Les prunes

Le 18 août ne compte pas pour des prunes, dans le calendrier républicain, c’ est leur fête.

Voici un poème d’ Alphonse Daudet fort opportunément appelé « LES PRUNES  »

I
Si vous voulez savoir comment

Nous nous aimâmes pour des prunes,

imageJe vous le dirai doucement,

Si vous voulez savoir comment.

L’amour vient toujours en dormant,

Chez les bruns comme chez les brunes ;

En quelques mots voici comment

Nous nous aimâmes pour des prunes.

II.
Mon oncle avait un grand verger

Et moi j’avais une cousine ;

Nous nous aimions sans y songer,

Mon oncle avait un grand verger.image

Les oiseaux venaient y manger,

Le printemps faisait leur cuisine ;

Mon oncle avait un grand verger

Et moi j’avais une cousine.

III
Un matin nous nous promenions

Dans le verger, avec Mariette :

Tout gentils, tout frais, tout mignons,

Un matin nous nous promenions.

Les cigales et les grillons

Nous fredonnaient une ariette :

imageUn matin nous nous promenions

Dans le verger avec Mariette.

IV
De tous côtés, d’ici, de là,

Les oiseaux chantaient dans les branches,

En si bémol, en ut, en la,

De tous côtés, d’ici, de là.

Les prés en habit de gala

Étaient pleins de fleurettes blanches.

De tous côtés, d’ici, de là,

Les oiseaux chantaient dans les branches.

V
Fraîche sous son petit bonnet,

Belle à ravir, et point coquette,

Ma cousine se démenait,

Fraîche sous son petit bonnet.

Elle sautait, allait, venait,

Comme un volant sur la raquette :

Fraîche sous son petit bonnet,image

Belle â ravir et point coquette.

VI
Arrivée au fond du verger,

Ma cousine lorgne les prunes ;

Et la gourmande en veut manger,

Arrivée au fond du verger.

L’arbre est bas ; sans se déranger

Elle en fait tomber quelques-unes :

Arrivée au fond du verger,

Ma cousine lorgne les prunes.

VII
Elle en prend une, elle la mord,

imageEt, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.

Mon pauvre cœur battait bien fort !

Elle en prend une, elle la mord.

Ses petites dents sur le bord

Avaient fait des points de dentelle…

Elle en prend une, elle la mord,

Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.

VIII
Ce fut tout, mais ce fut assez ;

Ce seul fruit disait bien des choses

(Si j’avais su ce que je sais !…)

Ce fut tout, mais ce fut assez.

Je mordis, comme vous pensez,

Sur la trace des lèvres roses :

Ce fut tout, mais ce fut assez ;

Ce seul fruit disait bien des choses.image

IX
À MES LECTRICES.
Oui, mesdames, voilà comment

Nous nous aimâmes pour des prunes :

N’allez pas l’entendre autrement ;

Oui, mesdames, voilà comment.

Si parmi vous, pourtant, d’aucunes

Le comprenaient différemment,

Ma foi, tant pis ! voilà comment

Nous nous aimâmes pour des prunes.
image

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31 réflexions sur “Les prunes

  1. Bonjour la compagnie! Alphonse était habile à « conter prunette », pas seulement en poésie….Ces prunes et autres mirabelles qui parsèment ce poème sont très appétissantes, Dominique: on a l’impression de pouvoir les toucher.
    J’avoue que j’ai un cas de conscience; en cheminant à travers les prunes, et après avoir laissé l’extrait de Jules Renard, j’ai découvert un beau poème sur le blog http://doudou.gheerbrant.com:  » La Corbeille » de Cécile Sauvage (1883-1927 : peut-on le reproduire, en indiquant son origine?

    • Bonjour tout le monde !
      Mareria, j’ aligne ici le poème demandé recopié sur la page « L ´amour en cage » du 11 août 2010 du blog de doudou.gheerbrant.com.
      L’ auteure de ce blog magnifique avait en effet écrit alors une série de pages consacrées à la Prune et merci mareria de le rappeler, il faut les consulter, elles sont superbes !!!

      La corbeille

      Choisis-moi, dans les joncs tressés de ta corbeille,
      Une poire d’automne ayant un goût d’abeille,
      Et dont le flanc doré, creusé jusqu’à moitié,
      Offre une voûte blanche et d’un grain régulier.
      Choisis-moi le raisin qu’une poussière voile
      Et qui semble un insecte enroulé dans sa toile.
      Garde-toi d’oublier le cassis desséché,
      La pêche qui balance un velours ébréché
      Et cette prune bleue allongeant sous l’ombrage
      Son oeil d’âne troublé par la brume de l’âge.
      Jette, si tu m’en crois, ces ramures de buis
      Et ces feuilles de chou, mais laisse sur tes fruits
      S’entre-croiser la mauve et les pieds d’alouette
      Qu’un liseron retient dans son fil de clochettes.

      Cécile Sauvage (1883-1927 ) , recueil Tandis que la terre tourne

      « Le tableau de Mignon me semble bien illustrer les fruits décrits dans ce charmant poème où la prune bleue est comparée à l’oeil de l’âne, que c’est original et bien dit !
      Il est vrai que le centre de l’oeil s’appelle la prunelle. La grosse prunelle asine est une prune bleue embrumée par les ans. »

      MERCI à Grillon, alias doudou…

  2. Bonjour les brunes, v
    voilà une page à croquer et Dominique le sait, les brunes ne comptent pas pour des prunes… euh, non voici l’éloge d’un arbre merveilleux pour ces fruits (les feuilles sont moches) :

    LE PRUNIER

    Dans la cour se dresse un prunier,

    Mais petit à se récrier.

    Tout autour un grillage

    Interdit les parages.

    Ce petit ne peut pas grandir.

    Grand, il voudrait le devenir.

    Mais vrai, pour tout conseil,

    Il manque de soleil.

    Un prunier ? On pourrait le nier :

    Où est la prune que l’on cueille ?

    Pourtant c’est un prunier,

    On le voit à la feuille.

    (Bertolt Brecht)

    Nos délicieuses prunes juteuses à souhait s’ouvrent sur un matin gris, très gris, un jour de confiture et de tarte !! la prune que je préfère, c’est la mirabelle, ensuite la reine-claude, puis la quetsche mais il y en a d’autres. C’est le moment de secouer le prunier avant l’arrivée des hordes de merles et de sansonnets qui font des sorts à nos meilleurs fruits du jardin ! ici, j’hésite à choisir, je les mangerais bien toutes elles me paraissent succulentes mais il y a loin du dessin à la bouche ! …. et que la prune nous mette en joie !

  3. A lire le superbe poème d’Ovide ( MÉTAMORPHOSES, LIVRE XIII) extrait « Le chant d’amour de Polyphème » s’adressant directement à Galatée, il fait l’éloge de sa beauté, mais lui reproche aussi de le fuir : il fait ici étalage de toutes ses richesses pour la séduire :

    « ….Je suis propriétaire d’un antre, un morceau de montagne,

    creusé dans la pierre vive, où l’on ne sent ni le soleil en été,

    ni les rigueurs de l’hiver ; mes arbres ploient sous les fruits,

    les longs rameaux de mes vignes portent des raisins couleur d’or

    et d’autres couleur pourpre ; je te les réserve tous.

    Tu cueilleras de tes mains des fraises savoureuses

    nées à l’ombre d’un bois, des cornouilles d’automne et des prunes,

    non seulement des prunes bleues gorgées de jus sombre,

    mais aussi des prunes juteuses, qui ressemblent à de la cire nouvelle.

    Et, si je deviens ton époux, ne te feront défaut ni les châtaigne

    ni les fruits de l’arbousier ; tous mes arbres seront à ta disposition.

    Tout ce bétail m’appartient, je possède aussi des bêtes innombrables,

    errant dans les vallées, à l’abri des bois ou dans des antres, leurs étables ;

    et si jamais tu me le demandais, je ne pourrais te dire leur nombre ;

    c’est le pauvre qui compte ses animaux. En ce qui concerne leurs mérites,

    je ne te demande pas de me croire ; tu peux constater toi-même,

    sur place, que leurs pattes entourent avec peine leurs pis distendus.

    J’ai, génération plus petite, des agneaux dans des bergeries chauffées.

    J’ai aussi des chevreaux, du même âge, dans d’autres bergeries.

    Toujours j’ai du lait blanc comme neige ; j’en réserve une partie

    destinée à être bue, et le reste est durci avec de la présure liquéfiée.

    Non seulement tu auras à ta disposition ces plaisirs faciles

    et ces présents ordinaires, des daims, des lièvres, des chèvres,

    ou un couple de pigeons, et un nid enlevé du sommet d’un arbre.

    J’ai trouvé aussi deux oursons, qui pourraient jouer avec toi,

    qui se ressemblent au point que tu aurais du mal à les distinguer,

    les petits d’une ourse velue, habitant en haut des montagnes ;

    je les ai découverts et me suis dit : “je les garderai pour ma maîtresse ”…..

    • Bonjour Monique, et merci pour ce superbe texte d’Ovide; il s’est inspiré du poète grec Théocrite ( IV-IIIème s avant J-C), dans l' »Idylle » XI; et on voit bien la force du poème d’Ovide en comparaison; Polyphème fait un peu sourire!
      « Je sais, ô la plus belle des Nymphes ! oui, je sais pourquoi tu me fuis ; c’est qu’un épais sourcil ombrageant mon front se prolonge de l’une à l’autre oreille ; c’est que je n’ai qu’un oeil et que mon nez élargi descend jusque sur mes lèvres.
      Pourtant, tel que je suis, je pais mille brebis, je presse leurs mamelles et je bois leur lait délicieux ; l’été, l’automne, à la fin de l’hiver, toujours mes clayons sont pleins d’excellent fromage.
      Nul Cyclope ne m’égale dans l’art de jouer du hautbois, et souvent toi que j’adore, toi qui es plus douce que la pomme vermeille, souvent je te célèbre dans mes chants pendant la nuit obscure.
      Pour toi je nourris onze faons que décore un beau collier, et quatre petits ours ; mais viens auprès de moi, et tout ce que je possède, t’appartiendra.
      Laisse la mer azurée se briser contre le rivage ; tes nuits seront plus douces passées à mes côtés dans ma grotte ; là, croissent le laurier et le cyprès, le lierre noirâtre et une vigne chargée des raisins les plus doux.
      Ma grotte est arrosée d’une onde fraîche que me verse l’Etna de ses rochers couverts d’une neige éternelle ; elle me fournit une boisson digne des dieux ; qui peut, à tant d’avantages, préférer le séjour des flots bruyants ?
      Mais si ta vue est blessée des longs poils dont ma peau se hérisse, j’ai du bois de chêne et un feu qui ne s’éteint jamais sous la cendre ; viens, et je suis prêt à tout souffrir, je te livre mon existence entière, et mon oeil unique, cet oeil qui m’est plus précieux que la vie.
      Hélas ! pourquoi la nature m’a-t-elle refusé des nageoires ? j’irais à toi à travers les ondes, je baiserais ta main si tu me défendais de cueillir un baiser sur ta bouche.
      Je voudrais te porter le lis éclatant et le rouge pavot, dont la feuille résonne sous les doigts ; mais l’été produit l’un, l’hiver voit croître l’autre.
      Jeune Nymphe, si un étranger aborde vers ce rivage, je veux qu’il m’enseigne à plonger au fond des mers ; j’irai voir quel charme puissant vous retient sous les ondes, toi et tes compagnes. »

      • Bonjour mareria, que ce texte est beau, mais alors beau, merci c’est un régal !!!!! Pour peu notre Cantique des Cantiques (dans un autre registre) ferait aussi pâle figure….personne n’a jamais égalé les poètes grecs.

      • C’ est beau Monique et mareria vos textes qui se répondent, sans concertation, voilà bien une illustration de ce pourquoi je dis que ce blog est œuvre commune parce qu’ il ne vaut que pour vos commentaires à tous et du reste, c’ était bien l’ objet de son réveil il y a quelques mois.
        Monique, le texte d’ Ovide ressemble à une lecture chez notaire dans son énumération, bien que joliment écrit. ^^

      • Rire . Dominique , c´est tout à fait cela : )) Le vocabulaire des notaires est si abscons , que c´est une langue en soi ! J´ai reçu  » Les fiches pratiques  » des Notaires de France , et j´ai été surprise du langage clair et très précis des textes ! J´avais eu peur en ouvrant la page … sourire …

      • Bonjour Monique, si vous ne nous aviez pas donné ce poème d’Ovide, je ne serais pas partie chercher du côté de Théocrite…

  4. Bonjour , les blondes et les brunes . Très drôle , Monique , les lettres P et B sont des labiales .
    Et l´une vaut l´autre sans doute . Le meilleur exemple est u Topu et u Dobou , selon qu´on se trouve au nord ou au sud de la Bellissima . C´est avec max cellier qui avait dit  » ciao u Dobou  » ,
    et j´avais presque cru qu´il y avait 2 langues là-bas : ))
    J´aimerais mieux trier des prunes que des myrtilles , j´y suis plongée jusqu´au cou . Le triage ne doit pas trainer , car les baies sont fragiles . Quel travail de dentellière , il faut les toutes les regarder une à une , et il y en a plusieurs milliers dans un seau .
    Question subsidiaire , comme on dit , comme  » devinez combien il y a de clous dans le bocal … ) je dirais 7000 myrtilles . Jugez vous-mêmes de la besogne …
    Pause pour le moment , le coq a des cocoricos à me dire : )
    Bravo pour les beaux textes , et les mirabelles me font envie ….
    Dominique , ce poème de Daudet m´a fait penser à une charmante anecdote : mon Cyril et la petite voisine Linnea , 3 ans tous les deux , s´étaient retrouvés dans le jardin , tout nus comme Adam et Eve au paradis terrestre , et se tenant par la main : ) , et de leurs mains libres , il/elle mangeaient un petit biscuit . Nous avons raté la photo du siècle . Sourire .

  5. Quand on choisit des prunes ( c´est la saison ) , il faut les choisir avec la pruine bien présente sur la pelure . C´est un gage de fraicheur . Il y a bien longtemps , je croyais que c´était des produits pulvérisés , des insecticides , mais pas du tout . C´est naturel et la preuve que la prune est bonne . ( pas de pruine sur les myrtilles : )

      • Vivent les prunes , surtout les reines-claudes et les mirabelles . Les pruneaux , c´est autre chose … D´ailleurs , il y a pruneau et pruneau . Ceux , secs , qui trempent dans le cognac ,
        ou ceux qu´on reçoit à toute volée , du fond d´un tromblon en colère , si vous voyez ce que je veux dire ….

      • Et tout cela ne résout pas les questions que je me pose sur les étymologies…En latin, on a 3 mots assez voisins: prunum, prune < grec προύμνη; pruina, le givre , qui a donné pruine; et pruna: la braise, que certains apparentent à πῦρ, pýr (« feu »…Et voilà de quoi faire souffler le chaud et le froid.
        A noter que les Grecs préféraient pour dire prune le mot charmant de κοκκύμηλον, kokkymèlon, "fruit du coucou" ( qui mûrirait quand chante le coucou …)

      • Dites, les prunettes, vous savez bien toutes qu’il n’y a pas de meilleurs pruneaux que les pruneaux corses ? ( je parle des fruits, bien sûr..)http://www.corsicanprune.com/swf-fr/intro.html

  6. Mareria, c’est bien de s’échanger quelques « tuyaux » (rire !!!) j’ai une Anthologie de la Poésie universelle, mais je vais vous avouer aussi que je ne connais pas Théocrite sauf de nom, je découvre aussi un « Aristophane » (Grèce 446-385 ? av.-J.C) et sa « Parabase des oiseaux » et « Maléagre » tout aussi nébuleux ou ténébreux, au choix .
    Vous nous aviez parlé de Sapho, voici un poème d’Alcée à Sapho :

    « Sapho aux tresses violettes
    Pure Sapho au doux sourire,
    j’ai bien quelque chose à te dire
    Oui, mais la honte m’en empêche ».

    Réponse de Sapho à Alcée :

    « Si tu voulais le bien et le beau seuls
    si rien de mal dans ta bouche n’était,
    tu n’aurais pas de honte dans tes yeux
    et franchement tu dirais ta pensée… »

    Tout cela porte à sourire, ce n’est pas sérieux, aujourd’hui c’est le bonheur, car un simple SMS et c’est « tu veux ou tu veux pas » !!!!!

    Je dois dire à Darie que j’ai acheté des reines-claudes et je les ai rincées deux fois pour enlever ce qui me paraissait un produit chimique blanc sulfaté …. c’est la pruine ! si ma grand-mère savait cela !!!
    Les amies potes, j’ai aperçu papy qui ramait sur le journal, peut être est-il rebuté par les prunes ! papy, si tu passes par le verger, les Immortels taoïstes se nourrissent de fleurs de prunier et Lao-Tseu serait né au pied d’un prunier !

    • « … fleurs de prunier …  » , nous arrivons tout naturellement au prunus , l´arbre rose , aussi beau
      qu´un cerisier en fleurs .
      Chez mes grands-parents , il y avait un énorme prunier qui donnait de grosses prunes violettes,
      parfaites pour les compotes du gouter . Il y avait un oncle , un grand snob , fort arrogant ….,
      paix à son âme … , qui disait haut et fort  » Je ne mange pas de prunes à cochons , elles sont bonnes pour faire de l´engrais !  » … et toutes sortes de phrases désobligeantes devant ses beaux-parents , généreux et délicats ( mais qui n´en pensaient pas moins … )
      Alors , mon père arrivait en riant ,  » T´inquiètes pas , on s´en contentera . Merci Belle-Maman ,
      on apprécie tout  » . On riait tous au retour , en imitant l´oncle … un vrai souvenir d´enfance : )

      • C´était vraiment cela , Dominique . Et quand les cousins-cousines , nous jouions au ballon ,
        l´oncle couvait son fiston du regard et louait ses talents , pas pires , ni meilleurs que les autres , et il criait :  » Vas-y , fils , t´es le meilleur . Parfait , etc…etc…  » à dégouter tous les enfants de jouer ! Les autres parents , bien sûr , laissaient la petite bande tranquille .
        C´était un jeu , bon sang de bon soir : )) On jouait pour la gloire , euh… pour des prunes ! Rire .

    • Quand j´étais toute jeune , j´entendais une sœur de ma mère ( l´épouse du fameux oncle ) qui parlait du jeu de la séduction . Et j´avais trouvé la conversation ( que j´écoutais mine de rien …)
      très passionnante . Sourire .
      Puisque nous abordons le romantisme , voilà un hymne aux beaux yeux de la belle , à
      la prunelle de ses yeux exactement : )
      -À DEUX BEAUX YEUX-
      Vous avez un regard singulier et charmant ;
      Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
      Votre prunelle, où brille une humide paillette,
      Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;
      Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;
      Ils sont de plus belle eau qu’une perle parfaite,
      Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,
      Ne voilent qu’à demi leur vif rayonnement.
      Mille petits amours, à leur miroir de flamme,
      Se viennent regarder et s’y trouvent plus beaux,
      Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.
      Ils sont si transparents, qu’ils laissent voir votre âme,
      Comme une fleur céleste au calice idéal
      Que l’on apercevrait à travers un cristal.
      Théophile Gautier 1811-1872 ( La comédie de la mort )
      Pourquoi dit-on  » prunelle des yeux  » , au lieu seulement des  » yeux  » ?…
      Un énigme de plus pour Mareria , sourire .

      • La prunelle, c’est la pupille sans le blanc…Cela me rappelle le film  » L’Inspecteur Lavardin » de Chabrol ( tourné à Dinard et Dinan, aux Vieux-Port): Brialy fait collection d’yeux en porcelaine ( prunelle et blanc)…

      • Des yeux en porcelaine ? c´est comme les fameux Santa Lucia Ochji … euh… notre traducteur patenté a pris une période sabbatique non déterminée , j´espère que je prononce bien : )

    • .Monique, les tresses de Sappho sont de la couleur du jour ( si je pense aux prunes violettes)..
      Aristophane est le grand de la comédie grecque antique, toujours joué. Il n’y a pas à dire, les Athéniens du siècle de Périclès ont eu de la chance avec les trois grands tragiques et Aristophane: comédies très construites, avec un langage truculent et aussi plein de poésie, et remplies d’allusions à l’actualité de l’époque, mais toujours valables pour certaines.. Nous avons assisté en famille à la pièce  » Les Grenouilles » à Epidaure, en grec ancien: les gens ( ceux qui comprenaient) étaient pliés de rire…
      Les fleurs de prunier sont propices aux haïkus; en voici un de Shoha:
      « Que n’ai-je un pinceau
      Qui puisse peindre les fleurs du prunier
      Avec leur parfum! »

      • Mareria heureusement que vous parlez d’Aristophane (et il gagne a être connu) car franchement je n’ai rien sur lui et pour cause !! le voilà un peu moins inconnu, je n’oserai pas dire qu’on le tire du placard pour le remettre en scène mais presque ! ce haïku est très fin car effectivement ce qui manque à un tableau c’est le parfum d’ambiance…. peindre des pivoines c’est relativement facile pour un artiste mais comment décrire leur parfum pour seulement l’imaginer ?? même le meilleur nez de Guerlain ne saurait le dire…!!

        un site très soigné pour Aristophane :

        http://www.fabrique-du-spectacle.fr/…oiseaux/…/les-oiseaux-daristophane-cont

      • Monique, merci pour le lien, mais voici ce qu’on m’annonce quand je veux l’ouvrir : « You don’t have permission to access /…oiseaux/…/les-oiseaux-daristophane-cont on this server. »…
        Je viens de regarder l’émission ( inédite, ce qui frise l’exploit cet été) sur la Marquise de Sévigné: pas mal, et surtout l’occasion de voir l’intérieur des châteaux qu’elle a occupés ( celui des Rochers, à 35 kms d’ici m’est connu); il paraît que comme sa tombe à Grignan a été profanée à la révolution, on a ensuite coupé son crâne en deux, afin d’en envoyer une moitié à Paris en vue d’études: on voulait voir si une épistolière si féconde avait un crâne normal!!
        Comme dit Darie, nos chers disparus ( mais Klaus a écrit ici il y a peu) ne sont pas si loin..
        Bonne soirée.

  7. Petite annonce : perdu de vue un corse répondant au doux prénom de Yannick, incollable sur Napoléon 1er ainsi que sur l’histoire de la Corse, au besoin il donne des recettes de cuisine comme le cabri rôti, les châtaignes grillées, le Patrimonio qui est presqu’un patriote quand il coule dans les verres, et surtout une excellente recette de haricots blancs à la tomate, ne croyez pas que c’est facile, il faut beaucoup de temps et d’ingrédients…. Cours de Corse gratuit !
    Perdu de vue aussi, papy de son état, un grand blond costaud, un peu tête brûlée, ayant sauté de plusieurs zinc en parachute, trainé son barda sous toutes les latitudes, se démarque par sa grande pointure, son appétit féroce à la cantine, sert de nounou et amuse les enfants au besoin en remplaçant avantageusement Andersen… signe particulier : aime les îles ventées du Nord et les drakkars, collectionne tous les insignes de la Légion.
    Les amis, je retourne aux infos, l’heure est grave aussi nous devons rire ici tant que nous le pourrons. Le haïku du soir et bonne fin de soirée

    « Dans le prunier blanc
    la nuit désormais
    se change en aube ».
    (Yosa Buson.)

    • Monique , ils se promènent sur le journal , les deux mains dans les poches , en mâchouillant un brin d´herbe ou en sifflotant . Il faut tomber dessus , parfois on y arrive : ))

      • Oui Darie, plusieurs fois j’ai aperçu K. mais je ne vois plus Yannick… sur le journal, l’équipe de maud fait du zèle !

      • Monique , l´info est sortie de l´actualité , mais on peut le pister sur -le jeune garçon qui pédalait à vélo sur une autoroute- , Klaus aussi . Vous , vous y allez en voiture : )
        Bonne soirée , tutti . Il fait chaud , même le soir !?!

  8. Darie, je viens de voir au passage Minet du Phare, elle a mis Y. dans ses favoris, alors j’ai demandé la même chose et je suis en attente car sa page est en mode privé.
    C’est drôle de rencontrer des internautes qui ont tant partagé avec nous et qui redeviennent des anonymes… Minet du Phare a des talents de conteur et de l’imagination.
    Vous êtes sous la canicule ?? ici tout juste 20°. Partis de Mulhouse, mes deux cyclotouristes ont traversé l’Allemagne jusqu’à Prague, sous une canicule épouvantable et ils sont épuisés et puis les routes de la République Thèque sont en mauvais état, ma fille dit « pourries », ils ont dû pousser les vélos avec tout le matériel. Je vais pister nos deux amis. Bonne soirée Darie.

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