La Pastèque 

est le fruit du jour 28 août, dans le calendrier républicain.

Voici deux natures mortes à la pastèque
de Louis Marcoussis (1883-1941).

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14 réflexions sur “La Pastèque 

  1. Hello,cocomero, cocomero: c’est le cri lancé par les vendeurs de pastèque sur les plages italiennes, tandis que le Coco bello est celui qui place ces noix de coco!
    De ces 2 nocturnes à la pastèque de Marcoussis, je préfère les tons plus chaleureux du premier: la pastèque, c’est l’été, comme le dit Neruda:
     » « Qu’on me laisse tranquille à présent
    Qu’on s’habitue sans moi à présent

    Je vais fermer les yeux

    Et je ne veux que cinq choses,
    cinq racines préférées

    L’une est l’amour sans fin.

    La seconde est de voir l’automne
    Je ne peux être sans que les feuilles
    volent et reviennent à la terre

    La troisième est le grave hiver
    La pluie que j’ai aimé, la caresse
    Du feu dans le froid sylvestre

    Quatrièmement l’été
    rond comme une pastèque
    La cinquième chose ce sont tes yeux
    ma Mathilde bien aimée
    je ne veux pas dormir sans tes yeux
    je ne veux pas être sans que tu me regardes :
    je change le printemps
    afin que tu continues à me regarder (…)
    .
    Mais parce que je demande le silence
    ne croyez pas que je vais mourir :
    c’est tout le contraire qui m’arrive
    il advient que je vais me vivre (…)
    Pablo Neruda,Vaguedivague , traduction de Guy Suarès, Poésie/ Gallimard, mai 2013 ( « Estravagario, » 1958

  2. Bonjour matin ouateux, première brume d’automne sur la rentrée. Jolies natures mortes, j’aime bien ce peintre du cubisme on sent l’influence de Picasso. La pastèque est un melon d’eau, et de l’eau il y en a 92% (et du sucre) mais pour désaltérer il n’y a pas mieux… mais rien ne vaut notre Cavaillon ! et si on s’en payait tous une tranche (de pastèque) ? c’est le jour du réapprovisionnement je file chez le boucher.

  3. Bonjour Dominique, c’est un peu lourd comme ballon cette pastèque, même petitel Elle m’évoque les souvenirs des bouilles des enfants plongées dans leur quartier de pastèque, le corps penché un peu en avant pour que le jus dégouline…
    J’ai appelé la Galerie de Dinard, et l’expo va être prolongée une quinzaine de jours.

  4. Hello, les temps sont difficiles, gardons nos pastèques, on pourrait les lancer comme des boulets sur quelques têtes, comme à la foire du Trône … oui, une tête nous déplait et PAF c’est dégagé, une autre et PAF et de deux…. j’ai déjà les marionnettes, on va s’en donner à cœur joie, ce que c’est simple quand on veut. Pour la pastèque, je n’en mange jamais, trop lourd, trop gros à couper, il faut être une famille nombreuse et justement c’est là qu’ils sont le plus présents ! pourquoi s’attarder sur la pastèque alors que le melon c’est bon, d’ailleurs le poète l’a dit :

    « Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT (1594-1661)Le melon

    (extraits)

    Quelle odeur sens-je en cette chambre ?
    Quel doux parfum de musc et d’ambre
    Me vient le cerveau réjouir
    Et tout le coeur épanouir ?
    Ha ! bon Dieu ! j’en tombe en extase :
    Ces belles fleurs qui, dans ce vase,
    Parent le haut de ce buffet,
    Feraient-elles bien cet effet ?
    A-t-on brûlé de la pastille ?
    N’est-ce point ce vin qui pétille
    Dans le cristal, que l’art humain
    A fait pour couronner la main
    Et d’où sort, quand on en veut boire,
    Un air de framboise à la gloire
    Du bon terroir qui l’a porté
    Pour notre éternelle santé ?

    Non, ce n’est rien d’entre ces choses,
    Mon penser, que tu me proposes.
    Qu’est-ce donc ? je l’ai découvert
    Dans ce panier rempli de vert :
    C’est un MELON, où la nature,
    Par une admirable structure,
    A voulu graver à l’entour
    Mille plaisants chiffres d’amour,
    Pour claire marque à tout le monde
    Que, d’une amitié sans seconde,
    Elle chérit ce doux manger
    Et que, d’un souci ménager,
    Travaillant aux biens de la terre,
    Dans ce beau fruit seul elle enserre
    Toutes les aimables vertus
    Dont les autres sont revêtus.

    … Ha ! Soutenez-moi, je me pâme,
    Ce morceau me chatouille l’âme ;
    Il rend une douce liqueur
    Qui me va confire le coeur ;
    Mon appétit se rassasie
    De pure et nouvelle ambroisie,
    Et mes sens, par le goût séduits,
    Au nombre d’un sont tous réduits.

    Non, le cocos, fruit délectable
    Qui lui tout seul fournit la table
    De tous les mets que le désir
    Puisse imaginer et choisir,
    Ni les baisers d’une maîtresse
    Quand elle-même nous caresse,
    Ni ce qu’on tire des roseaux
    Que Crète nourrit dans ses eaux,
    Ni le cher abricot que j’aime,
    Ni la fraise avec la crème,
    Ni la manne qui vient du ciel,
    Ni le pur aliment du miel,
    Ni la poire de Tours sacrée,
    Ni la verte figue sucrée,
    Ni la prune au jus délicat,
    Ni même le raisin muscat
    (Parole pour moi bien étrange),
    Ne sont qu’amertume et que fange
    Au prix de ce MELON divin,
    Honneur du climat angevin.

    … Ô manger précieux ! Délices de la bouche !
    Ô doux reptile herbu, rampant sur une couche !
    Ô beaucoup mieux que l’or, chef-d’oeuvre d’Apollon !
    Ô fleur de tous les fruits ! Ô ravissant MELON !
    Les hommes de la Cour seront gens de parole,
    Les b… de Rouen seront francs de vérole,
    Sans vermine et sans gale on verra les pédants,
    Les preneurs de pétun auront de belles dents,
    Les femmes des badauds ne seront plus coquettes,
    Les corps pleins de santé se plairont aux cliquettes,
    Les amoureux transis ne seront plus jaloux,
    Les paisibles bourgeois hanteront les filous,
    Les meilleurs cabarets deviendront solitaires,
    Les chantres du Pont-neuf diront de hauts mystères,
    Les pauvres quinze-vingt vaudront trois cents Argus,
    Les esprits doux du temps paraîtront fort aigus,
    Maillet fera des vers aussi bien que Malherbe,
    Je haïrai Faret, qui se rendra superbe,
    Pour amasser des biens, avare je serai,
    Pour devenir plus grand, mon coeur j’abaisserai.
    Bref, Ô MELON succrin, pour t’accabler de gloire,
    Des faveurs de Margot je perdrai la mémoire.
    Avant que je t’oublie et que ton goût charmant
    Soit biffé des cahiers du bon gros SAINT-AMANT. »

  5. Ce devait être du Porto au melon…qui désaltère bien moins que la pastèque..Ah!.Marc-Antoine….
    Je reste fidèle à la pastèque,avec Elytis, qui a un vers « amusant » à ce sujet:
    « Parole de juillet (Les Élégies de la pierre tout-au-bout 1991)

    Mesuré est le lieu des hommes
    Et les oiseaux ont reçu le même mais immense !
    Immense le jardin où à peine
    Séparé de la Mort. (avant qu’elle ne me touche à nouveau
    Déguisée) je jouais et tout m’arrivait aisément à hauteur de main.
    Le petit cheval de mer ! Et de la bulle pfuit l’éclatement !
    Le bateau rouge de la mûre sauvage courants profonds des
    Feuillages ! Et le mât de misaine plein de drapeaux !

    Que m’arrive-t-il à présent ? Mais c’était hier où j’ai existé
    Et puis la longue longue vie des inconnus l’inconnue
    Soit. Rien qu’en parlant joliment on s’épuise :
    Comme le cours de l’eau qui d’une âme à l’autre
    tisse les distances.
    Et tu te trouves funambulant d’une Galaxie à l’autre
    Alors que sous tes pieds grondent les précipices.
    Et tu arrives ou non.
    Oh premiers élans à peine esquisses sur mes draps. Anges féminins
    Qui de là-haut me faisiez signe d’avancer dans toute chose
    Puisque même si je tombais de la fenêtre
    la mer de nouveau me servirait de monture
    L’immense pastèque qu‘ignorant jadis j’ai habitée
    Et ces filles de la maison, ces orphelines, à la chevelure défaite qui avec l’Intelligence du vent savait se déployer par-dessus les cheminées !
    Une telle harmonie de l’ocre dans le bleu
    qui vraiment te trouble

    Et les écritures d’oiseaux que le vent pousse par la fenêtre
    À l’heure où tu dors poursuivant l’avenir
    Le Soleil sait. Il descend en toi pour regarder
    Car l’extérieur n’étant que reflet, c’est dans ton corps que la nature demeure et de la qu’elle se venge
    Comme dans une sauvagerie sacrée pareille à celle lion ou de l’Anachorète
    Ta propre fleur pousse
    que l’on nomme Pensée
    (Bien que lettré, j’arrivai de nouveau là où la nage m’a toujours mené)
    Mesuré est le lieu des sages
    Et let enfants ont reçu le même mais Immense !
    Immense la mort sans mois ni siècles
    Pas moyen de devenir adulte là-bas
    De sorte que dans les mêmes chambres
    les mêmes jardins tu retourneras
    en tenant la cigale – Zeus qui d’une
    Galaxie à l’autre promène ses étés.  » traduction Angélique Ionatos

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