La viande et la chair

La chair est faible, la viande est chère.

Mais au fond, viande et chair n’ est-ce pas la même chose ?

Prenez le mot JARRET par exemple, le mot du jour.

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En boucherie, c’ est la viande qui entoure le tibia des bêtes.
(En anatomie humaine, c’ est le creux derrière le genou.)

Et pourtant, de ce mot vient jarretière, dont L’ Ordre de la Jarretière britannique, les jarretelles et les porte-jarretelles, « les dessous chics » qui valorisent la douce chair.

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Ce sont des éléments vestimentaires féminins
pas du tout bourrins.

(copyright)

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104 réflexions sur “La viande et la chair

  1. Tsss Tsss, Dominique, pas par ici…Bon pour se hausser un peu, à la force du jarret ( expression inappropriée car je suis assise), Le poème de Kipling « If you », de Kipling, dans une traduction en vers :
    « Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
    Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ;
    Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
    Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ;
    Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine :
    Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
    Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
    Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement ;

    Si tu rêves, — sans faire des rêves ton pilastre ;
    Si tu penses, — sans faire de penser toute leçon ;
    Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
    Et traiter ces trompeurs de la même façon ;
    Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
    Tordues par les coquins pour mieux duper les sots,
    Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
    Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

    Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
    Et le risquer à pile ou face, — en un seul coup —
    Et perdre — et repartir comme à tes débuts mêmes,
    Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ;
    Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret
    À servir à tes fins malgré leur abandon,
    Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt,
    Hormis la Volonté qui ordonne : “Tiens bon !”

    Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
    Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ;
    Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ;
    Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ;
    Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
    De soixante secondes de chemins accomplis,
    À toi sera la Terre et son bien délectable,
    Et, — bien mieux — tu seras un Homme, mon fils. »
    Ce n’est pas la version plus connue, et moins « vieillotte » traduite par André Maurois…mais jarret fait loi.

    • Mareria, vous commencez très fort !
      Chez l’ homme, le jarret est une fosse où passent des nerfs, tendons…mais pas de muscle.
      Un coupe-jarret au sens strictement anatomique fait donc de gros dégâts.

      • What a surprise ! le temps de batifoler de clip en clip , je vois déjà 14 commentaires , moi qui croyais que tout le monde dormait . Rire .
        La botte de Jarnac , c´est la botte fourbe et cruelle , qui coupe le jarret , au temps des duels .
        Il parait que chez les malfrats d´aujourd´hui , on blesse ainsi , pour éviter une peine lourde ,
        et on neutralise les concurrents , en les humiliant . Rien de nouveau , sous le soleil de Satan …

      • Oui , Dominique , même plus que boiteux . Avec des béquilles plutôt . La jambe ne porte plus .
        L´envie de se venger doit être terrible , quel monde … Mieux vaut les éviter . Revenons à nos moutons , qui en fait , subissent un sort aussi peu enviable : )

      • Oui Darie, quel monde…
        A propos de bêtes insolites, point de grenouille dans mon couloir mais un jour, j’ ai trouvé le chat de la voisine profondément endormi dans mon lit au premier étage !?

  2. Bonjour à tous, ne dit-on pas aussi « jouer un tour de cochon » or, celui ci n’a pas de tour particulier et pourtant c’est une entourloupe . La chair est faible oui mais la viande est dure, voilà de quoi méditer par un beau dimanche frais mais ensoleillé.
    J’ai déjà donné le texte de la chanson de Gainsbourg « Les dessous chics » et ne voulant pas ombrer la page alors que le cochon est un animal joyeux….. le jarret, le jarreton, je l’aime en cuisine dans tous ses états.
    La jarretelle, elle est souvent de la mariée dans nos traditions, mais le porte jarretelle évoque les bas (et parfois les hauts !! )
    « C’est en 1554 que les premiers véritables bas firent leur apparition sous la forme qu’on leur connaît aujourd’hui, lorsqu’un anglais du nom de William Rider eut l’idée de séparer le haut du bas des collants pour rendre leur usage plus pratique et plus raffiné.

    Le Roi de France Henri II fût le premier à porter des bas, à l’occasion du mariage de sa sœur Marguerite, en 1569. Quelques années plus tard, aux alentours de 1589, les premiers bas tricotés mécaniquement font leur apparition grâce à l’invention du métier à tricoter.

    En 1685 les bas en fil de coton apparaissent. On les appelle alors “bas de Barbarie” et sont de couleur blanche ou chinés. Meilleur marché, ils remplacent peu à peu les bas en laine ou en soie. Après la révolution, on leur préfèrera des bas noirs. » …. j’ai l’image de Marlène Dietrich dans l’Ange bleu…. je ne donne pas de poèmes avec le mot jarretelles car ils sont érotiques…. le porte- jarretelles a été détrôné par les bas « qui tiennent tout seuls » et entre nous, quelle liberté. Le porte-jarretelles est une lingerie de striptease , il est dans tous les cabarets.
    « Une légende, constatant une similitude entre les pieds de la tour Eiffel et l’accessoire en question, voudrait que ce soit Gustave Eiffel qui ait inventé le porte-jarretelles »…. de Cécile Sauvage :

    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

    La lune blanche

    Souvent le coeur qu’on croyait mort
    N’est qu’un animal endormi ;
    Un air qui souffle un peu plus fort
    Va le réveiller à demi ;
    Un rameau tombant de sa branche
    Le fait bondir sur ses jarrets
    Et, brillante, il voit sur les prés
    Lui sourire la lune blanche. « 

      • Hello Dominique, j’ai trouvé une pépite de « jarrets », j’aime l’osso bucco avec des spaghettis, ah ! quand je pense que je suis à la diète à cause d’un jarreton de porc choucroute que j’ai mangé hier, et ce n’est pas une boutade, c’est tout à fait vrai !

    • Le jarret sort du faitout :

      Jean RICHEPIN (1849-1926)

      Le bouc aux enfants

      Sous bois, dans le pré vert dont il a brouté l’herbe,
      Un grand bouc est couché, pacifique et superbe.
      De ses cornes en pointe, aux noeuds superposés,
      La base est forte et large et les bouts sont usés ;
      Car le combat jadis était son habitude.
      Le poil, soyeux à l’oeil, mais au toucher plus rude,
      Noir tout le long du dos, blanc au ventre, à flots fins
      Couvre sans les cacher les deux flancs amaigris.
      Et les genoux calleux et la jambe tortue,
      La croupe en pente abrupte et l’échine pointue,
      La barbe raide et blanche et les grands cils des yeux
      Et le nez long, font voir que ce bouc est très vieux.
      Aussi, connaissant bien que la vieillesse est douce,
      Deux petits mendiants s’approchent, sur la mousse,
      Du dormeur qui, l’oeil clos, semble ne pas les voir.
      Des cornes doucement ils touchent le bout noir.
      Puis, bientôt enhardis et certains qu’il sommeille,
      Ils lui tirent la barbe en riant. Lui, s’éveille,
      Se dresse lentement sur ses jarrets noueux,
      Et les regarde rire, et rit presque avec eux.
      De feuilles et de fleurs ornant sa tête blanche,
      Ils lui mettent un mors taillé dans une branche,
      Et chassent devant eux à grands coups de rameau
      Le vénérable chef des chèvres du hameau.
      Avec les sarments verts d’une vigne sauvage
      Ils ajustent au mors des rênes de feuillage.
      Puis, non contents, malgré les pointes de ses os,
      Ils montent tous les deux à cheval sur son dos,
      Et se tiennent aux poils, et de leurs jambes nues
      Font sonner les talons sur ses côtes velues.
      On entend dans le bois, de plus en plus lointains,
      Les voix, les cris peureux, les rires argentins ;
      Et l’on voit, quand ils vont passer sous une branche,
      Vers la tête du bouc leur tête qui se penche,
      Tandis que sous leurs coups et sans presser son pas
      Lui va tout doucement pour qu’ils ne tombent pas. »

      Voici Jean Lorrain :

      Chimère

      Pour Gustave Moreau.

      La Chimère indomptable aux yeux profonds et bleus,
      Abîmes rayonnants dans un visage d’homme,
      Des lointaines Memphis aux Babels qu’on renomme,
      Droite, appuie au Zénith ses quatre pieds en feux.

      Son poitrail qui se cabre et ses jarrets nerveux
      Emportent par le gouffre, où l’air siffle et s’enflamme,
      Lascif et douloureux, un souple corps de femme
      Nue et flottant dans l’ombre entre ses lourds cheveux.

      Les crins d’or de la bête et la toison d’aurore
      De la femme en extase, embrasant l’air sonore,
      Font une aube de gloire au fond du ciel obscur.

      Le vertige les tord et, dardant sa prunelle,
      Les bras autour du cou du monstre aux yeux d’azur,
      S’enfonce dans la nuit la Rêveuse éternelle.

      ……………………..
      Les taureaux
      Charles Marie Leconte De Lisle

      Les plaines de la mer, immobiles et nues,
      Coupent d’un long trait d’or la profondeur des nues.
      Seul, un rose brouillard, attardé dans les cieux,
      Se tord languissamment comme un grêle reptile
      Au faîte dentelé des monts silencieux.
      Un souffle lent, chargé d’une ivresse subtile,
      Nage sur la savane et les versants moussus
      Où les taureaux aux poils lustrés, aux cornes hautes,
      À l’oeil cave et sanglant, musculeux et bossus,
      Paissent l’herbe salée et rampante des côtes.
      Deux nègres d’Antongil, maigres, les reins courbés,
      Les coudes aux genoux, les paumes aux mâchoires,
      Dans l’abêtissement d’un long rêve absorbés,
      Assis sur les jarrets, fument leurs pipes noires.
      Mais, sentant venir l’ombre et l’heure de l’enclos,
      Le chef accoutumé de la bande farouche,
      Une bave d’argent aux deux coins de la bouche,
      Tend son mufle camus, et beugle sur les flots »….

      Toujours Leconte de Lisle un obsédé du jarret :

      L’incantation du loup

      Les lourds rameaux neigeux du mélèze et de l’aune.
      Un grand silence. Un ciel étincelant d’hiver.
      Le Roi du Hartz, assis sur ses jarrets de fer,
      Regarde resplendir la lune large et jaune.

      Les gorges, les vallons, les forêts et les rocs
      Dorment inertement sous leur blême suaire,
      Et la face terrestre est comme un ossuaire
      Immense, cave ou plat, ou bossué par blocs.

      Tandis qu’éblouissant les horizons funèbres,
      La lune, oeil d’or glacé, luit dans le morne azur,
      L’angoisse du vieux Loup étreint son coeur obscur,
      Un âpre frisson court le long de ses vertèbres.

      Sa louve blanche, aux yeux flambants, et les petits
      Qu’elle abritait, la nuit, des poils chauds de son ventre,
      Gisent, morts, égorgés par l’homme, au fond de l’antre.
      Ceux, de tous les vivants, qu’il aimait, sont partis.

      Il est seul désormais sur la neige livide.
      La faim, la soif, l’affût patient dans les bois,
      Le doux agneau qui bêle ou le cerf aux abois,
      Que lui fait tout cela, puisque le monde est vide ?

      Lui, le chef du haut Hartz, tous l’ont trahi, le Nain
      Et le Géant, le Bouc, l’Orfraie et la Sorcière,
      Accroupis près du feu de tourbe et de bruyère
      Où l’eau sinistre bout dans le chaudron d’airain.

      Sa langue fume et pend de la gueule profonde.
      Sans lécher le sang noir qui s’égoutte du flanc,
      Il érige sa tête aiguë en grommelant,
      Et la haine, dans ses entrailles, brûle et gronde.

      L’Homme, le massacreur antique des aïeux,
      De ses enfants et de la royale femelle
      Qui leur versait le lait ardent de sa mamelle,
      Hante immuablement son rêve furieux.

      Une braise rougit sa prunelle énergique ;
      Et, redressant ses poils roides comme des clous,
      Il évoque, en hurlant, l’âme des anciens loups
      Qui dorment dans la lune éclatante et magique »

      Finalement, le jarret est partout et pas seulement sur le cochon. un petit détail, chez l’homme l’intérieur du genou s’appelle « le creux poplité » avouez que c’est mieux de dire « bonjour docteur, je souffre du creux poplité » plutôt que docteur je souffre du jarret !

    • Monique , et pendant la guerre , ai-je entendu , des femmes dessinaient au crayon gras noir , la ligne du bas le long du mollet . Gros subterfuge qui ne trompait personne , mais comme tout est suggestif , c´était presque glamour : )

      • Darie, oui c’était pour faire chic ou par économie…. je ne vous dis pas le résultat quand il pleuvait ! elles portaient aussi des chaussures à semelles compensées en bois ! les bas étaient souvent en rayonne, la soie coûtait trop chère et elle était rare.

      • Darie, ma mère toute jeune fille le faisait, effectivement, c’ était courant et c’ était plus parce que cela ne se faisait pas d ´ aller jambes nues que par coquetterie.

  3. Cette page sera un florilège du jarret :

     »
    Pierrots, IV
    Jules Laforgue

    Maquillés d’abandon, les manches
    En saule, ils leur font des serments,
    Pour être vrais trop véhéments !
    Puis, tumultuent en gigues blanches,

    Beuglant : Ange ! tu m’as compris,
    À la vie, à la mort ! – et songent :
    Ah ! passer là-dessus l’éponge !…
    Et c’est pas chez eux parti-pris,

    Hélas ! mais l’idée de la femme
    Se prenant au sérieux encor
    Dans ce siècle, voilà, les tord
    D’un rire aux déchirantes gammes !

    Ne leur jetez pas la pierre, ô
    Vous qu’affecte une jarretière !
    Allez, ne jetez pas la pierre
    Aux blancs parias, aux purs pierrots !  »

    Et notre Hugo de service qui va sauver la mise ….. de sous-vêtements :

    Toute la vie d’un coeur – 1820
    Victor Hugo

    Un coup de vent passa, souffle leste et charmant
    Qui fit tourbillonner les jupes follement.
    Je la savais ailée, étoilée, azurée,
    Je l’adorais ; mon âme allait dans l’empyrée
    A sa suite. Oh ! l’amour, c’est tout ; le reste est vain.
    Je ne supposais pas que cet être divin
    Qui m’emportait rêveur si loin de la matière,
    Eût des jambes ; soudain je vis sa jarretière,
    Et cela me choqua. – Quoi ! me dis-je, elle aussi !
    Je la contemple, ému, tremblant, brûlant, transi,
    Et je vois de la chair où j’adorais une âme !
    Soit. Le songe est fini. Ce n’est donc qu’une femme
    Qui marche sur la terre, et se retrousse au vent !

    Et je fus amoureux bien plus qu’auparavant »

  4. Bonjour , affriolant , les amours du printemps battent leur plein chez les mésanges . C´est
    une joyeuse noria , et mon petit doigt , très pertinent , me dit qu´un petit de nid de mousse et de brindilles , se construit sous le toit du garage …
    Dominique , bonjour , passez du jarret à la jarretière , puis à la jarretelle , bravo … allons-y : )
    -Les dessous chics-
    Les dessous chics
    C’est ne rien dévoiler du tout
    Se dire que lorsqu’on est à bout
    C’est tabou

    Les dessous chics
    C’est une jarretelle qui claque
    Dans la tête comme une paire de claques

    Les dessous chics
    Ce sont des contrats résiliés
    Qui comme des bas résillés
    Ont filé

    Les dessous chics
    C’est la pudeur des sentiments
    Maquillés outrageusement
    Rouge sang

    Les dessous chics
    C’est se garder au fond de soi
    Fragile comme un bas de soie

    Les dessous chics
    C’est des dentelles et des rubans
    D’amertume sur un paravent
    Désolant

    Les dessous chics
    Ce serait comme un talon aiguille
    Qui transpercerait le cœur des filles…
    De Serge Gainsbourg , une chanson subtilement écrite , c´est le moins qu´on puisse dire .
    L´éternel féminin . Les dessous chics , c´est très bien et très beau quand le contexte romantique est présent . Quand l´ensemble est vénal , c´est moins …. chic !
    Bonne journée , de dimanche , frisquet .

      • Darie, j’ ai bien ti à lire votre dernier com D’ hier soir.
        Ce n’ est pas demain la veille qu’ on verra une vache enlisée dans mon carré urbain même seulement jusqu’ aux jarrets.

      • Les délices du carré urbain sont plus soft : ) Le fermier ( dcd ) était en fait un maquignon dans le vrai sens du terme . Râblé , fort en voix , fort en « gueule » , âpre en affaires , mais ses visites nous amusaient beaucoup . Malgré sa corpulence , il débourrait ses jeunes chevaux dans sa
        pâture comme un jeune homme . C´était un spectacle , pas aussi raffiné que celui de Bartabas ,
        mais aussi passionnant . Ce n´est pas lui qui aurait pris un coup de jarret ou de sabot de ses poulains . Deux cousins citadins , encore jeunes , étaient venus en deux-chevaux ( hi-hi ) ou en mob (?) chez nous , mais nous , absents . Ils avaient voulu caresser les  » yearlings » , et l´un
        d´eux s´était fait briser un bras en trois morceaux ! Le frère repoussait les chevaux , criait au secours , rassurait le frangin blessé , et ouf ! archi-ouf , le maquignon était arrivé pour voir ses bourricots ( tous des bourricots ! les deux cousins surtout : )
        Allez , ambulanche , et n´y revenez plus ! Une époque sans portable , quel bazar …

    • Bonjour Darie, ici soleil j’aime beaucoup le texte de cette chanson, c’est très fin !

      Quand les reines de France s’en mêlent, voici ce que donne un jarret suffaté de religion, chez Marie de Brabant :

      Aux bombancières

      Dames qui tant braves, écoutez la tempête,
      Dont le ciel éclatant menace votre tête,
      Et s’il y a encor lieu de conversion,
      Quittez vos vanités et ces bombances folles,
      C’est à vous qu’Isaïe adresse ses paroles,
      Si vous êtes au moins des filles de Sion.

      Bourgeoises de Sion au superbe parage,
      Qui marchez le col droit, avec un oeil volage
      Et les pieds frétillants, maniés par compas,
      Comme le baladin, quand la harpe fredonne
      Ou le jeune poulain, que l’écuyer façonne,
      Les cordes aux jarrets, aux ambles et au pas.

      Voici que le Seigneur prononce de sa bouche :
      La teigne rongera, dit-il, jusqu’à la souche
      Les rameaux égarés de vos perruques d’or.
      Et de votre poitrine allongeant l’ouverture,
      Je mettrai tout à nu jusques à la ceinture
      Votre honte au soleil, s’il vous en reste encor.

      Le temps s’en va venir, changement bien étrange,
      Qu’on vous verra trotter, deschaux(*) parmi la fange,
      Pour ses grands échafauds de patins haut montés.
      Et lors, sous vos lassis à mille fenêtrages,
      Raiseaux et points coupés et tous ces clairs ouvrages,
      Ne se bouffiront plus sur vos seins éhontés.

      Je vous arracherai de la tête pelée
      Les lunettes d’émail et l’ovale emperlée
      Qui vous font rayonner le front de toutes parts.
      Je romprai vos étuis, vos boîtes, vos fioles
      Et la cendre et les pleurs dont fondrez toutes molles
      Seront vos eaux de nef, vos poudres et vos fards.

      L’or qui vous flotte aux bras en cent tours de chaînettes
      Et qui vole sur vous en tant de pampillettes,
      Chassé par la cadence en Babel s’enfuira :
      Vos atours les suivant et vos pendants d’oreilles
      Et ce qui à Thamar vous fait sembler pareilles,
      Votre laideur pour masque assez vous servira.

      Bourrelets attifés et toutes ces machines
      À teindre votre poil et les mettre en crispines,
      Seront pour le vieux fer et pour le vieux drapeau
      Et pour l’assortiment de tant d’habits, si braves
      À grand peine aurez-vous, misérables esclaves,
      Une drille aux bons jours qui vous cache la peau.

      Ces cotillons garnis d’un pied de broderie,
      Ces brasses, ces trisses flambants de pierreries
      Seront pour le butin des soldats triomphants.
      Et ces miroirs polis dont la trompeuse glace
      Brûlant si sottement vos coeurs et votre face,
      Serviront de jouets à leurs petits enfants.

      Ces corsets diaprés et ces fatras de chambre,
      Toilettes et poignets sentant le musc et l’ambre,
      Couvre-chefs de fin lin dentelés à l’entour
      Et ces coiffes de nuit faites en diadèmes,
      Orgueil démesuré, s’en iront tout de même,
      Auriez-vous plus de nuit de faveur que de jour ?

      Puis en lieu de parfum, vous aurez pour escorte
      L’horrible puanteur d’une charogne morte
      Et pour ces faux corsets qui vous serrent les reins
      Le ventre débraillé comme pauvres bergères,
      Vous suivrez le bagage à grands coups d’étrivières,
      L’injure et le mépris des goujats inhumains.

      Les tresses par surtout, source de ces détresses,
      Qui m’ont tant irrité trouveront des maîtresses
      Qui raflant jusqu’ au test m’en sauront bien venger.
      Ces robes à pleins fonds, à gros bouffons et manches,
      Ne feraient qu’entraver et vos bras et vos hanches ;
      Un sac pour mieux courir n’est-il pas plus léger ?

      Le glaive emportera la fleur de la jeunesse
      Et, pour tant de muguets qui vous faisaient caresse,
      Brigands cruels auront à leur tour d’être à vous.
      Si qu’au temps qui courra, ce sera bien de grâce,
      Si à sept d’entre vous pour en avoir la race,
      Le barbare vous lâche un captif pour époux. »

      Bonne journée.

  5. Un dernier jarret pour Yannick, l’ami corse, mais je ne connais pas le poète :

    L’idole
    Auguste BARBIER

    Ô Corse à cheveux plats ! que ta France était belle
    Au grand soleil de messidor !
    C’était une cavale indomptable et rebelle,
    Sans frein d’acier ni rênes d’or ;
    Une jument sauvage à la croupe rustique,
    Fumante encor du sang des rois,
    Mais fière, et d’un pied fort heurtant le sol antique,
    Libre pour la première fois.
    Jamais aucune main n’avait passé sur elle
    Pour la flétrir et l’outrager ;
    Jamais ses larges flancs n’avaient porté la selle
    Et le harnais de l’étranger ;
    Tout son poil était vierge, et, belle vagabonde,
    L’oeil haut, la croupe en mouvement,
    Sur ses jarrets dressée, elle effrayait le monde
    Du bruit de son hennissement.
    Tu parus, et sitôt que tu vis son allure,
    Ses reins si souples et dispos,
    Dompteur audacieux tu pris sa chevelure,
    Tu montas botté sur son dos.
    Alors, comme elle aimait les rumeurs de la guerre,
    La poudre, les tambours battants,
    Pour champ de course, alors tu lui donnas la terre
    Et des combats pour passe-temps :
    Alors, plus de repos, plus de nuits, plus de sommes,
    Toujours l’air, toujours le travail.
    Toujours comme du sable écraser des corps d’hommes,
    Toujours du sang jusqu’au poitrail.
    Quinze ans son dur sabot, dans sa course rapide,
    Broya les générations;
    Quinze ans elle passa, fumante, à toute bride,
    Sur le ventre des nations ;
    Enfin, lasse d’aller sans finir sa carrière,
    D’aller sans user son chemin,
    De pétrir l’univers, et comme une poussière
    De soulever le genre humain ;
    Les jarrets épuisés, haletante, sans force
    Et fléchissant à chaque pas,
    Elle demanda grâce à son cavalier corse ;
    Mais, bourreau, tu n’écoutas pas !
    Tu la pressas plus fort de ta cuisse nerveuse,
    Pour étouffer ses cris ardents,
    Tu retournas le mors dans sa bouche baveuse,
    De fureur tu brisas ses dents ;
    Elle se releva : mais un jour de bataille,
    Ne pouvant plus mordre ses freins,
    Mourante, elle tomba sur un lit de mitraille
    Et du coup te cassa les reins. « 

  6. Dominique, quand on voit le parcours de Marie de Brabant on se dit que les femmes de cette époque préféraient porter le pantalon plutôt que les jarretelles, même s’il n’y avait ni l’un ni l’autre.
    Un vent glacial malgré le soleil !

  7. Monique nous livre une belle chrestomathie jarretière…
    On ne peut pas ne pas évoquer les chevaux dans la sculpture grecque antique, ( les chevaux étrusques sont très statiques), où ils sont souvent représentés en pleine course, de toute la force de leurs jarrets, et la frise du Parthénon ou « frise des Panathénées » est exemplaire; on peut faire un diaporama de la page wk ( bas de page); https://fr.wikipedia.org/wiki/Frise_du_Parth%C3%A9non
    Et bien sûr Homère chante souvent les jarrets des chevaux et cavales de ses guerriers.

  8. Le dernier fleuron du jarret c’est Théodore de Banville un affreux macho avant l’heure :))))

    Éveil

    Puisque la Némésis, cette vieille portière,
    Court en poste et regarde à travers la portière
    Des arbres fabuleux faits comme ceux de Cham,
    Laissons Chandernagor, Pékin, Bagdad ou Siam
    Posséder ses appas, vieux comme sainte Thècle,
    Et désabonnons-nous le plus possible au Siècle.
    Ne pleure pas, public qui lis encor des vers.
    Je ne te dirai pas : Les raisins sont trop verts ;
    Et, quant à s’en passer, je sais ce qu’on y risque ;
    J’ai fait pour toi l’achat d’une jeune odalisque.
    Celle qui part était infirme à force d’ans :
    Elle boitait ; la mienne a ses trente-deux dents,
    L’oeil vif, le jarret souple : elle est blanche, elle est nue,
    Charmante, bonne fille, et de plus inconnue.

    Elle a le col de cygne et les trente beautés
    Que la Grèce exigeait de ses divinités,
    Et ce ne sont partout, sous sa robe qui pouffe,
    Que cheveux d’or, que lys et que roses en touffe.
    La voilà présentée, et, mon bras sous le sien,
    Nous allons tous les deux, pareils au groupe ancien
    D’une jeune bacchante agaçant un satyre,
    Du mieux que nous pourrons jouer à la satire.
    Nous savons, aussi bien que feu Barthélemy,
    Sur sa lyre à dix voix trouver l’ut et le mi.
    Puisqu’il a pris enfin la poudre d’escampette,
    Ô ma folle, ô ma Muse, embouche ta trompette
    Qui fouette les carreaux comme un clairon de Sax ;
    Sur ton front chevelu mets le casque d’Ajax,
    Galope et fais claquer sur les peaux les plus chères
    Ton fouet et son pommeau ciselé par Feuchères .. »

    En plus on y trouve deux notes de musique : le ut et le mi !

  9. Vraiment très beaux , tous ces poèmes . Je vais les relire à tête reposée , un à un .
    Le osso bucco me donne une grande nostalgie , car l´épouse d´un fermier voisin (en France ) , qui accueillait dans son gîte une partie de notre petite famille , nous cuisinait des osso bucco divins . Elle devait y mettre tout son cœur , car c´était un régal !

  10. Hello afin d’enrichir cette page, nous avons un mollet synonyme de jarret et la jarretière ne va pas sur le mollet… hurlement de rire !!!
    …. et la bande molletière des poilus, là non plus on ne peut pas dire la bande jarretière ! et que dire du jambonneau ? je vous ferai grâce des poèmes avec ce mot mais en cuisine, un bon jambonneau et pas forcément avec la recette d’Esaü, mais simplement aux poireaux…. à fondre de bonheur, surtout au Moyen Age :
    « Poree blanche est dicte ainsi pour ce qu’elle est faite du blanc des poreaux, à leschinée, à l’andoulle et au jambon, ès saisons d’automne et d’iver, à jour de char. Il les convient mettre en un pot avec l’eau chaude et ainsi cuire, et aussi cuire des oignons mincés, puis frire les oignons, et après frire iceulx poreaux avec les oignons qui jà sont fris et les mectre tout cuire en un peau avec lait de vachsche se c’est en Charnage. Et à jour de poisson et se c’est en karesme, l’en y met lait d’amandes . Nota que aucunesfois à poreaux, l’en fait lioison de pain…….
    … bon, la diète est mauvaise et triste conseillère !!!!

      • Oui, d’accord Dominique, le jambon c’est la cuisse mais comme vous le dites « dans le jambon tout est bon », donc la cuisse tout comme le jarret, ça fait partie de la jambe enfin je veux dire la patte du cochon…. il est si mignon avec ses petits sabots ! aïe !!

  11. Impossible d’envoyer un petit commentaire à Mareria sur le porc chinois…. je me demande si c’est le lien qui coince , premier essai sans le lien

  12. Alors là, c’est fort de café, impossible de glisser le lien, une page illustrée et titrée :

    Le canard du Mékong – le porc du poète Dong Po

    bon ça passe ou pas ?

    • C´est une recette hybride du canard et du porc , tous les deux laqués , Monique ? sourire .
      Et puisque nous sommes en cuisine , l´œuf mollet est ma recette d´œuf préféré , surtout quand on l´accommode en aspic . Une dame créole réunionnaise nous avait cuisiné un aspic , avec un œuf mollet , des bichiques ( crevettes d´eau douce ) , et je ne sais plus quoi , c´est loin , et avec la sauce rougail , je me souviens juste que c´était delicious !

      • Darie, mais je l’avais oublié celui-là, l’œuf mollet, c’est très bon aussi posé sur une purée d’épinard à la crème….. ou alors au vin rouge….. non, aujourd’hui je ne saliverai pas à cause du jarreton indigeste d’hier, pourtant je n’ai pas mangé grand chose mais, oui, il y avait aussi mes 5 olives noires à la grecque pour faire « crétois » et voilà ce qui m’a donné une crise de foie, cette sorte d’olives ne passe jamais ! les sauces… ah! les sauces que c’est bon.

      • D´accord , et merci Mareria . le petit sauté au légumes , façon wok , m´intéresse toujours , car
        j´ai un wok , et c´est pratique . On peut les acheter congelés , mais c´est si facile à préparer !
        C´est difficile de tourner autour du sujet « le jarret » , sans faire un tour en cuisine : )
        Je voyais ce qu´était le jarret du veau , du porc , car on l´utilise dans de nombreuses recettes .
        Mais je ne savais pas qu´on utilisait le mot pour l´être humain . Dans le milieu médical , on
        ne dit pas le jarret , on dit le creux poplité , et dessous , le mollet .

      • Et bien Darie, vous comme moi devons faire de la formation permanente, en préparant le sujet du jour, j’ ai ainsi appris qu’ on ne dit plus « creux » mais « fosse » poplitée qui de fait est plus proche de la réalité de la région.

      • Ah bon, Dominique !? On nous cache tout , on nous dit rien : )
        Si l´anatomie change aussi , après l´Histoire de France , nous serons complètement déphasés
        au siècle prochain ! sourire de coin ….

    • Mareria, il y a de belles recettes sur cette page mais je ne trouve pas le poète Dong Po et je me demande si ce n’est pas un copain du grand savant inventé par Yannick avec Tchong Tchang, mais quel souvenir :))) je suis incapable de cuisiner et de découper un canard laqué… je les ai vus faire en Chine, ils ne perdent pas un bout, ils découpent cela comme un oignon, quelle dextérité. La cuisine chinoise est très fine.

  13. Monique, trop drôle: allez voir à …Su Shi: Su Shi (chinois simplifié : 苏轼 ; chinois traditionnel : 蘇軾 ; pinyin : Sū Shì ; EFEO : Sou Che), né le 8 janvier 1037 à Meishan, Sichuan, et mort le 24 août 1101 à Changzhou, aussi connu sous le nom de Su Dongpo (苏东坡 / 蘇東坡, Sū Dōngpō, EFEO : Sou Tong-P’o), était un homme politique (mandarin) de la dynastie des Song du Nord (960-1127) reconnu très jeune comme un homme d’exception par son brillant succès au concours de doctorat….

    • Merci Mareria, youpi on a retrouvé le poète Su Dongpo en espérant qu’il s’agit du même :

      « Miroir de l’eau. Temps de printemps.
      Brume légère, douce est la pluie.
      Le lac de l’Ouest, une jeune fille,
      Belle au réveil, belle au coucher.»

      … mais rien sur le jarret de porc qui porte son nom !

      • Ah Monique , bien malin celui qui arrivera à mettre le « jarret de porc » dans un poème .
        Mais ….. , on peut cuisiner avec poésie , tout au moins pour présenter les plats .
        Quelques fleurs comestibles , une branche de romarin , un petit croquant de riz , et voilà !
        Tout commence avec les yeux , nous disent les grands cuisiniers ! rire .

  14. « Su Shi écrit deux textes en prose poétique (ou fu) à La falaise rouge pendant son séjour à Huangzhou. » ; ne pas confondre ce fu-là avec celui qu’on trouve dans tofu, aliment d’origine chinoise, issu du « caillage » du lait de soja. Tofu  » s’analyse morphologiquement comme « pourriture de haricot »..Un Osso bucco au tofu ne doit pas être génial…

  15. Le porc, mais les plus grands l’ont aimé….. voici Paul Claudel à vous laisser sur les jarrets :

    Le Porc

    Je peindrai ici l’image du Porc.
    C’est une bête solide et tout d’une pièce ; sans jointure et sans cou, ça fonce en avant comme un soc. Cahotant sur ses quatre jambons trapus, c’est une trompe en marche qui quête, et toute odeur qu’il sent, y appliquant son corps de pompe, il l’ingurgite. Que s’il a trouvé le trou qu’il faut, il s’y vautre avec énormité. Ce n’est point le frétillement du canard qui entre à l’eau, ce n’est point l’allégresse sociable du chien ; c’est une jouissance profonde, solitaire, consciente, intégrale. Il renifle, il sirote, il déguste, et l’on ne sait s’il boit ou s’il mange ; tout rond, avec un petit tressaillement, il s’avance et s’enfonce au gras sein de la boue fraîche ; il grogne, il jouit jusque dans le recès de sa triperie, il cligne de l’œil. Amateur profond, bien que l’appareil toujours en action de son odorat ne laisse rien perdre, ses goûts ne vont point aux parfums passagers des fleurs ou de fruits frivoles ; en tout il cherche la nourriture : il l’aime riche, puissante, mûrie, et son instinct l’attache à ces deux choses, fondamental : la terre, l’ordure.
    Gourmand, paillard ! si je vous présente ce modèle, avouez-le : quelque chose manque à votre satisfaction. Ni le corps ne se suffit à lui-même, ni la doctrine qu’il nous enseigne n’est vaine. « N’applique point à la vérité l’œil seul, mais tout cela sans réserve qui est toi-même. » Le bonheur est notre devoir et notre patrimoine. Une certaine possession, parfaite est donnée.
    — Mais telle que celle qui fournit à Énée des présages, la rencontre d’une truie me paraît toujours augurale, un emblème politique. Son flanc est plus obscur que les collines qu’on voit au travers de la pluie, et quand elle se couche, donnant à boire au bataillon de marcassins qui lui marche entre les jambes, elle me paraît l’image même de ces monts que traient les grappes de villages attachés à leurs torrents, non moins massive et non moins difforme.
    Je n’omets pas que le sang de cochon sert à fixer l’or. »

  16. Le porc a son éloge, voici Philippe Sollers qui entre en scène avec sa gamme de palettes (de porc) :

    « Contrairement à sa légende impure, le porc est une merveille de netteté, de charme et de complétude. Sade, en prison, a envie d’en manger, il écrit donc à sa femme en l’appelant « porc frais de mes pensées ». Mozart était très amateur de « carbonade », et c’est peut-être l’une d’elles qui l’a empoisonné à Vienne. Claudel, enfin, dans son apologie Le Porc, n’oublie pas de rappeler que le sang de porc « sert à fixer l’or ».
    Le dictionnaire nous dit que « porc », appliqué à un être humain, veut dire « homme sale, débauché, glouton ». Quelle erreur ! La viande de porc est la variété et la délicatesse mêmes. Voilà un animal alchimiste qui transforme toute ordure en or. Le comportement pig est un ratage de ce processus d’une finesse extrême. J’ai peu à peu abandonné le bœuf pour le porc, en ne gardant, comme viandes, que la tête et le ris de veau. D’une certaine façon, j’allais vers la Chine qui, comme on sait, a son Année du Cochon.
    Le porc, cette perle. Tout est bon, chez lui, rôti, côtelettes, jambon, jambonneau, saucisson, saucisses, travers, pied. Le féminin de porc, «truie», ne convient pas. Il faut dire porce. Dans Une saison en enfer, Rimbaud dit qu’il « a aimé un porc ». Je peux exprimer, sans me vanter exagérément, que j’ai aimé bien des porces, je veux dire des femmes vraiment mangeables, ce qui n’est pas si courant.
    Demandez à ma femme, Julia Kristeva, de vous préparer une palette de porc, avec des rondelles d’ananas et des clous de girofle. Ce plat est une splendeur. Vous buvez en même temps un margaux, et la perfection est là. Le rôti de porc, selon moi, doit se manger froid, et le choix de la moutarde compte. Pour les amateurs impénitents de mayonnaise, c’est le moment de l’employer savamment.
    Le saucisson va avec le whisky, ils s’appellent.
    Et maintenant vous allez nous dire que vous aimez la choucroute en hiver ? Évidemment.
    Avec le porc, vous êtes d’emblée dans la grande culture occidentale, en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie. Comment ne pas évoquer le jambon très fin (le San Daniele), et le mot d’entrée, prosciutto, avant le dîner? Le jambon de Parme vous fait penser à Stendhal ? Vous avez raison. Le porc, enfin, se marie on ne peut mieux avec les pâtes : goûtez-moi cette carbonara.
    On m’a compris : le porc est rejeté ou haï à cause de son infini. Je garde quand même le poulet, mais il faut qu’il soit préparé, une fois par an, dans l’île de Ré, par Valérie Solvit. Sinon, poisson, et encore poisson.
    Mais ceci est une autre histoire »

  17. Je vais de découverte en découverte, il existe un Almanach des Gourmands, pas facile à se le procurer c’était au 18e siècle, mais Alexandre Grimod de la Reynière (1758-1838) était un fin gourmet, il a fait aussi l’éloge du cochon, il serait né infirme et sans doigt…pas facile pour lui de dire « que le plat est bon à s’en lécher les doigts » !!! … son amour de la gastronomie, « la postérité a principalement gardé mémoire de ce dernier aspect de sa personnalité et le considère, aux côtés de Brillat-Savarin, comme l’un des pères fondateurs de la gastronomie occidentale moderne ». Bonne fin de soirée.

    • Monique , vous avez trouvé des textes truculents sur le cochon . Le jarret de porc polonais
      s´appelle le golonka , qui est servi ( d´après les photos ) avec des p-d-t et de la choucroute .
      Et en Angleterre , c´est le Gammon Shank . je ne vois pas le rapport avec le Backgammon , mais il y en a surement un : ))

      • Darie, je crois que si l’on poursuivait nos recherches, on trouverait des originalités, beaucoup de lectures sur les sites « books » mais il est impossible de faire un copier-coller. Il faudrait donc recopier et c’est long. Un fait amusant, j’ai un gendre qui est Alsacien, ses parents ont d’abord été Allemands puis ensuite Français, d’ailleurs ils parlent alsacien mais aussi l’allemand qui est proche et il me dit que, contrairement à ce que nous pensons, la choucroute n’est pas le plat national en Alsace …….. sur la photo, oui, le golonka fait saliver. et le gammon shank a la même présentation ………………. nous insultons notre pauvre cochon avec des expressions « sale comme une soue à cochons » et pourtant c’est un animal propre et intelligent…. on dit aussi « des yeux porcins », encore une méchanceté de plus dans l’arsenal des idées toutes faites. Je ne tenterai pas de comprendre pourquoi il est banni de la nourriture selon certaines croyances, franchement le canard de la mare ou bien le poulet dans le poulailler sont aussi sales. Le cochon se roule dans la boue pour se débarrasser de ses parasites, j’ai vu d’autres animaux faire de même. Combien de millions de personnes il pourrait nourrir ?
        J’ai bien aimé Peggy la cochonne, de la série des Muppets Show, amoureuse de Kermit la grenouille ou encore de Babe, ce petit cochon intelligent ..et le grand méchant loup et les petits cochons.

      • Darie je viens de lire pour Backgammon fait partie du Jeu des Tables,  » en France, le « toutes tables » apparaît en 1534 dans la liste des jeux du Gargantua de Rabelais… un lien possible ?

      • Monique , il y a une publicité sur les sites suédois , (que je ne vois plus et c´est dommage ),
        pour faire le bon cadeau . Et on voit un homme offrir un mignon petit cochon enrubanné , à son épouse , pour Noël . Mais le cochon finit par prendre une place énorme dans la maison !
        Il fait les placards , ouvre le frigidaire , met un désordre innommable , etc.
        Quand il devient infernal , il faut sacrifier et le manger ! L´ennui , c´est comme le lapinou de la famille , on s´y attache …. je connaissais une famille près d´ici , avec deux petits cochons roses et noirs . A croquer ! Bonne soirée , tutti .

  18. Bonjour en ce matin ensoleillé, pas de porcherie ni de soue ici, je vais continuer le nettoyage du printemps, j’en suis aux chiffons, je vais dégraisser les armoires……. et les chaussettes ? vous avez vu ce que l’on garde comme chaussettes alors qu’on n’a que deux jarrets, enfin je veux dire deux pieds ? ah, elle a la couenne solide cette expression  » je garde, ça peut toujours servir » et HOP 50 ans avec cette phrase et il faut construire des annexes :))) finaud celui qui trouvera un poème avec le jarret…il faut faire appel à Circé la magicienne qui transformait les hommes en porcs ; déjà le porc était insulté :))) reste Ovide et ses porcs marins mais là point de jarret dans l’Art d’aimer. Je laisse la charcuterie aux suivants du petit matin, un peu de mise en forme des jarrets avec quelques mouvements d’assouplissement…. à plus.

  19. Bonjour: soleil et fraîcheur, avec ce passage du « Cantique des Cantiques « , 5, traduction André Chouraqui:
    « 8 Je vous adjure, filles de Ieroushalaîm, si vous trouvez mon amant, que lui rapporterez-vous ? Que je suis malade d’amour…
    9 Qu’est ton amant de plus qu’un amant, la belle parmi les femmes ? Qu’est ton amant de plus qu’un amant, pour que tu nous adjures ainsi ?
    10 Mon amant transparent et rouge, éminent au-dessus des myriades,
    11 sa tête est d’or vermeil; ses boucles ondulent, noires comme le corbeau.
    12 Ses yeux, telle des palombes sur des ruisseaux d’eaux, baignent dans du lait, habitent en plénitude.
    13 Ses joues, telles une terrasse d’aromates, sont des tours d’épices; ses lèvres, des lotus, dégoulinent de myrrhe ruisselante.
    14 Ses mains, des sphères d’or remplies d’émeraudes; son ventre, un bloc d’ivoire évanoui dans des saphirs.
    15 Ses jarrets, des colonnes d’albâtre fondées sur des socles de vermeil. Sa vue comme le Lebanôn, il est élu comme les cèdres.
    16 Son sein est douceurs, son tout désirable. Voilà mon amant, voilà mon compagnon, filles de Ieroushalaîm. »

    • Bonjour Mareria, je n’aurais pas osé :)))))))))))))))))))))) voici un extrait de la Genèse 49:6

      « Que mon âme n’entre point dans leur conciliabule,
      Que mon esprit ne s’unisse point à leur assemblée !
      Car, dans leur colère, ils ont tué des hommes,
      Et, dans leur méchanceté, ils ont coupé les jarrets des taureaux « 

  20. Bonjour sous un soleil timide , mais qui va s´enhardir . Un air de printemps règne dans l´air .
    Mais encore un mois d´attente , voire plus , pour les jonquilles , les narcisses et les tulipes .
    Un temps qui va tenter Klaus pour jouer à la pétanque . Et à propos , le cochonnet du jeu de boules s´appelle différemment selon les régions , comme gari , têt , petit ou bouchon .
    Certains disent le palet , mais là , stop ! le palet , c´est pour le hockey sur glace , j´en sais quelque chose ….
    Mais le cochonnet est aussi un dé à 12 faces , un jeu qui se perd sans doute . Je ne connais pas . Mais qui connait encore les jeux de société ? C´était pourtant si amusant .
    Je guette le telefon … Bonne journée , au soleil aussi .

  21. Je viens de tomber sur une pépite, à savoir les pages de la correspondance de Flaubert, en 1851: il voyage en Grèce à cheval avec son ami Maxime Du Camp, puis retour par Naples, Rome :
     » Nous avons eu généralement mauvais temps depuis Athènes jusqu’ici. Nous passions les rivières à gué ; souvent nous avions de l’eau jusqu’au derrière, et nos chevaux nageaient sous nous. Le soir nous couchions dans des écuries, autour d’un feu de branches humides, pêle-mêle avec les chevaux et les hommes. Le jour, nous ne rencontrions que des troupeaux de moutons et de chèvres, et les bergers qui les gardaient avaient à la main de grands bâtons recourbés comme des crosses d’évêque. Des chiens au museau noir se ruaient sur nous en aboyant et venaient mordre nos chevaux au jarret, puis au bout de quelque temps s’en retournaient. La Grèce est plus sauvage que le désert ; la misère, la saleté et l’abandon la recouvrent en entier. J’ai passé trois fois par Éleusis. Au bord du golfe de Corinthe, j’ai songé avec mélancolie aux créatures antiques qui ont baigné dans ces flots bleus leur corps et leur chevelure. Le port de Phalère a la forme d’un cirque. C’est bien là qu’arrivaient les galères à proue chargées de choses merveilleuses, vases et courtisanes. La nature avait tout fait pour ces gens-là, langue, paysage, anatomies et soleils, jusqu’à la forme des montagnes, qui est comme sculptée et a des lignes architecturales plus que partout ailleurs. »
    Il n’est pas bon du tout dans l’évocation des « antiquités » , mais beaucoup de sites « antiques » n’étaient pas encore fouillés! A Mycènes, seule était visible le haut de la Porte des Lionnes
    mais ce qui est passionnant, ce sont tous les détails de ce voyage haut en couleurs.
    http://flaubert.univ-rouen.fr/correspondance/conard/outils/1851.htm

  22. J´ai relu les commentaires , et inévitablement j´en vois un ou deux qui m´avaient échappée .
    Dessiner la ligne de long des mollets , c´était quand amusant et touchant je trouve .
    Il y a eu aussi l´époque des socquettes blanches en souliers , cela a un petit air désuet et plaisant , surtout quand les demoiselles étaient sur leur bicyclette , avec une robe fleurie et un petit béret bien posé sur le côté .
    Un poème à la gloire de la charcuterie corse . Tous les meilleurs produits du terroir corse y
    sont ! Yannicku ! hou-hou !
    -Une vie de cochon-
    Le levante mugit dans les pins laricios,
    Jouant de ses accords sur les fines aiguilles
    Afin d’interpréter un sobre oratorio
    Qui sied au dénuement des sommets qu’il houspille.

    Mais lui est à l’abri sous les feuillus épais
    Qui couvrent les versants de l’étroite vallée ;
    Pour chercher sa pitance, il n’est jamais en paix,
    Farfouillant de son groin la terre bosselée.

    Au printemps, la montée des sèves dans l’aubier
    Révèle des parfums goûteux qui le fascinent
    Et, sur le sol fumé, un richissime herbier
    Qui trahit son envers d’oignons et de racines.

    L’été, il s’aventure un peu sur les hauteurs,
    C’est l’occasion de bains dans de frais marécages
    Et lorsque passent là des files de marcheurs,
    La possibilité de menus chapardages.

    Après qu’il ait connu bombance de pignons,
    L’automne lui fournit des ventrées de châtaignes,
    Des récoltes de glands, d’odorants champignons,
    Avec des grognements de plaisir qui l’étreignent.

    Compagnon de l’orpin et du genévrier,
    Détrousseur d’arbousier et orpailleur de truffes,
    Le bougre en liberté n’a rien à envier
    A ses cousins velus, noirs comme des tartuffes.

    Il finira sans doute en coppa, en lonzu,
    Sa couenne deviendra fin morceau pour la soupe,
    Son foie figatellu, sa cuisse prizuttu
    Et même son museau sera mis en découpe.

    Mais vaut-il mieux servir de déjeuner aux vers
    Dans une caisse au fond d’une fosse profonde
    Après avoir été la proie d’un univers
    Sans plus d’attache avec la Nature féconde ?
    de Renaud Bosc .
    Je ne sais pas ce qu´est une « cuisse prizuttu » , un jarret de prix sans doute , de bonne qualité : )

  23. Oui, Dominique! Mai Flaubert apparemment fait tout revivre en pensée.
    Un petit passage qui me fait sourire:
    « Était-ce couenne, l’antiquité de tous ces braves gens-là ! En a-t-on fait, en dépit de tout, quelque chose de froid et intolérablement nu ! Il n’y a qu’à voir au Parthénon, pourtant, les restes de ce qu’on appelle le type du beau. S’il y a jamais eu au monde quelque chose de plus vigoureux et « de plus nature », que je sois pendu ! Dans les tablettes de Phidias, les veines des chevaux sont indiquées jusqu’au sabot et saillantes comme des cordes »…

  24. Hello, c’est toujours les jarrets ici ….. encore un tour de cochon ? j’étais au téléphone avec la chair de ma chair bref, il faut se la farcir car c’est une pipelette et ne plus, elle est végétarienne, donc pas de jarret dans la conversation… voici du Queneau dans « La chair chaude des mots » mais il n’est pas question du jarret !

    Prends ces mots dans tes mains et sens leurs pieds agiles
    Et sens leur cœur qui bat comme celui d’un chien
    Caresse donc leur poil pour qu’ils restent tranquilles
    Mets-les sur tes genoux pour qu’ils ne disent rien
    Une niche de sons devenus inutiles
    Abrite des rongeurs l’ordre académicien
    Rustiques on les dit mais les mots sont fragiles
    Et leur mort bien souvent de trop s’essouffler vient
    Alors on les dispose en de grands cimetières
    Que les esprits fripons nomment des dictionnaires
    Et les penseurs chagrins des alphadécédets
    Mais à quoi bon pleurer sur des faits si primaires
    Si simples éloquents connus élémentaires
    Prends ces mots dans tes mains et vois comme ils sont faits »

    Et nos pétesses de service ? pas de jarret en vue mais la chair, avec Marguerite Burnat-Provins (1872-1952) un très beau poème en 7 chants lyriques, voici le premier :

    Je t’aime

    Personne ne m’a appris ce mot. Je l’ai senti venir des profondeurs de ma chair, monter de mon sang à mes lèvres et s’envoler vers ta jeunesse et la force féconde qui est en toi.
    Je l’ai entendu sortir de ta bouche avec ivresse. C’est un oiseau doré qui s’est posé sur mes yeux, si doucement d’abord, et puis si lourdement que tout mon être en a
    chancelé.
    Et je me suis abattue dans tes bras, tes grands bras où je me sens fragile et protégée.
    La parole qui promet et qui livre, la parole sacrée jailli de notre vie ardente, planait sur nos têtes dans un clair rayon. Sylvius ! te souviens-tu ?
    Alors j’ai vu passer l’Heure, l’Heure unique qui nous souriait et levait dans ses mains un caillou blanc.
    Sur sa tunique, une à une, lentement les roses de son front s’effeuillaient.
    J’ai vu cela à travers mes paupières fermées, la joue appuyée contre ton cœur qui marque des secondes éblouissantes, comme un balancier de rubis. ».

    Un vent glacial chahute les chevelures (ouah !!!) ça sent les gelées pascales !

  25. J’ai honte d’avoir oublié Andrée Chédid que j’aime tant, sa poésie prend au cœur et à la gorge, quelle puissance que ses mots …..voici un petit extrait de « La mort devant », le dernier chant comme celui du cygne :

    Avec ce cœur qui plombe ta chair
    Avec ce regard qui voyage
    Avec ce corps qui te resserre
    Avec ces années qui te rythment

    Dans la forêt de tes gestes
    Dans l’aventure de ta parole

    Portant l’atlas de tes souvenirs :

    Tu retourneras à tes os

    Blanchi de tes viscères

    Purgé de ton sang

    Filtré au crible de la mort

    Tu te nicheras dans tes os

    Jusqu’à l’ultime échange. »

  26. Bon, personne sur la page, le jarret serait-il à genou ? voici Jacques Roubaud un poète de 83 ans, il a reçu plusieurs prix littéraires couronnant l’ensemble de son œuvre : le Grand prix national de la poésie (1990) et le Grand prix de littérature … extrait de « ce que dit le cochon », j’ai pris les cinq vers du milieu :

    « J’aime les mots gras et porcins
    jujube, pechblende pépère
    compost lardon chouraver
    bouillaque tambouille couenne
    navet vase chose choucroute ».

  27. bonjour..
    la viande et la chair ..cela m’est m’est chère , j »arrête pas de manger du jarret , un bon petit jarret de porc rôti au miel le délice des gourmets , ail! ail! le jarret de bœuf braisé a la provençale , sur une tranche de pain aux olives une bonne tranche de terrine de jarret de porc en gelée pour avoir chaud a l’estomac , au caramel , a la crème aux olives au vin et farcie pour le plaisir , cela me donne faim comme toujours , je susi aps cavalie rnon plus de cavalerie mais je sais que si on tire sur les mors le cheval stop net cela se dit position sur leurs jarrets , j’ai écouter cela ou lu sur un livre alors ma mémoire l’a retenue voila tout , j’ai connu la fameuse jarretière pour les femmes , c’était très jolie a faire glisser avec les lèvres ( bon dans une autre vie je suppose moi j’étais un légionnaire parachutiste d’une nuit mais pas sans amour d’un jour aussi fort que celui de toujours ) , j’ai vue jeune les jarretières a chaussettes pour homme ( hi!hi!) , les femmes de joie ( je suis polie ou de plaisir ) en indo il garder leurs billets dans les jarretières , la vie du légionnaire c’est le combat mais parfois un combat aussi difficile pour rester seul la nuit en permission , voila …j’ai des histoires de femme mais bon …rigolote …mais je suis un homme sérieux ….j’ai vue des camarades avoir sur leurs canons de fusil une jarretière pour faire rire la compagnie ou sur le casque ..GO!GO!

    • Comment, papy, tu étales du jarret sur une tranche de pain ? ça doit pas être commode ! le jeu de la jarretière, c’est dans un mariage en général…. une tradition perdue car on ne se marie plus ! le top du jeu, c’était de faire monter les enchères pour avoir la jarretière de la mariée.

  28. Je vais aux emplettes et voir au rayon boucherie ce qu´on me propose . J´ai noté jarret de
    veau pour l´osso bucco . Il faut que je me lance une bonne fois . Cela a ravivé de bons souvenirs , et comme le voyage en « Hauts-de-France » est prévu , je vais z´y re-gouter .
    Monique , que dites-vous de cette nouvelle appellation ? Nord-Picardie , c´eut été mieux .

    • C’est affreux Darie, je l’ai dit sur l’article du journal mais mon com. a été refusé ! j’ai parlé de terroir, de patois, d’identité et d’histoire (de chaque région) des mots à bannir du vocabulaire ! en plus cette lavette élue a été lamentable ce midi au JT, un paillasson ! nous n’avons même pas le choix, ce sont des lycéens qui ont été consultés ! les hauts-de-France, comme je l’ai dit, le nom est amusant elle qui ne connait que des bas…. Maud rame pour eux, un grand décalage avec ce que nous pouvons lire avec les chroniqueurs attitrés qui ont encore la possibilité de s’exprimer comme nous ne pouvons plus le faire. Je me demande si les Pyrénées vont s’appeler les Bas- de- France, j’imagine leur joie. Il n’y a que le Nord pour être ainsi sinistré !
      Un jarret de veau c’est très facile à cuisiner, il faut juste surveiller la cuisson, amener l’ordi à côté de la cocotte ! soyez ferme sur les prix, un slogan français !!

  29. dans les années 1950 un soir de lune j’avais un rendez vous avec une jeune fille française d’un riche marchand , d’un coup le père de la jeune fille entra dans la chambre avec un fusil semi-automatique MAC 24/29 une arme de guerre , il a crier je vais te tuer le légionnaire ( il avait vue mon képi blanc ma ceinture bleu ( tradition légion ) mon short et ma chemise sur la chaise ( bien ordonner en plus ) , j’ai sauter du lit j’ai juste eu le temps de prendre ma chemise en passant , dehors l’homme me tirait dessus j’étais cacher derrière un gros tonneau , quand le magasin fut vide j’ai couru vers lui un coup de poing et paf je suis entrer dans la chambre j’ai pris mon képi et paf le voila qui retire de nouveaux , j’ai sauter par la fenètre et fait le tour je voulais pas entrer au camp sans mon schort il a fallut que je fonce sur lui quand il tirait sur moi j’ai envoyer un coup d epoing plus frt et un coup de pied sur son nez quand il était a genoux pour la tranquilitée , j’ai recuperer mon schort et entré habillé au camp j’allais pas traversser le fleuve rouge sans rien sur les fesses ……hi!hi!….bon j’étais jeune et elle était belle cette jeune fille…..GO!GO!

    • Hello papy, je ne t’avais pas vu derechef !!! bon, ton histoire, tu ne l’a pas rêvée des fois ? à moins que tu ne te sois attaqué à une jeune fille corse ou sicilienne ! si tu avais choisi une parisienne d’aujourd’hui, le père serait revenu avec un bouquet de fleurs en te disant « salut mon gendre » ! évidemment, pour entrer au camp, quand il n’est pas de nudistes, il faut avoir son short….à mon avis, le père était antimilitariste, et son fusil c’est pour tuer les lapins !

      • les riches marchands des colonies n’aimait pas le militaires comme nous pas du tout , nous avions pas le droit aux plages si ils y était et ailleurs …..des riches gaullistes ….de la racaille ….il avait l’habitude des armes il tuer leurs esclaves tout les jours ….

      • pourquoi les filles en corse ….j’ai jamais eu de problème en corse avec les familles …..du moins les femmes j’avais plus 20 ans …..mais dans les colonies c’était eux les bras de la justice ….

  30. ce lundi une sacré journée , de retour de village un clou a fait un petit trou dans le pneu , c’est aps grave je dis on va mettre la roue de secours , une fiat punto belle comme une déesse , nous avons trois FIAT une brava un doblo et la punto , on ouvre le coffre on soulève la belle moquette noir …surprise par de roue de secours mais un kit de réparation crevaison pneus ,avec des outils des mèches ciments et une pompe électrique , hi!hi!…nous avions jamais vu ces trucs nous , comment sa marche …nous avons lu la notice , chercher le clou vis , nous avons enlever fait un trou plus gros avec l’outil mis la mèche dans l’outils mis le produit du tube sur la mèche entrer la mèche dans le trou et un tour a droite et tirer et paf la mèche a boucher le trou , une lame pour couper le trop de mèche , gonflage …le truc 12 volts la dans le coffre ne marche pas ni l’allume cigare 12 volts, hi!hi!…un camarade dit c’est le fusible il faut le changer …ou sont les fusibles dans cette voiture …mafois un opinel et paf adieu le truc embout pour allume cigare et direct pour la batterie , mais voilou le fil trop court pour aller a la roue , pas de cric dans cette voiture …on enlève la batterie et paf a coté de la roue le pneu gonfler a bloc …on remet la batterie la voiture en panne écrit faire le code …on appelle FIAT il dise qu’il faut pas enlever la batterie a cause du code antivol et autres …exemple (142221) pour le 1 mettre le contact appuyer trois fois sur l’embrayage et une fois sur l’autre pédale , le 4 …et mince impossible ….donc comment faire …en panne a 6 bornes du domaine …surtout que dans la voiture le casse-croûte de 10h00 a non on abandonne pas la bouffe nous et la bière cela jamais on préfère mourir sur place ( pas de faim ni de soif ) , d’un coup FIAT nous rappelle il nous demande les numéro de la carte grise de la voiture ( il ont mis la voiture en route a distance de paris en provence ) un miracle ou je sais pas ….par téléphone avec un code ..ou un lutin nain invisible est venu faire les codes …ou une fée a moitié nue …bé oui en rose fluo ont l’aurait vue arrivée quand même ..GO!GO!

    • Bonsoir Klaus , J´ai moins peur avec vos aventures en auto , que vos aventures avec les demoiselles . Parfois , cela termine à coups de poing pour la belle … ( la femme du colonel : ))
      Je sais pourquoi il y avait un kit réparation . La principe du Légionnaire en promenade , c´est
      « Débrouille-toi  » . Donc , vous avez poussé la Berlingo à quatre ? hi-hi …

      • négatif il parait que beaucoup de voitures moderne il n’y a plus de roues de secours ( question poids ) ..ou alors en option moi je le savais pas ….dans ces colonies il fallait faire très attention a ces gens riches il avait le bars long ( il y a une histoire sur eux ) de légionnaire qui pisse a près un géranium …un légionnaire qui après avoir bu un tonneau de bière a envie d’uriné , il ouvre sa braguette et se lache après un beau géranium , ne femme se met a son balcon et dit au légionnaire , tu veux que je t’aide légionnaire j’ai le bars long je connais ton colonel ..et la vielle si tu a s le bras si long tu peux refermer ma braguette hi!hi!…ah! oui la femme du colonel et les yeux pochés …c’est cela qui veut dire la devise un pour tous tous pour un ……bises a demain ..GO!GO!

      • Klaus , si j´ai un pneu crevé , je rentre à pied chez moi , à coups de jarret , et j´appelle mon gouvernement . Je n´aime pas le cambouis sur mes mains , et encore moins sur mes vêtements . Le problème des mécaniciens du dimanche , c´est que tout est électronique maintenant . Un petite Berlingo pleine de mécaniques de l´ancien temps , c´est mieux .
        J´ai un voisin qui bricole sa 2CV ( une antiquité ) tous les WE d´été . Il a mis un Obélix
        à l´arrière , et sur le toit , il a fixé une vieille valise en cuir , qui date de Mathusalem : )
        Les suédois ont un sens de l´humour bon enfant .

  31. bon je vais filer en douce a pattes de velours sans faire de bruit dans un silence totale direction la douche , il faut pas prendre du retard sur la viande et la chaire sur la table offerte dans les plats , après une matinée de fou et du retard au travail il a presque fallut que l’on fasse des heures supplémentaires soumises a un régime juridique particulier.pour ne pas prendre du retard pour le casse-graine , tout est rentrer dans l’ordre en fin de journée , la cour est rangée propre la grange di pascal et le garage aussi , demain je suis de cuisson hi!hi! , toute la journée …..un peu de repos car la semaine prochaine je suis de ( semaine donc les corvées ) , remarque ont le fait tout les jours …avant 8 heures tout le monde ramasse les mégots papiers et autres a 8 rapport ( l’appelle ) travail a a 13h30 ( tout le monde ramasse les mégots papiers et autres) a 14h00 le rapport ( l’appelle ) et travail , c’est propre pas un brin d’herbe plus haut qu’un autre ni un fleur plus rose qu’une autre ..c’est au carré …a l’intérieur comme a l’extérieur ..rigolez pas ( les lits il y a des bouchons en haut (4 aux têtes de lits) les bouchons son enlevés et essuyer intérieur et l’extérieur , tout brille ( les robinet brille faut des lunettes de soleil hi!hi! ) une revue tout les vendredi des baraquements …avec un gant blanc ( les robinet les cuivres et le reste ,) donc c’st plus que le nickel chrome( formule 80 % de nickel et à 20 % de chrome, ) chez nous c’est du 200 % de brillance , même les pneumatiques brillent ….des voitures ( quand le véhicule est rentrer il passe a la toilette ( huile de coude et cirage ) pour les flancs …le matériel est cher comme tout le reste donc on fait le nécessaire …mère denis !…Oui! Ouié ! je suis la ! non ici ! non la ….bises …GO!GO!

      • Ce n´est pas grave , j´ai tourné l´ordinateur dans l´autre sens : )) Vous n´êtes pas dyslexique ,
        par hasard ? Si c´est le cas , ce n´est pas grave , cela se corrige .
        Notre bon roi Karl XVI Gustav , ainsi que sa fille , la future reine Viktoria , sont dyslexiques .
        Le roi n´a pas étudié beaucoup en classe , il préférait les voitures de course et les filles …
        Mais Viktoria a étudié toute sa vie , avant d´avoir des enfants .
        Maintenant , elle dit areu-areu et gouzi-gouzi à son petit Oskar , et elle fait de la pâtisserie
        avec sa petite fille .

  32. Bonne soirée Klaus!
    Mais ils sont complètement tombés sur la tête avec ces Hauts de France, du Hurlevent, etc Au secours, et demain on enlève le haut etc etc…………………
    Je viens de voir un film qui va rester gravé, excellent: « Les Innocentes » d’Anne Fontaine, sorti récemment. On peut en voir l’histoire et les critiques partout.

    • Mareria , Hurlevent : ) Je ne comprends pas que l´on modifie les noms propres français .
      Le pire « nom  » pour moi , c´est la région paca , c´est un acronyme qui ne représente pas une
      réalité historique . Un vrai nom est quand même élégant .
      J´ai entendu parler du film Les Innocentes . Je vais toujours une fois au cinéma quand je suis en France , et j´y vais dans quelques semaines . J´apprécie toujours les faits réels , même si ce ne sont pas de belles histoires .

      • Darie, la région paca était devenue, chez certains comiques des revues de presse, la région caca !
        …..où sont nos chansonniers d’antan et qu’auraient-ils dit devant la liberté d’expression qui n’existe plus puisque n’importe qui fait un procès pour n’importe quoi. Avocat, un métier d’avenir !

    • Mareria, et vous ne savez la dernière ? on nous appellerait les heautistes ! avant de partir, ils font des dégâts…. et le prochain ne pourra plus rien ! nous avons vu de larges extraits du film Les innocentes, le viol des religieuses n’a jamais été abordé et pourtant il y en a eu beaucoup dans notre histoire, y compris en Espagne. Une question difficile est posée, je ne saurais y répondre, il faut avoir la foi en l’homme et là ce n’est pas facile.

      • Et aussi en Argentine . Des viols , et aussi les  » petites sœurs volantes  » , quand elles étaient précipitées des avions . Quelle imagination dans le Mal au cours des siècles , c´est terrible .
        Quand à heautistes , Monique , vous nous faites une blague ? ah … ouf , j´ai eu peur …

  33. Darie, ce film a une portée « thérapeutique », il me semble qu’il est dans la veine du film « Des dieux et des hommes » et je pense que c’est un bon film émouvant et moral…. le fait qu’une religieuse soit violée ce n’est pas plus grave, à mon sens, que lorsque c’est une petite fille…. durant la seconde guerre mondiale, un million de berlinoises dont des très jeunes filles, ont été violées par l’armée russe, Staline avait dit aux hommes « les femmes seront le trophée de votre victoire »….de tous temps, le viol est une arme de guerre, regardez en Afrique…. j’espère qu’un jour on osera faire un film sur les petites filles innocentes mariées de force par les parents ou le martyr des femmes et fillettes yézidies (ou chrétiennes) otages d’un état barbare, et c’est maintenant, de nos jours. Le miracle de la vie existe mais je doute que, dans ce cas, on puisse l’accepter comme tel…. mais je ne suis pas religieuse …. justement le mal est trop grand et indigne de notre siècle.
    La Picardie n’est pas le pays des ch’tis, elle reste une épine dans le nouveau « retoquage » des régions. Comment allons-nous nous appeler ? on va demander l’avis des Calaisiens !!!!!!!!

  34. On change le français et la géographie à l´envi (… l´envie des politiques ) . Alors au lieu de dire  » Monsieur Untel est droit dans ses bottes » , nous dirons « Monsieur Untel est ferme sur ses jarrets » , comme une haridelle mal débourrée. Cela lui fera les pieds : )
    C´est rosse , mais tant pis , hi-hi .

  35. Darie, sauf que vous ne passerez pas Maud avec le mot jarret, essayer déjà de parler du cochon dans les articles car cela peut décoiffer une certaine catégorie de personnes, imaginez que nous parlions des jambons de telle ministre ou alors de la tête de cochon de. certains…..bref, mais j’y pense, celui qui est droit dans ses bottes perd du terrain, on lui avait pourtant dit de ne pas faire de sieste, on est si vite oublié quand on dort ! aurait-il déjà les jarrets qui flageolent ?

    • Monique , je m´auto-censure souvent , et je connais la liste des mots tabous maintenant !
      Mais il y a aussi le truc d´attendre quelques heures . Bonne soirée .
      ( Ces Hauts-du-Nord sont vraiment ridicules … je ne m´y fais pas de bonne grâce )

  36. Dominique a écrit aussi le mot « viande »…. je ne m’aventurerai pas dans les expressions dites « de beauf », mais j’ai dégoté (si j’ose dire) un Rimbaud de derrière les fagots, peu lyrique mais il a au moins le mérite de citer la viande, je n’aime pas du tout ce mot je ne sais pas pourquoi (sans doute le début du végétarisme :)))))

    Barbare

    Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les pays,
    Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n’existent pas.)
    Remis des vieilles fanfares d’héroïsme – qui nous attaquent encore le cœur et la tête – loin des anciens assassins –
    Oh ! Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n’existent pas.)
    Douceurs !
    Les brasiers, pleuvant aux rafales de givre,
    – Douceurs ! – les feux à la pluie du vent de diamants jetée par le cœur terrestre éternellement carbonisé pour nous.
    – O monde ! –
    (Loin des vieilles retraites et des vieilles flammes, qu’on entend, qu’on sent,)
    Les brasiers et les écumes.
    La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres.
    O Douceurs, ô monde, ô musique !
    Et là, les formes, les sueurs, les chevelures et les yeux, flottant.
    Et les larmes blanches, bouillantes,
    – ô douceurs ! – et la voix féminine arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques.
    Le pavillon…  »

    Rimbaud – Illuminations

    Je m’interroge sur ce Rimbaud là !
    Bonne fin de soirée à tous.

  37. Je reviens avec une découverte et la jarretelle (de la mariée)….. aller dans wkpedia et taper « quelque chose de vieux » c’est très intéressant :

    « Quelque chose de vieux (Something old) est le premier vers d’une comptine traditionnelle anglaise qui liste ce que la mariée doit avoir sur elle lors de son mariage afin de lui porter chance :

    Quelque chose de vieux,
    Quelque chose de neuf,
    Quelque chose d’emprunté,
    Quelque chose de bleu ,
    Et un penny d’argent dans sa chaussure.

    Something old,
    something new,
    something borrowed,
    something blue,
    and a silver sixpence in her shoe »…

    « Les Anglophones se réfèrent souvent à ce poème sous le nom des « Quatre quelque chose », en omettant le cinquième vers. La comptine semble provenir d’Angleterre. Un recueil d’éléments de folklore anglais de 1898 note que :

    « Dans ce pays, un vieux couplet énonce que la mariée doit porter « Quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d’emprunté, quelque chose de bleu ». Le « Quelque chose de neuf » prend généralement la forme de jarretelles, un habit qui joue un rôle important dans certaines cérémonies nuptiales, comme la vieille coutume de l’arrachage des jarretelles par le marié. Les « Quelque chose de vieux » et « Quelque chose de bleu » sont généralement destinés à éloigner le mauvais œil. Traditionnellement, l’effet du mauvais œil sur la mariée est la stérilité, ce qui est évité par le fait de porter « Quelque chose d’emprunté », généralement les sous-vêtements d’une femme ayant déjà donné naissance : le vêtement communique la fertilité à la mariée »

    suite sur la page wkpedia…. à demain.

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