Col chic

Le poète Léon-Paul Fargue reçut un jour une lettre d’ insultes et d’ injures, bourrée de fautes d’ orthographe, à laquelle il répondit:

  « Monsieur, je suis l’ offensé et j’ ai le choix des armes. Je choisis l’ orthographe, donc vous êtes mort. »

Cette mise en forme et en fond pour introduire la Colchique, vedette du 25 septembre dans le calendrier républicain.

  
Cette plante présente la particularité de fleurir tardivement et d’ annoncer ainsi l’ automne.

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42 réflexions sur “Col chic

  1. Bonjour! On a déjà parlé des colchiques, « couleur de cerne et de lilas », avec le poème d’Apollinaire, la fameuse chanson « Colchiques dans les prés », l’origine du mot qui fait rêver: la Colchide, le pays de la Toison d’or…
    Que devient Klaus, dont nous n’avons pas de nouvelles cette semaine?

  2. Bonjour, le colchique, on a déjà donné avec Apollinaire, mais j’ai une fleur séchée, SOS Lamartine :

    A une fleur séchée dans un album

    Il m’en souvient, c’était aux plages
    Où m’attire un ciel du midi,
    Ciel sans souillure et sans orages,
    Où j’aspirais sous les feuillages
    Les parfums d’un air attiédi.

    Une mer qu’aucun bord n’arrête
    S’étendait bleue à l’horizon;
    L’oranger, cet arbre de fête,
    Neigeait par moments sur ma tête;
    Des odeurs montaient du gazon.

    Tu croissais près d’une colonne
    D’un temple écrasé par le temps;
    Tu lui faisais une couronne,
    Tu parais son tronc monotone
    Avec tes chapiteaux flottants;

    Fleur qui décores la ruine
    Sans un regard pour t’admirer !
    Je cueillis ta blanche étamine,
    Et j’emportai sur ma poitrine
    Tes parfums pour les respirer.

    Aujourd’hui, ciel, temple, rivage,
    Tout a disparu sans retour
    Ton parfum est dans le nuage,
    Et je trouve, en tournant la page,
    La trace morte d’un beau jour!
    (Lamartine 1827)

    Avez-vous remarqué que le colchique ressemble au crocus, justement Alain Hannecart me sauve encore ce matin :

    Crocus

    Las des villes étouffantes où nul ne peut s’entendre
    Les citadins blasés partent pour se détendre
    Ils partent s’oxygéner n’en pouvant plus d’attendre
    Vers un Eldorado où pousse l’herbe tendre

    Devenus photographes armés d’autofocus
    Un œil dans le viseur ils shootent les crocus
    Des peintres plus entrainés installent leur chevalet
    Et commencent à saisir de la vie le reflet ».

    Au moyen d’une palette de couleurs et de pinceaux
    Ils capturent les bourgeons les tiges qui s’aèrent
    La branche qui fleurit la vibration de l’air
    La lumière qui danse à la surface de l’eau

    Comme une nappe jetée à la surface de l’onde
    Le soleil déjà haut déverse sa clarté
    Pour traduire la lumière les couleurs se confondent

    Les rouges se mêlent aux bleus pour créer du violet
    Sur l’herbe verte encore humide de rosée
    De petites touches de bleu ont été déposées »

    Ne pensez pas que je tire mes marrons du feu dès le matin, sous une brume automnale mais voilà le soleil !

    • Je vois que Dominique avait déjà fait le lien de ressemblance avec le crocus, je préfère son col chic et nous voilà dans la couture… dans le monde ailé, nous avons le col vert, pour les militaires le col officier, en rouge le col Mao, dans les bureaux le col blanc, dans la Marine le col bleu ceux qui n’ont jamais froid aux yeux….. à plus tard !

      • Les amis, je lis « Théophraste d’Eresos (372-287 avant J.C), consacre un long développement à l’identification botanique du colchique qui reçoit le nom &Hermodactyle amer .
        Ce « doigt d’Hermès » est diversement interprété : allusion possible au long tube qui surmonte
        la fleur, image d’un doigt déformé par la goutte ou, encore, ce qui reste le plus
        plausible, rappel des risques encourus par l’ingestion de colchique….. »Inversement, on ne trouve aucune mention du colchique chez Hippocrate (460-377avant J.C.) qui avait cependant beaucoup traité de la goutte (13 mentions répertoriées dans l’index de l’édition Littré). ».. »C’est Dioscoride, au 1er siècle, qui va apporter les premiers éléments d’une classification
        en différenciant le colchicum, au bulbe empoisonné, d’une autre plante à bulbe,
        celle-là comestible, 1′ »éphémère » qui n’était peut-être qu’un iris sauvage ou un crocus
        ou, même, le muscari. Voici ce qui est dit du colchique dans le De Materia Medica
        : « Certains l’appellent colchicon, d’autres ephemeron. Les Romains l’appellent
        bulbus agrestis. Quand l’automne arrive à sa fin, la plante donne une fleur blanche.
        Plus tard apparaissent des feuilles qui ressemblent à celles du bulbus (esculenti)
        mais en plus brillant. La tige a une palme de hauteur et les graines sont de couleur
        rougeâtre. Une fois pelée la racine se montre blanche, tendre, juteuse et de goût sucré.
        A mi-hauteur de la tige naissent les fleurs. Cette plante se trouve principalement en
        Messénie et en Colchide. Si on en mange, la mort survient par suffocation comme
        dans les empoisonnements par champignons…. » mareria, c’est à vous !!!

      • Bonjour Monique, je peux pas, j’ai brouté mes colchiques…Je ne connaissais pas tous ces détails « médicaux », à part le fait que le colchique empoisonne.
        Ne pas oublier le col ibri ( ibri, ayant altéré son étymologie grecque hybris, ὕϐρις, démesure, en ôtant le h et le y); clin d’oeil, bien sûr; du coup, je suis allée voir d’où venait « hybride », mot bien à la mode: du latin ibrida « bâtard, de sang mêlé », et spécialement « produit du sanglier et de la truie », devenu hybrida par rapprochement avec le grec ὕβρις, hybris « excès ».
        J’aime bien ce poème de Lamartine qui nous parle du golfe de Naples et peut-être de l’île de Grazielle, Procida.

      • Le colchique est littéralement l’ herbe de Colchide, la Colchide étant le pays de l’empoisonneuse Médée. Région qui était entourée par le Pont, la mer Noire,la chaîne du Grand Caucase; cela correspond en partie à l’ Abkhazie, la Géorgie, et l’Arménie… La « culture colchique » émergea vers le Moyen Âge du bronze, avec un processus d’urbanisation avancé dès la fin IIe millénaire av. J.‑C. Puis les Grecs de Milet y fondèrent des colonies au VIIIe siècle av. J.-C. dont la principale fut Diascourias, aujourd’hui Soukhoumi; le second royaume de Colchide (VIe ‑ Ier siècle av. J.-C.) est regardé comme le premier État géorgien; « le terme « colchique » était déjà utilisé afin de désigner les tribus qui vivaient sur les rives orientale de la mer Noire ».
        Alexandre le Grand conquiert le royaume.
        « La puissance et le rayonnement culturel de la Colchide ont pris place dans le mythe de Jason et les Argonautes. D’après ce mythe, Jason avec les héros de la Grèce antique, vinrent en Colchide pour s’emparer de la Toison d’or du roi colche, Aétès. La toison d’or est vraisemblablement inspiré de la technique d’orpaillage que pratiquaient et pratiquent toujours les Svanes, une population qui utilise depuis toujours, une toison de moutons qu’ils placent dans les rivières. Par ce moyen, les paillettes d’or s’accrochent à la toison, lui donnant un aspect doré. » Le musée de Vani en Géorgie conserve de splendides bijoux en or des V et IVème siècle.

      • Voilà qui explique tout Mareria , sur la Toison d´or . Les orpailleurs d´Alaska utilisaient du tissu de velours pour recueillir les paillettes d´or . Je ne l´ai pas vu de mes yeux , mais sur un reportage TV . C´est long et fastidieux , mais plus écologique que le mercure qu´utilisent les
        chercheurs d´or en Guyane . Ce procédé fait des ravages dans les rivières , mais bien sur ,
        comme c´est loin , nos écolos de salon ne s´en soucient guère .
        Je vais voir maintenant où se trouve exactement la Colchide ( les colches , habitant de la
        Colchide , c´est amusant : ))

  3. Bonjour mi-pluie mi-soleil , j´ai eu le temps de voir un pâle arc-en-ciel .
    C´est vrai Dominique que la colchique et le crocus se ressemblent ! Et mes crocus ( aujourd´hui disparus … ) étaient peut-être des colchiques ?!…
    Mais comme ils poussaient avec les perce-neiges , me souviens-je , c´étaient donc bien des crocus . Il n´y a plus de saison , mais quand même , les fleurs ne s´y trompent pas .
    Il y a de belles variétés , même une espèce endémique en Korsika , la colchique corsicum , et Youtoupou en a parlé . Telefon !…

      • Mareria , j´ai regardé les bijoux du Musée de Vani . On voit ( je pense ) les petites têtes de bélier sur le ras-de-cou , et les pendentifs d´oreille très ouvragés sont superbes . Quel beau travail . C´est digne d´une reine ou d´une impératrice !

    • Darie, mareria, mais cette école buissonnière est dans les poésies, bien entendu ce fut un rêve, on regardait au loin à travers la vitre et en suivant des yeux un papillon on imaginait prendre ce chemin des écoliers, la moindre absence nécessitait un mot et une explication des parents. Jamais on aurait pu sécher un cours sans excuse !!!!

      • C’ est vrai Monique, ce n’ était pas le temps de l’ école buissonnière, mais on regardait par les hautes fenêtres la cime des arbres de la cour, le ciel, et on avait le sens de
        l’ envol… En attendant la sonnerie.

      • Oui, c’est vrai, Dominique, les hautes fenêtres…et la sonnerie, ou la cloche: les classes de 6ème du lycée étaient dans des baraquements provisoires dans le grand jardin public: et on avait une cloche; un beau jour, très inspirée, je suis allée la sonner juste un peu avant la fin de la récré; comme ma mère était professeur dans ledit lycée, je peux vous dire que je me suis bien fait sonner mes cloches personnelles!!

      • Riire, mareria je comprends parfaitement ce genre d’ initiative, c’ est comme une évidence, on ne pense pas à mal, une forme
        d’ expérience intéressante à faire , que les adultes ne peuvent vraiment cerner.

      • Rire ! Le port de tête de ce  » pichon  » m´amuit ! ( c´est un mot que je viens d´apprendre . Je vous laisse le plaisir de le découvrir : )) L´expert m´a dit , en voyant les photos sur google :
         » Ce sont ces photos-là qui fallait me montrer !  » Quelle mauvaise foi ! Il ne le connaissait pas !
        Il croyait que c´était un croisement de pigeons mal formés : ))

      • Mareria, j’ ai besoin de vos lumières concernant ce mot que je ne connais pas et qui selon la conjugaison surmonte le « i »
        d’ un accent circonflexe ou d’ un tréma !?

      • Dominique, le tréma ( mot qui vient directement du grec trêma, trêmatos, qui signifie « trou » ou « points sur un dé ») sert à ce que la prononciation soit correcte. Le verbe s’amuïr correspond à ce cas de figure, et bien qu’on en trouve le tableau, il ne se « conjugue » pas vraiment. Ouïr constitue une « exception », car on n’a pas vraiment besoin du tréma ( si ce n’est pour faire la différence avec l’affirmation).
        L’^ sur le i comme dans naître, paraître, se met sur les formes ne contenant pas de s, car il est la trace d’un s amuï ( !); < nascere, parescere. Tu parais, il paraît..

  4. Apparemment cet oiseau est bien un goura de Victoria, une splendeur, aucune palette n’égale la nature…j’ai la passion des oiseaux, des merveilles. Je lis qu’il vit en Nouvelle-Guinée, on n’est pas prêt de le voir voler ici. Les oiseaux de paradis sont dans les paradis verts et exotiques, ici nous avons des oiseaux trapus et rustiques pour épouser tous les vents du Nord.
    Je viens de lire la nouvelle mouture de la mûre de David, j’aime beaucoup (entre autres) « la langue en glaise », une fameuse langue de la campagne, plus chargée dans les ornières, mais ne pas oublier que la terre glaise est ce qui prend forme sous les doigts des potiers.
    Merci à davidsudest alias Amphicyon de manier la poésie et l’humour, ce n’est pas évident sur les terres à râbles (à cause des lapins).

    • NOUS (28 mars 2011)

      Tu m’ aimeras toujours
      Parce que c’ est maintenant

      Je t’ aime dans le présent
      Ainsi est mon amour

      Quand nous sommes enlacés
      C’ est une éternité

      Offerte à notre amour

      Nos chaleurs
      Nos odeurs
      Se mêlent
      Liqueur et miel
      Sur nos lèvres

      Affamées

      Ta jambe sur la mienne
      Emprisonne mon corps

      La tiédeur de ta cuisse
      Eveille mon calice

      Chaude et fondante
      Je suis ton amante

      Impatiente

      Corps à corps
      Corps dans corps

      Immobiles

      Fascinés
      Retardant le moment
      De bouger

      Doucement

      Voluptueusement

      Durement

      Puis de se séparer

      Ton poids sur ma tendresse
      Tu pénètres mon âme

      Je t’ accueille telle une femme

      Amoureuse

      (copyright)

      • Dominique, voilà qui est ancien et les 39 marches ne montent pas à la 40e, le blog s’arrête à novembre 2011… il est bien agréable de revoir tous ces poèmes et illustrations, j’ai assisté à la fermeture de la Feuille de Chou (qui était bien autre chose qu’une feuille morte). bien avant les poulbots, deux aventures inséparables qui ont fait les grandes heures d’un canard non pas laqué mais plaqué !

      • Ah bon, le blog s’ arrête à nov 2011 ?
        Je vais voir celà, il y a de beaux poèmes avant…
        Joli jeu de mot, ce canard perd de son intérêt et quand je le compare avec les journaux british, il semble bien pauvre.

  5. J´avais oublié une page , Fäland , la page du fenouil , et effectivement Monique , j´ai bien ri des remèdes d´autrefois . J´ai fait la grimace aussi ( les limaces et vers de terre écrasés , la souris avalée , la bouse de vache , et j´en passe … ) Mieux valait bien se porter ….
    J´ai lu deci delà ,  » une petite pensée …  » , je comprends pourquoi mes oreilles sifflaient : ))
    Et Klaus-le-patient , là-bas dans le lazarett ( on dit parfois lazarett pour hôpital en Suède ) , attend son bulletin de sortie en traçant des bâtons sur le mur … Quelle patience il a …

    • Darie, les longues soirées d’hiver sont à venir, j’ai l’intention de relire chaque marche, dont une s’appelle Ambre, mais voyez tous les remèdes d’autrefois ne sauront nous guérir de ce temps-là, ce qu’on a pu rire tout en restant sérieux !!!!
      Klaus a peut être déménagé vers son établissement de convalescence en espérant que la cuisine est bonne. J’espère surtout qu’il va bien et qu’il est débarrassé de cette souris qui l’encombrait avec des céphalées. Il reviendra sur Sleipnir à moins que ce ne soit sur un char d’assaut.

  6. On pense à lui , et il le sait . Mais c´est surtout les visites de ses camarades légionnaires qui
    doivent lui faire plaisir . Surtout qu´ils n´arrivent pas avec des fleurs , ( c´est périssaaable : ) ,
    mais plutôt avec des chocolats , du raisin , des figues de la région . Tout cela réconforte un
    Légionnaire . Sous des dehors endurcis , ils aiment les attentions .
    On aimerait savoir aussi si Topinette … euh… va bien : )

  7. Un petit hommage à la poétesse Lucienne Desnoues, elle nous parle de cette magnifique boîte qu’est « le crane » avec peut être quelques tempêtes :

    Un crâne
    Sous ces voûtes ont habité
    La raison et les frénésies,
    L’espérance, la charité.
    Les dieux y furent inventés.
    Est-ce Lascaux ou Les Eyzies,
    Cet antre si désaffecté
    Où le vice eut ses élevages,
    La haine ses repas sauvages,
    L’amour ses grands feux agités,
    Ses longs échos l’éternité,
    Le langage ses fourmilières,
    L’horreur ses voltigements noirs ?
    En ce troglodyte manoir
    Des voix chantèrent, supplièrent,
    Mystérieuses, familières.
    Ces lieux ignorent leur passé.
    Les occupants n’ont rien laissé.
    Sur vos parois bien dénudées,
    Occipital et temporaux,
    Nul faon, nul mammouth, nul taureau.
    Les resplendissantes idées
    Les sombres principes moraux,
    Dans cette caverne calcaire
    N’ont gravé ni chiffres, ni mots,
    Ni beaux symboles animaux.
    Tous les engins de Jules Verne
    Et tous les oiseaux de Rameau,
    L’ardente faune de Shakespeare,
    De Rodin et du Tintoret
    Avec les elfes des forêts
    Et les anges et les vampires
    Ont hanté ce rupestre empire.
    Et de tant d’hôtes repartis,
    Rien. Pas le moindre graffiti ! »

    Bonne fin de soirée à tous.

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