14 février

Pour les valentines et les valentins

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35 réflexions sur “14 février

  1. Un joli bouquet de fleurs pour un bonjour sous le soleil, et des chocolats, quoi, elle n’est pas belle la vie chez Dominique ? rassemblons les Valentines et les Valentins mais attention, comme ggle nous le montre (si vous avez remarqué) un personnage masculin est sur un banc tranquille en train de lire et brusquement une valentine dans un pot de cactus tombe du ciel avec un cœur et les voilà réunis…je ne sais s’il y a là un message « qui s’y frotte s’y pique » dirait le cactus et le brave personnage sur le banc de répondre : j’étais tranquille j’étais peinard … » quant à l’autre cas de figure de ggle c’est l’histoire d’un paquet de kleenex avec un rouleau d’essuie-tout encore un message « essuyer et pleurer »…. non, ggle est trop triste, finalement cette fête est celle des amoureux alors c’est la fête à tous car on est toujours amoureux de quelque chose, regardez moi, avec Edouard Detaille !!! Voilà la plus belle histoire d’amour :

    « La Belle Au Bois Dormant.
    Par Alice De Chambrier. (1861-1882)

    Dans son vaste palais, sous la sombre ramure,
    La Belle au bois repose, attendant le réveil;
    Son beau front est de glace et pâle est sa figure,
    Ses grands cheveux lui font comme un manteau vermeil.

    Un étrange sourire erre encor sur sa bouche,
    Ses longs cils abaissés ombrent légèrement
    Ce visage si pur et que la mort farouche
    Semble avoir en son vol effleuré seulement.

    Elle a joint sur son coeur ses mains fines et blanches
    Et semble une statue en marbre précieux;
    Et le soleil couchant qui glisse sous les branches
    A travers les vitraux la baise sur les yeux.

    Elle ne peut sentir cette douce caresse:
    L’heure de s’éveiller n’a pas encor sonné;
    Elle n’a point perçu la voix enchanteresse
    Qui dira: « Lève-toi, le siècle est terminé! »

    Mais comme elle repose impassible et sereine,
    Suivant un rêve d’or qui fuit dans le ciel pur
    Et qui, depuis longtemps, la ravit et l’entraîne
    Jusqu’à ces inconnus que recouvre l’azur.

    Un cavalier s’en vient à travers les broussailles,
    Jusque sous les hauts murs du palais enchanté:
    Il voit devant ses pas s’écrouler les murailles,
    Et pénètre sans peine en ce lieu redouté.

    C’est un prince au pourpoint de velours vert très pâle,
    Au visage plus beau que la clarté du jour,
    Au grand chapeau chargé de rubis et d’opale,
    Au regard plein de force et de vie et d’amour.

    Il traverse la cour où d’énormes troncs d’arbres,
    Renversés par le temps, gisent amoncelés,
    Et gravit sans frayeur les hauts degrés de marbre
    Que la pluie et la neige ont presque descellés.

    Le long des corridors de grosses araignées
    Qui dorment dans leurs rets tissés d’argent et d’or,
    S’éveillant à demi regardent, étonnées,
    Ce vivant qui pénètre au séjour de la mort.

    Puis enfin il arrive à la salle où repose
    Celle qu’il vient chercher dans le sombre palais;
    Il pousse vivement la porte à demi-close,
    Où passent en dansant de lumineux reflets.

    Il voit la jeune fille endormie et si belle,
    Attendant l’inconnu qui vient pour l’épouser:
    Plein d’une joie immense, il se penche vers elle,
    Et sur sa main glacée il pose un long baiser.

    Dans tout le vieux manoir une rumeur s’élève;
    Dans le grand bois s’éveille un doux gazouillement,
    Et la jeune princesse enfin sort de son rêve,
    Puis regarde autour d’elle avec étonnement.

    Alors, dans les clartés pâles du jour qui tombe,
    Elle voit l’étranger devant elle à genoux,
    Et les yeux pleins encor de lueurs d’outre-tombe,
    Elle lui tend les bras et murmure: « C’est vous! »

    La Belle au bois dormant qui, radieuse et pure,
    Dut en son noir castel s’endormir pour longtemps,
    N’est-ce pas ton image, ô superbe Nature?
    Et le beau fils de roi, c’est toi, joyeux Printemps!

    C’est toi qui viens chercher la terre ensevelie
    Sous les âpres linceuls des automnes glacés,
    Qui lui rends son sourire et sa splendeur pâlie,
    Et dis, en la baisant: « Oh! renais, c’est assez! »

  2. Bonjour en ce beau et frisquet jour de la saint-Valentin . C´est le jour choisi aussi pour les cœurs sensibles ( cœurs … les vrais cœurs ) . Jour du parcours de santé . A vos pataugas !
    Je voulais vous donner les contorsions de Valentin le Désossé , au Moulin Rouge , mais je n´y arrive pas . Quelqu´un y parviendra sûrement ( j´espère ) .
    En attendant , voici le symbole de la fidélité :
    -La tourterelle d´Amymone-
    Amymone en ses bras a pris sa tourterelle,
    Et, la serrant toujours plus doucement contre elle,
    Se plaît à voir l’oiseau, docile à son désir,
    Entre ses jeunes seins roucouler de plaisir.
    Même elle veut encor que son bec moins farouche
    Cueille les grains posés sur le bord de sa bouche,
    Puis, inclinant la joue au plumage neigeux,
    Et, toujours plus câline et plus tendre en ses jeux,
    Elle caresse au long des plumes son visage,
    Et sourit, en frôlant son épaule au passage,
    De sentir, rougissant chaque fois d’y penser,
    Son épaule plus douce encore à caresser.
    de Albert Samain. ( 1858-1900 ) .
    Il en faut une seconde pour qu´il et elle puissent roucouler . Je vais chercher la seconde …

  3. Hello, oui, le soleil brille..Merci pour le bouquet, Dominique, très romantique, et ces délicieux chocolats …
    Une chanson « My Funny Valentine »: ici c’est E.Fitzgerald qui la chante, suivie de Sinatra.

  4. Le premier amour du monde, c’était quand ? Serge Reggiani :

    « Le soleil est venu
    Et reparti cent mille fois
    Depuis le jour du premier jour
    Du premier amour
    Le premier amour du monde?
    C’était… quand?
    Et d’abord, comment se sont retrouvés
    Comment se sont retrouvés
    Le Ciel et l’Océan?
    Il a pris sa main sans le savoir
    Sans savoir où les menait la peur du premier soir
    Il a pris son corps contre le sien
    Sans savoir qu’un deuxième matin
    Renaîtrait des cendres du premier matin
    Ils ne savaient pas que d’autres jours
    Suivraient le premier jour
    Ils ne savaient pas que la naissance
    La naissance engendre la vie
    Et d’abord comment pouvaient-ils savoir
    Comment pouvaient-ils savoir
    Puisque les mots n’existaient pas
    Puisque les mots n’existaient pas
    Comment pouvaient-ils savoir
    Que l’Amour s’appellerait l’Amour?
    Ils ne savaient pas qu’ils inventaient
    La vie et la mort et la lumière du mois de mai
    Ils ne savaient pas que leurs enfants
    Peupleraient la terre d’autres enfants
    Ni que leurs cœurs allaient faire marcher le temps
    Et ce soir en marchant
    En marchant à contretemps de nos vingt ans
    Nous faisons ce qu’ont fait longtemps
    Longtemps des millions d’amants
    Et je prie en pensant
    A ce premier amour du monde
    Que jamais ne vienne le jour
    Du dernier amour »

  5. Baci, Dominique! ( vous pouvez aussi les considérer comme des  » Perugina « .
    Je me demande si on n’avait pas évoqué l’origine de cette St Valentin..Il y a beaucoup de pistes intéressantes! Deux saints, des peaux de boucs et des petits oiseaux etc…
    En tout cas, on peut faire un « mix » entre Wk, un peu trop catégorique sur certains points et une page du Ouest-France d’hier, qu’on peut presque lire en entier sur:http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/686/reader/reader.html?t=1455297039486#!preferred/1/package/686/pub/687/page/19

  6. Charles d’Orléans est très lié à la Saint Valentin, comme on l’explique sur W:
    Le beau souleil, le jour saint Valentin

    Le beau souleil, le jour saint Valentin,
    Qui apportoit sa chandelle alumee,
    N’a pas longtemps entra un bien matin
    Priveement en ma chambre fermee.
    Celle clarté qu’il avoit apportee,
    Si m’esveilla du somme de soussy
    Ou j’avoye toute la nuit dormy
    Sur le dur lit d’ennuieuse pensee.

    Ce jour aussi, pour partir leur butin
    Les biens d’Amours, faisoient assemblee
    Tous les oyseaulx qui, parlans leur latin,
    Crioyent fort, demandans la livree
    Que Nature leur avoit ordonnee
    C’estoit d’un per* comme chascun choisy.
    Si ne me peu rendormir, pour leur cry,
    Sur le dur lit d’ennuieuse pensee.

    Lors en moillant de larmes mon coessin
    Je regrettay ma dure destinee,
    Disant :  » Oyseaulx, je vous voy en chemin
    De tout plaisir et joye desiree.
    Chascun de vous a per qui lui agree,
    Et point n’en ay, car Mort, qui m’a trahy,
    A prins mon per dont en dueil je languy
    Sur le dur lit d’ennuieuse pensee.  »

    ENVOI

    Saint Valentin choisissent ceste annee
    Ceulx et celles de l’amoureux party.
    Seul me tendray, de confort desgarny,
    Sur le dur lit d’ennuieuse pensee.

    (*) compagnon

  7. Voici ma seconde tourterelle , pour faire la paire …
    -Plaintive tourterelle-
    Plaintive tourterelle,
    Qui roucoules toujours,
    Veux-tu prêter ton aile
    Pour servir mes amours !

    Comme toi, pauvre amante,
    Bien loin de mon ramier
    Je pleure et me lamente
    Sans pouvoir l’oublier.

    Vole, et que ton pied rose
    Sur l’arbre ou sur la tour
    Jamais ne se repose,
    Car je languis d’amour ;

    Evite, ô ma colombe,
    La halte des palmiers
    Et tous les toits où tombe
    La neige des ramiers.

    Va droit sur sa fenêtre,
    Près du palais du roi,
    Donne-lui cette lettre
    Et deux baisers pour moi.

    Puis sur mon sein en flamme,
    Qui ne peut s’apaiser,
    Reviens, avec son âme,
    Reviens te reposer.
    de Théophile Gautier ( 1811-1872 )
    Il y a aussi les Inséparables , petites perruches multicolores , qui symbolisent la tendresse .
    C´est assez amusant de les observer , ils se bécotent sans cesse , c´est le cas de le dire : ))
    On en voit quelquefois dans les oiselleries . Le viking a un jour , apporté à la maison un de ces oiseaux , qui s´était échappé , pour le plus grand plaisir des petites filles . On l´a quand même donné à un magasin pour rechercher sa moitié : )

  8. Darie, j’aime bien aussi la voix de Viktor Lazlo ( quel nom génial!): elle a aussi écrit 2 romans, joué dans des séries, et au théâtre  » Trois femmes » où elle interprète Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald et Billie Holiday…
    L’an passé, elle a aussi chanté Billie Holiday..
    Je viens de trouver des vidéos où elle interprète  » Syracuse »: pas mal…

  9. J´ai des infos très récentes sur Saint Valentin , entendues au JT belge . Les vraies reliques de saint Valentin sont conservées dans l´Eglise Saint Rémi à Charleroi … Il y a aussi des reliques de Saint Valentin à Roquemaure , il y a donc deux Saint Valentin . Roquemaure a en ce moment , la Festa di Poutoun : ))
    http://www.charleroi-decouverte.be/index.php?id=80
    Il est écrit que  » le mariage n´existait plus  » , et le guide de Charleroi a expliqué cela , en disant que le mariage n´était pas bien pour les soldats , cela leur faisait perdre leurs forces ( sic ) .
    Saint Valentin y a remédié en célébrant des mariages secrètement .

  10. Disons que St-Valentin est le saint des vieilles reliques, c’est une tradition paysanne, en fait c’est une fête laïque, elle ne figure pas dans l’église catholique, je ne connais que Valentin le désossé, danseur et contorsionniste, partenaire de La Goulue, c’est Toulouse Lautrec qui en parle le mieux. Après ce grand écart, j’ai consulté toutes les reliques de St-Valentin c’est à y perdre son latin, trop de suppositions et de supputations mais on aime bien avoir son saint et sa relique, cela ne fait rien, c’est la fête des amoureux quand même.
    « Au Moyen Age on appelait « Valentin », le cavalier qu’ une jeune fille choisissait pour sortir avec elle, le premier dimanche de carême : C ‘était la fête des « Brandons » (également dimanche de l’orthodoxie).
    La veille les garçons du village s’ attelaient à une charrette et s’ arrêtaient dans chaque maison où se trouvait une jeune fille pour demander un fagot. Lorsqu’ ils en avaient recueilli assez, ils les transportaient hors du village et y mettaient le feu. Tous les habitants, venus voir le feu de joie, dansaient autour du brasier. Après l angélus, une fois le feu éteint, jeunes gens et jeunes filles sautaient par-dessus les braises. On disait que celui ou celle qui réussissait à sauter le feu sans roussir ses vêtements se marierait dans l’ année. Puis, ils se rendaient dans une vigne voisine pour brandonner ensemble un brin de paille enflammé, enroulé autour d un bâton, appelé « brandon » afin de protéger cette vigne de tous les maux. Ce feu protecteur, source de chaleur et de fertilité devait ainsi rendre la terre féconde et la vigne vigoureuse. Cette fête existait déjà depuis la plus haute antiquité, à l ‘époque druidique, sous le nom de Beltaine » (site « coutumes et traditions amoureuses).
    Merci à Dominique mais j’ai mangé tous les chocolats… le chocolat viendrait des Aztèques ?

  11. Oui, Monique, c’est un vrai brouillamini que toutes ces infos sur les Valentin, saints, pas saints etc; je ne connaissais pas cette tradition du MÂ..
    Mais, compte tenu de l’étymologie, Les Valentin et-tine se doivent d’être costauds et costaudes!
    < valere , latin , être puissant "< De l’indo-européen commun *wald- (« être puissant ») dont est issu le germanique waldan et l'allemand walten, le tocharien wado (« roi »), dans les langues slaves, le russe власть, le serbo-croate влада / vlada, le tchèque vláda (« gouvernement »), etc.
    D'où valence, et tous ses composés: polyvalence etc, et Ουαλεντια, Valentia en Ibérie, en Gaule..
    J'ai vu cette semaine le film " Chocolat", pas mal du tout , et ai été impressionnée par le talent de James Thierrée, qui je joue le clown blanc ( le cirque est son matier aussi, comme il a été celui de ses parents); c'est un des petits-fils de Chaplin, et la ressemblance physique est frappante!

    • Mareria , et donc vláda , « gouvernement » , a donné Vladimir .
      Je n´arrive pas à dénicher un Valentin le désossé , même un Valentin actuel du Moulin Rouge .
      Je suis pourtant certaine d´avoir vu à la TV , un long garçon , dansant sur une scène , en se
      contorsionnant dans tous les sens , et tout cela en noir et blanc .
      Voici Valentine de Maurice Chevalier , j´étais juste assez grande pour l´apprécier , quand on le voyait sur l´unique chaine de TV , en noir et blanc , 30cms X 25,5 cms. Quel bonheur : )) https://www.youtube.com/watch?v=RkihNW0hLyI

    • Mareria, l’église refuse notre Valentin, les trois qu’elle propose ne seraient que deux en réalité, un des saints ayant été compté deux fois et enseveli dans deux sépultures différentes ! voilà qui n’arrange pas nos affaires.
      Les enfants de Chaplin, une dynastie, j’admire Chaplin, il est unique et ne sera jamais égalé, d’ailleurs personne ne s’y risque.
      Donc un valentin n’est pas un gringalet voilà qui limite un peu :))) mais une valentine costaude c’est Karl Lagerfeld qui va protester !

    • Et j’ai oublié ceci; c’est aussi la racine de valétudinaire, < valetudo,« état de santé, bon ou mauvais. », et aussi, plus courant de valoir, et ses composés, vaillant etc….
      Les Romains terminaient toujours leurs lettres par " Vale", porte-toi bien, ou le pluriel " valete"

  12. Anglais et français au coude à coude: Chaucer/ Charles d’Orléans:
    « C’est pourtant à un poète anglais du 14 ème siècle qu’on doit la Saint Valentin. Chaucer – poète courtois qui souvent célébra l’amour, écrit en 1381, à l’occasion des fiancailles de Richard II d’Angleterre avec Anne de Bohème :
    For this was on seynt Volantynys day Whan euery bryd comyth there to chese his make.
    D’accord d’accord ! C’est du vieil anglais. En anglais moderne, cela donne :
    For this was Saint Valentine’s day, when every bird of every kind comes to this place to choose his mate.
    Le poème fit grand bruit et la fête de l’amour, Valentine’s day en anglais était lancée. On parla dorénavant de son Valentine: l’homme ou la femme que l’on honore le jour de la Saint Valentin. Et puisque à l’époque, les cultures françaises et anglaises étaient très proches, il n’est pas surprenant que le premier à reprendre cette tradition poétique soit un prince français du 15 ème siècle, Charles, Duc d’Orléans qui reprend aussi le mot anglais « Valentine » qui devient « Valentinée ».
    Je suis desja d’amour tanné
    Ma tres doulce Valentinée
    [I am already sick of love,
    My very gentle Valentine] »
    cf http://www.victorias.fr/dossiers/cours-anglais-dictionnaire/valentine.html

  13. Mon dieu, « l’homme où la femme que l’on honore »….. euh … ai-je bien compris le sens ? « son valentine »… aïe, ça se gâte ! bravo pour le poème.

    • Mais « l’homme ou la femme que l’on honore », selon qu’on est homme ou femme: à chacun sa chacune, et réciproquement, je crois, du moins officiellement.

  14. Voilà, j’en ai un de poème sur la St-Valentin, si, si !!!

    La Saint-Valentin
    Auguste Angellier (1848-1911)

    (Le chemin des saisons (1903).

    À Léopold Lacour.

    Février vient, c’est la Saint-Valentin,
    Février vient, il fait rougir les saules,
    Et, sous les rais d’un soleil argentin,
    Encor frileux découvre ses épaules.

    Dès qu’au ciel gris, c’est la Saint-Valentin,
    Dès qu’au ciel gris, un peu d’aube prochaine,
    Un pli d’argent et de jour indistinct
    Ont soulevé les ombres sur la plaine,

    Tous les oiseaux, c’est la Saint-Valentin,
    Tous les oiseaux, rouges-gorges, fauvettes,
    Merles, geais, pics, tout le peuple mutin
    Des moineaux francs, les vives alouettes,

    Se réveillant, c’est la Saint-Valentin,
    Se réveillant, et secouant leurs plumes,
    D’un fou désir et d’un vol incertain
    Se sont cherchés dans les dernières bruines.

    Dans les buissons, c’est la Saint-Valentin,
    Dans les buissons, les lierres et les haies
    Où le houx vert offre un rouge festin,
    Dans les roseaux, les halliers, les coudraies.

    Dans les vieux murs, c’est la Saint-Valentin,
    Dans les vieux murs, pleins d’heureuses nouvelles,
    Ce fut des cris, des chants, un bruit lointain
    De gazouillis et de battements d’ailes.

    Tous échangeaient, c’est la Saint-Valentin,
    Tous échangeaient, en palpitant de joie,
    Maint propos tendre ou leste ou libertin,
    Après lesquels il faut qu’on se tutoie.

    De temps en temps, c’est la Saint-Valentin,
    De temps en temps, se détachait un couple ;
    Et tous les deux avaient bientôt atteint,
    Pour y causer tout seuls, un rameau souple.

    Puis ils cherchaient, c’est la Saint-Valentin,
    Puis ils cherchaient les branches élevées
    Ou l’humble touffe où blottir leur destin,
    Et faire un nid aux futures couvées.

    Et tout le jour, c’est la Saint-Valentin,
    Et tout le jour ce fut des mariages,
    Conclus sans prêtre et francs de sacristain,
    Et dont les lits sont les premiers feuillages.

    Voici le soir, c’est la Saint-Valentin,
    Voici le soir, sortant de ses repaires
    L’ombre a rampé vers le soleil éteint :
    Tous les oiseaux sont endormis par paires. »

    Alors, il n’est pas beau mon gazouillis ?

    • Bravo Monique , on devine l´effervescence des oiseaux pour choisir la bonne place pour le nid , puis la noria des petits passereaux , pour amener les brindilles , puis de la mousse sèche .
      Deux mésanges visitent ces jours-ci le dessous des nochères . Je pense qu´elles vont signer le bail du printemps .
      Ce nom Angellier me rappelait quelque chose , et effectivement , il est de Lille !
      En demandant mon chemin pour le Palais des Beaux-Arts , un jeune homme m´avait indiquée le chemin , et sa copine se demandait comment il connaissait cette petite rue . Une belle rigolade !

      • Darie, le poème fait suite au chant de votre piou- piou, il est extra, je l’ai gardé en favori pour l’écouter de temps en temps. Ah, je suis contente d’avoir trouvé un poète de votre ville (sans le fait exprès !)…. et on dit que tous les chemins mènent à Rome ??? je comprends la copine si c’est sa Valentine ! j’ai des mésanges toute l’année, elles sont gâtées, charbonnière, bleue ou huppée, un régal. Hier une bleue est venue sur la fenêtre de la cuisine, j’ai compris qu’elle voulait du pain, un dialogue s’installe !

  15. Beaucoup moins charmants que le chant de tous ces oiseaux, ces chansons du beau Rudolph Valentino, de son vrai nom Rodolfo Alfonso Raffaello Piero Filiberto Guglielmi di Valentina d’Antoguolla.

    • Mareria, Rudolph Valentino, une légende , un mythe, toutes les femmes en étaient folles, les causes de sa mort divergent quelque peu, ulcère à l’estomac qui aurait provoqué une septicémie, péritonite qui aurait aussi dégénéré, empoisonnement par médicaments, bref quand il meurt ce sont des funérailles nationales, quand le cortège et sa dépouille passe sur le boulevard noir de monde où l’on se piétine, se bat, se pousse, trois femmes se jettent par la fenêtre. Il avait un regard de braise et des cheveux gominés comme c’était de mode à l’époque. On dit aussi que c’est son effigie qui est passée mais qu’il n’était pas dans le cercueil, ce qu’on a bâti autour de lui, créant un peu plus de mystère……J’ai vu tout cela dans des actualités d’époque, en noir et blanc, j’ai été impressionnée par cette folie quasi hystérique d’alors, aujourd’hui ce serait impensable.

  16. Qui a vu le film « biopic » Valentino , de Ken Russel ( 1977) avec Rudolf Noureev :dans le rôle de Rudolph Valentino? je découvre les scènes d’hystérie féminine à sa mort prématurée, et le phénomène de la « Lady in Black », qui va fleurir sa tombe à chaque date anniversaire de la mort.

    • Mareria , il me semble que les scènes d´hystérie n´existent plus de nos jours . Je ne
      m´imagine pas des foules en délire , de nos jours , suivant les cercueils d´actrices ou acteurs de cinéma . Il y a eu un peu de mouvement de foule , à la mort de Mickaël Jackson , mais
      pas exagérément . Mais sa mort me semble suspecte . Quelqu´un qui a une septicémie est très faible , frissonne , je ne comprends pas qu´il ait pu marcher sur un boulevard , avant de
      s´écrouler , mort . Il faut relancer l´enquête ! sourire .

      • Darie, c’était un temps où il n’y avait pas d’image ce qui a développé des fantasmes (peut être) les films étaient muets, et les dialogues tenaient dans les expressions souvent outrancières, les pâmoisons à toutes les sauces, l’accessoire le mouchoir, il fallait de l’imagination pour les spectateurs, c’était aussi une époque où il y avait beaucoup de misère, il n’y avait que le rêve que ces personnages riches, beaux, adulés, apportaient dans leur vie…. aujourd’hui qui rêve devant une star ? pas grand monde ! les marches de Cannes sont devenues tellement ordinaires qu’on ne sait plus qui les monte !

    • Mareria, on ne sait pas qui va fleurir sa tombe, encore que je soupçonne plusieurs « mains » d’entretenir la légende de Valentino. Il me semble avoir vu « Arènes sanglantes », mais c’est confus je ne me souviens pas où ni quand ….. je n’ai pas vu le film que vous citez, Rudolf Noureev une autre légende, bien plus connue, il a eu une triste fin.

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