenant ( s ? ) , fort bien écrits .

      • Hello, девочка ( Dominique, au pluriel comment se dit-ce??); je vous aurais bien appelées бабушка ( idem pour la terminaison)?, Babouchka est un surnom que je donne à ma fille; mais je me suis dit que bon….
        Allora ! Cyrille, Cyrillique Sieur, et perd sa « noblesse ».

      • 100 millions de sabords, mon com a été complètement amputé, avec un bout de la dernière phrase venu n’importe où! ! Cyrille < Kyrios (κύριος); la formule de la messe "Κύριε ἐλέησον "Kyrie eleïson est du pur grec ancien, [en grec moderne : Κύριε ελέησον .
        En grec moderne, Monsieur se dit Kύριος, Κύριε quand on s'adresse à lui; Madame: Κυρία.
        Votre fils, Darie, est un seigneur. On note la même évolution dans les 2 langues, le seigneur devient un simple quidam…

      • Merci Mareria pour cette explication . Je vais dire tout cela au fils . Je l´avais inscrit Cyrille à
        la naissance , mais en Suède , cette orthographe avait un air de féminité . Il a donc changé
        son prénom en Cyril . Il suffit de dix minutes pour cette formalité ( gratuite ) , le temps
        d´attendre son tour …
        Tous ses prénoms ( je ne l´avais pas réalisé sur le moment ) , ont des significations de roi , de
        chef , de seigneur . C´est vous dire si j´étais fière de mon gros garçon : ))

    • En suédois , Mareria , le mot à mot de l´expression équivalente , est  » Tiens ta mâchoire  » ,
      mais ce n´est pas aimable en suédois .
      J´écris toujours la clef avec -ef- , qui est le reliquat de -vis- .C´est donc l´orthographe ancienne .

      • Darie, On voit davantage  » Cyril » maintenant je crois. Je ne sais s’il y a une hiérarchie entre Basile et Cyrille, mais quels que soient les prénoms, nos bons gros poupons pépères.étaient les rois; je n’oublie pas les pouponnes non plus. Vous avez raison pour clef; de même nef *blavu [ cf. emblaver] > ancien français. blef, français moderne. blé; on en découvre tous les jours, et je ne vais pas chercher pour zef….
        Je tâcherai de tester l’expression » Tiens ta mâchoire » un de ces jours!

      • Je ne connaissais pas ce mot emblaver , Mareria .
        Si vous dites  » Tiens ta mâchoire  » , votre interlocuteur/trice va peut-être croire que vous voulez dire  » Tiens ta langue  » . Ce n´est pas la même chose : )
        L´une est : Tais-toi ; l´autre aussi , mais avec une notion de secret . Sourire .

      • Darie, la personne croira qu’elle a la mâchoire qui pend.. ( rire); je vois que j’ai encore une ligne qui a été avalée lors de mon com à propos des mots en -ef; je parlais du mot du jour, si l’on veut, le bief ; il vient d’un mot gaulois *bedum « canal, fosse; le d s’est transformé en f ( comme dans blavu, le blé, qui vient d’un bladu…).
        Je rentre du jardin, ai mangé 2 framboises ( repousse), et ai réparti ma tâche entre mauvaises herbes ( dont du liseron, avec lequel je pourrais faire du « tissage », et coupe des roses fanées); ah, j’oubliais, ramassage de pommes-poires pas encore mûres, mais cela vient.
        Bonne soirée, Dominique, avec votre éventail…
        Attention, la roue va tourner, que va-t-il rester de tout cela???

  5. Bonjour , dans un frais matin ensoleillé , et qui se réchauffe de minute en minute . Le morgon
    kaffe sur la terrasse est un délice sous ce concert d´oiseaux , coqs compris . Et le viking me
    donne l´identité de chaque cri ou chant .
    J´ai demandé combien de temps vivent les oiseaux , et c´est …. un certain temps : ) C´est très difficile à dire , car dans la nature , souvent les passereaux meurent par un prédateur ( busards, faucons , etc. ) , les chats bien sûr , mais aussi de faim ou de froid si l´hiver est très rude .
    Les écluses de ma ville ( Trollhättan ) , sont parmi les plus anciennes d´Europe . Il y en a de plus récentes bien sûr . Les vieilles écluses ne servent plus . C´est une distraction en été de
    voir les bateaux passer les écluses . C´est la première petite leçon de physique qu´apprennent les enfants . Il suffit de regarder et ils comprennent tout de suite : )

  6. Le thème du jour permet un hommage à Léon Paul Fargue, il aimait les mots et aussi la bonne chère….. il se fait remarquer surtout par sa prose, un style poétique débarrassé de ses rimes.

    « Le soir se penche avec langueur »

    Le soir se penche avec langueur — et les arbres au bord de la route des songes — comme de grands oiseaux la tête sous l’aile — s’endorment. La lune pleure dans les branches — comme un regard entre des mains tremblantes… Elle y noue ses froides faveurs. Elle suit le fleuve tout contre la berge. Elle s’y balance, et il semble qu’un grand cygne ait perdu ses plumes sur l’eau plate où le ciel se berce..
    Il y a une garde de roseaux au tournant escarpé où la lune entre par échardes. Un long souffle d’air qui chasse par instants les noms et les souvenirs de leurs nids sombres écaille le fleuve et le feuillage.. Alors, le veilleur et l’éclusier de la contrée fiévreuse — le gros lézard gris où s’est réfugiée une âme ancienne — souffle d’une voix lointaine et qui évoque un rite et un instrument sauvages — parce qu’il voit passer des choses que nous ne savons pas voir — et qui rejoignent l’horizon où le passé dort sous la cendre…
    (Poëmes, Gallimard) (Esprits nomades)

  7. Monique ,  » Le soir se penche avec langueur  » … c´est tout à fait ce qui se passe .
    25° ce jour , c´est beaucoup pour moi . Pas plus surtout ! Sous mon arbre , j´apprécie la brise , le chant des coqs , et mon nouveau livre …  » Le roi de Kahel  » de Tierno Monénembo . Habituellement , je note sur un papier le rôle de chaque nouveau personnage et la page où il apparait , mais cette fois-ci , j´ai oublié … J´ai réussi quand même á situer les protagonistes . Avec des noms pareils , je n´aurais pas du oublier : )) Il est passionnant . Et c´est une histoire véridique … Un écrivain africain qui parle sur l´Afrique , c´est encore plus intéressant . Et il écrit particulièrement bien .

    • Darie, 25° la température idéale pour moi, loin de cette canicule où le Nord perd de sa poésie ! profitez bien de votre été « indien » mais déjà les jours diminuent trop vite….. je n’ai rien lu de Tierno Monénembo et je ne crois pas qu’il soit à la bibliothèque mais je vérifierai à la rentrée. Sinon, je vais le demander ! Quant il y a de nombreux personnages avec des prénoms et noms difficiles à retenir, je fais aussi ce genre de papier le temps de m’y retrouver dans l’action.
      Cette nuit sera criblée d’étoiles (pour quelques jours), on attend une pluie toujours d’étoiles bien sûr. Je m’émerveille d’un tel spectacle où l’on se sent perdu et petit dans la grandiose galaxie. La question, y-a-t-il d’autres mondes ? s’il n’y avait que notre planète bleue isolée et qu’elle explose brusquement elle aussi en pluie d’étoiles ? remarquez que certains sont prêts à en faire des confettis lumineux ! bonne fin de soirée.

  8. Darie, je me demandais quand vous alliez évoquer un après-midi de lecture sous votre arbre ; c’est signe que l’été est bien là.
    Je viens d’aller voir de quoi parle votre livre du Guinéen Tierno Monénembo, qui a beaucoup écrit ; son dernier roman est paru en janvier dernier, « Les Coqs cubains chantent à minuit ».  » Le Roi de kahel », c’est la vie romancée d’ Aimé Olivier de Sanderval, un aventurier et explorateur français, admirateur de la civilisation peule et devenu un « roi » Peul ..Cela me donne envie de le lire! Il a eu le Renaudot en 2008 pour ce livre, et a écrit en 2012 une autre histoire vraie: « Le Terroriste noir », la vie d’un Peul guinéen, Addi Bâ, héros de la Résistance en France, fusillé par les Allemands; ce livre lui a valu le prix Ahmadou-Kourouma: Ahmadou Kourouma, auteur ivoirien, décédé à présent, était au programme des 1ères au Sénégal pour un roman très féroce et très bien écrit « Les Soleils des indépendances », qui date de 1968. La littérature africaine est pleine de pépites, poèmes et romans.

  9. Pour revenir aux écluses , j´ai essayé de savoir si  » mes  » écluses étaient vraiment les plus anciennes d´Europe . Je crois que oui . La première écluse date de 1800 , et je pense qu´elle a gagné la première place sur le podium . La centrale hydroélectrique sur la cascade date de 1910 . Quand on parle du  » kanal  » , c´est une voie d´eau qui traverse la ville et contourne la cascade , pour les bateaux et porte-containers qui sont assez nombreux . Et donc , pour prendre un train ( conclusion pratique… ) , nous devons toujours prévoir 10 minutes de plus , car nous sommes du  » mauvais » côté . Pour l´hôpital , nous sommes du bon côté !

  10. Je suis contente d´avoir mentionné ce livre , il vaut vraiment la peine . Ce livre raconte
    l´Afrique encore brute et sauvage , du XIX siècle , et parfois , c´est un peu effrayant … Il fallait de l´audace et de la hardiesse pour s´aventurer là-bas . Beaucoup d´inconscience aussi !
    Mareria , je retiens votre titre ( Le terroriste noir ) . Aucune étoile ce soir , Monique , ce n´est pas bon signe pour demain … On verra , bonne fin de soirée , aux dernier(e)s debout .

  11. Darie, je viens de regarder chez vous la suite d’écluses du canal Göta ouvert en 1832 , c’est assez récent. Apparemment c’est un chinois qui aurait inventé la première écluse vers 948 ????
    J’ai bien ri avec votre système de bon ou de mauvais côté, le bon c’est l’hôpital il faut rester prudent !!!!!!!!!!

    • Bonjour Monique , quand je vois une ambulance qui attend patiemment que le bateau passe et que le pont s´abaisse et que la barrière se lève … , je me dis qu´il vaut mieux être derrière
      l´ambulance que dedans . Sourire compatissant …
      Quant au train , ma fille a vu son train partir deux fois sous ses yeux , et ce n´était pas de ma faute . Je ne vais pas brûler les feux rouges pour ses beaux yeux : ))

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