Le lieu et le dit mais pas le lieu-dit

DEVINEZ !

Le mot du jour est oracle.
Ce mot désigne aussi bien le lieu où se rendaient les oracles que le message divin.

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Chat et coquelicots à Delphes.

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23 réflexions sur “Le lieu et le dit mais pas le lieu-dit

  1. Bonjour à vous tous , et merci Dominique pour ce bel exposé .
    What a pity d´avoir attendu si longtemps pour connaitre l´avenir à coup sûr : )
    Quand on lit que la mort survenait souvent , c´est probablement parce que la Pythie avait absorbé une drogue ( serait-ce le laurier ?… ) .
    -Ainsi soit-il-
    Je suis devin, mes chers amis ;
    L’avenir qui nous est promis
    Se découvre à mon art subtil.
    Ainsi soit- il !

    Plus de poète adulateur ;
    Le puissant craindra le flatteur ;
    Nul courtisan ne sera vil.
    Ainsi soit-il !

    Plus d’usuriers, plus de joueurs,
    De petits banquiers grands seigneurs,
    Et pas un commis incivil.
    Ainsi soit-il !

    L’amitié, charme de nos jours,
    Ne sera plus un froid discours
    Dont l’infortune rompt le fil.
    Ainsi soit-il !

    La fille, novice à quinze ans,
    A dix-huit, avec ses amants,
    N’exercera que son babil.
    Ainsi soit-il !

    Femme fuira les vains atours ;
    Et son mari, pendant huit jours,
    Pourra s’absenter sans péril.
    Ainsi soit-il !

    L’on montrera dans chaque écrit
    Plus de génie, et moins d’esprit,
    Laissant tout jargon puéril.
    Ainsi soit-il !

    L’auteur aura plus de fierté,
    L’acteur moins de fatuité ;
    Le critique sera civil.
    Ainsi soit-il !

    On rira clos erreurs des grands,
    On chansonnera leurs agents,
    Sans voir arriver l’alguazil.
    Ainsi soit-il !

    En France enfin renaît le goût ;
    La justice règne partout,
    Et la vérité sort d’exil.
    Ainsi soit-il !

    Or, mes amis, bénissons Dieu,
    Qui met chaque chose en son lieu :
    Celles-ci sont pour l’an trois mille.
    Ainsi soit-il !
    de Pierre-Jean de Béranger ( 1780-1857)
    Nous avons maintenant IPSOS , BVA , madame Irma , et la météo : )
    Bonne journée ! et je n´ai pas besoin de madame Soleil pour prévoir le temps qu´il fait .
    Il fait très beau , les coqs le disent aussi .

  2. Bonjour d’un matin gris et pluvieux, ce ne sont pas les oracles mais la constatation vue de ma fenêtre, dans ses « Oracles », Alfred de Vigny a été plus disert :

    I

    Ainsi je t’appelais au port et sur la terre,
    Fille de l’Océan, je te montrais mes bois.
    J’y roulais la maison errante et solitaire.
    – Des dogues révoltés j’entendais les abois.
    – Je voyais, au sommet des longues galeries
    – L’anonyme drapeau des vieilles Tuileries
    Déchiré sur le front du dernier des vieux rois.

    II

    L’oracle est à présent dans l’air et dans la rue.
    Le passant au passant montre au ciel tout point noir.
    Nous-même en mon désert nous lisions dans la nue,
    Quatre ans avant l’éclair fatal. – Mais le pouvoir
    S’enferme en sa doctrine, et, dans l’ombre, il calcule
    Les problèmes sournois du jeu de sa bascule,
    N’entend rien, ne sait rien et ne veut pas savoir.

    III

    C’était l’an du Seigneur où les songes livides
    Écrivaient sur les murs les trois mots flamboyants;
    Et l’heure où les sultans, seuls sur leurs trônes vides,
    Disent au ciel muet : « Où sont mes vrais croyants ? »
    – Le temps était venu des sept maigres génisses.
    Mais en vain tous les yeux lisaient dans les auspices,
    L’aveugle Pharaon dédaignait les voyants.

    IV

    Ulysse avait connu les hommes et les villes.
    Sondé le lac de sang des révolutions,
    Des saints et des héros les cœurs faux et serviles.
    Et le sable mouvant des constitutions.
    – Et pourtant, un matin, des royales demeures,
    Comme un autre en trois jours, il tombait en trois heures,
    Sous le vent empesté des déclamations.

    V

    Les parlements jouaient aux tréteaux populaires,
    A l’assaut du pouvoir par l’applaudissement.
    Leur tribune savait, par de feintes colères,
    Terrasser la raison sous le raisonnement.
    Mais leurs coups secouaient la poutre et le cordage.
    Et le frêle tréteau de leur échafaudage
    Un jour vint à crier et croula lourdement.

    VI

    Les doctrines croisaient leurs glaives de Chimères
    Devant des spectateurs gravement assoupis.
    Quand les lambris tombaient sur eux, ces gens austères
    Ferraillaient comme Hamlet, sous la table accroupis;
    Poursuivant, comme un rat, l’argument en détresse,
    Ces fous, qui distillaient et vendaient la sagesse,
    Tuaient Polonius à travers le tapis.

    VII

    Ô de tous les grands cœurs déesses souveraines.
    Qu’avez-vous dit alors, ô Justice, ô Raison !
    Quand, par ce long travail des ruses souterraines.
    Sur le maître étonné s’effondra la maison,
    Sous le trône écrasa le divan doctrinaire
    Et l’écu d’Orléans, qu’on croyait populaire
    Parce qu’il n’avait plus fleur de lis ni blason ?

    VIII

    Reines de mes pensers, ô Raison ! ô Justice !
    Vous avez déployé vos balances d’acier
    Pour peser ces esprits d’audace et d’artifice
    Que le Destin venait, enfin d’humilier,
    Quand son glaive, en coupant le faisceau des intrigues
    Trancha le nœud gordien des tortueuses ligues
    Que leurs ongles savaient lier et délier.

    IX

    Vous avez dit alors, de votre voix sévère :
    « Malheur à vos amis, comme à vos alliés,
    Sophistes qui parlez d’un ton de sermonnaire !
    Il a croulé, ce sol qui tremblait sous vos pieds.
    Mais tomber est trop doux pour l’homme à tous funeste;
    De la punition vous subirez le reste,
    Corrupteurs ! vos délits furent mal expiés.

    X

    « Maîtres en longs discours à flots intarissables !
    Vous qui tout enseignez, n’aviez-vous rien appris ?
    Toute démocratie est un désert de sables;
    Il y fallait bâtir, si vous l’eussiez compris.
    Ce n’était pas assez d’y dresser quelques tentes
    Pour un tournoi d’intrigue et de manœuvres lentes
    Que le souffle de flamme un matin a surpris.

    XI

    « Vous avez conservé vos vanités, vos haines,
    Au fond du grand abîme où vous êtes couchés,
    Comme les corps trouvés sous les cendres romaines
    Debout, sous les caveaux de Pompéia cachés,
    L’œil fixe, lèvre ouverte et la main étendue,
    Cherchant encor dans l’air leur parole perdue,
    Et s’évanouissant sitôt qu’ils sont touchés.

    XII

    « Partout où vous irez, froids, importants et fourbes,
    Vous porterez le trouble. En des sentiers étroits
    Des coalitions suivant les lignes courbes,
    Traçant de faux devoirs et frappant de vrais droits,
    Gonflés d’orgueil mondain et d’ambitions folles,
    Imposant par le poids de vos âpres paroles
    A l’humble courageux la plus lourde des croix.

    XIII

    « Peuple et rois ont connu quels conseillers vous êtes,
    Quand, sous votre ombre, en vain votre prince abrité,
    Aux murs du grand banquet et des funestes fêtes,
    Cherchant quelque lumière en votre obscurité,
    Lut ces mots que nos mains gravèrent sur la pierre,
    Comme autrefois Cromwell sur sa rouge bannière :
    Et nunc, reges mundi, nunc intelligite. »

  3. Cette fois, Dominique élève son sujet assez haut, merci pour ce bel exposé avec des noms magiques comme Delphes, j’ai d’ailleurs ramené une assiette qui ressemble fort à celle de l’illustration, les assiettes de Delphes sont très belles et il n’y a plus guère qu’elles pour nous parler de la grandeur passée.
    De beaux sites à lire, les Oracles de Pindare, quel récit magnifique :

    http://www.mediterranees.net/civilisation/olympiques/pindare/pythique4.html

    Il y aussi le Temple de l’Oracle (Temple d’Amon) à l’oasis de Siwa en Egypte, de très belles photos sur :

    egytour1.blogspot.com/2012/03/le-temple-de-loracle-temple-damon.html

    Je file un petit moment car les oracles me disent que je dois m’activer en fonction de ceux du ciel.

  4. Bonjour ..
    me voila du matin divinateur , nous sommes en 2016 après jésus-christ , toute la provence est occupée par les dieux , toute , non , un domaine peuplé d’irréductibles ancien légionnaire résiste encore et toujours a ces envahisseurs , a l’entrée du domaine retranché en camp , a la haute porte d’entrée l’effigie de belisama la grande divinité venant du panthéon sans son pantalon , elle est apparue très brillante pau un matin de brume au son de corne , ce que je sais sur la belle belisama sans vouloir vous dires toutes mes sources que j’emploi depuis l’antique avec pratique , ce que je sais je l’ai pas deviné c’est mon petit doigt qui me l’a dit……..j’ai un travail monstre ( en plus cet aprème je file sur nimes ) …bises donc ..GO!GO!

  5. Kalimèra ! si l’on peut dire, car c’est la brouillasse grise et pluvieuse.
    Dominique, voila un sujet de choix…A dire vrai, j’ai eu quelques petites surprises en lisant l’énumération des sites oraculaires .
    L’astrologue britannique Sarah Bartlett ( appréciée des célébrités du monde de la musique dans les années 70 et 80) fait un copié-collé de « L’Encyclopédie moderne; ou, Dictionnaire des hommes et des choses… », volume 17 par Eustache Marie Pierre Marc Antoine Courtin ( seconde édition en 1830); à l’époque, on latinisait les noms des dieux grecs, comme c’est le cas ici.
    En tout cas, c’est une sacrée belle balade que nous permettent ces oracles, et Delphes en est un des sites les plus connus; Dodone, le plus ancien, fief de zeus qui s’exprimait par le son du vent dans les feuilles de chêne, est beaucoup moins touristique , et d’un calme « olympien »…
    Il faut aussi dire qu’ Epidaure n’était pas un site oraculaire , mais l’endroit où Asklépios -Esculape guérit, ou non, les malades venus en pélerinage : le rituel est complexe: mais Epidaure était le vrai Lourdes de l’Antiquité ( avec un théâtre en plus!): on a retrouvé beaucoup d’ex-votos de remerciement, représentant un pied, une jambe etc…
    Je viens de découvrir un site très bien fait à usage pédagogique, ( topo, plans, textes d’auteurs), qui évoque ces lieux en Grèce continentale ( pas Ammon,  » nom grec (qui signifie « sablonneux ») d’un dieu oraculaire de l’oasis de Siwa, située à 500 kilomètres à l’ouest de Memphis, capitale de l’ancienne Égypte », ni Klaros en Ionie etc).
    http://www.arretetonchar.fr/wp-content/uploads/2013/IMG/pdf/cahier_de_voyage_-_grece_antique_3d_sans_les_musees.pdf

    • Bonjour tous !
      Merci Mareria pour ces rectifications et pour redonner à César ce qui est à César et
      aux dieux leurs noms propres.
      J’ ignorais les talents d’ astrologue et de copieuse-colleuse de Bartlett, je pense que je vais effacer une grande partie de cette page , qu’ en pensez-vous ?

      • Bonjour Dominique; je vois que vous avez déjà tranché; c’était pourtant intéressant cette promenade dans ces lieux tellement chargés de mémoire oraculaire; et la petite main sur les livres du XIXème n’est pas pratique.
        Par ailleurs, le rituel observé pour la Pythie était juste: et on l’avait sous les yeux.
        J’aurais gardé cela, éventuellement, en précisant que c’est une reprise…Comment faire?

      • Chère mareria, je peux aligner de nouveau ce texte mais je ne voudrais pas participer à la propagation d’ erreurs ou
        d’ inexactitudes.
        En tout cas, admiration pour votre érudition et mes remerciements pour les corrections d’ erreurs et signalement des
        « abus ».

      • Dominique, pourquoi pas, en précisant que c’est une « reprise » ? En ce qui concerne Epidaure, il s’agissait bien d’un pélerinage pour « guérir »; le patient dormait dans un lieu ad hoc, et était censé entendre en rêve le diagnostique d’Aslépios, qu’il devait comprendre!…
        Je viens d’aller voir la page de Wk https://fr.wikipedia.org/wiki/Divination_dans_la_Gr%C3%A8ce_antique où l’on retrouve les mêmes infos que celles de l’astrologue , dans un style plus scolaire; c’est forcément aussi un « remake ».

  6. Je me réjouis d’avance de parcourir ces lieux ces jours-ci! mais je ne le peux cet a-m; En attendant, j’ai sorti un petit livre  » Les Oracles de Delphes  » , traduit du grec, par Jean- Paul Savignac qui recense plusieurs oracles : question posée, et son auteur,( souvent des gens connus, rois, délégations de peuples etc), réponse grecque et traduction, nom de l’auteur ou de l’ouvrage qui le rapporte .
    Plutarque, que cite Monique, s’interroge dans ses « Dialogues pythiques » : « Pourquoi la Pythie ne rend plus ses oracles en vers ? », et affirme que c’est à Delphes qu’aurait été entendu le 1er hexamètre: « Apportez des ailes, oiseaux, et de la cire, abeilles »…
    Voici ce qui est présenté comme le dernier oracle de Delphes, rendu à à Julien l’Apostat en 362 ap J.C. ( quelle longévité du site!!), très poétique et nostalgique dans le texte grec:
    «  »La belle demeure a croulé; Phoibos a perdu son foyer, son laurier prophétique et sa source chantante; elle s’est tue, l’eau qui parlait… »

  7. La Fontaine n’était pas fan des astrologues, ni des oracles:
    L’ASTROLOGUE QUI SE LAISSE TOMBER DANS UN PUITS
    Un Astrologue un jour se laissa choir
    Au fond d’un puits. On lui dit : Pauvre bête,
    Tandis qu’à peine à tes pieds tu peux voir,
    Penses-tu lire au-dessus de ta tête ?

    Cette aventure en soi, sans aller plus avant,
    Peut servir de leçon à la plupart des hommes.
    Parmi ce que de gens sur la terre nous sommes,
    Il en est peu qui fort souvent
    Ne se plaisent d’entendre dire
    Qu’au Livre du Destin les mortels peuvent lire.
    Mais ce Livre qu’Homère et les siens ont chanté,
    Qu’est-ce, que le hasard parmi l’Antiquité,
    Et parmi nous la Providence ?
    Or du hasard il n’est point de science :
    S’il en était, on aurait tort
    De l’appeler hasard, ni fortune, ni sort,
    Toutes choses très incertaines.
    Quant aux volontés souveraines
    De celui qui fait tout, et rien qu’avec dessein,
    Qui les sait, que lui seul ? Comment lire en son sein ?
    Aurait-il imprimé sur le front des étoiles
    Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles ?
    A quelle utilité ? Pour exercer l’esprit
    De ceux qui de la sphère et du globe ont écrit ?
    Pour nous faire éviter des maux inévitables ?
    Nous rendre dans les biens de plaisir incapables ?
    Et causant du dégoût pour ces biens prévenus ,
    Les convertir en maux devant qu’ils soient venus ?
    C’est erreur, ou plutôt c’est crime de le croire.
    Le firmament se meut ; les astres font leur cours,
    Le soleil nous luit tous les jours,
    Tous les jours sa clarté succède à l’ombre noire,
    Sans que nous en puissions autre chose inférer
    Que la nécessité de luire et d’éclairer,
    D’amener les saisons, de mûrir les semences,
    De verser sur les corps certaines influences.
    Du reste, en quoi répond au sort toujours divers
    Ce train toujours égal dont marche l’univers ?
    Charlatans, faiseurs d’horoscope,
    Quittez les Cours des Princes de l’Europe ;
    Emmenez avec vous les souffleurs tout d’un temps.
    Vous ne méritez pas plus de foi que ces gens.
    Je m’emporte un peu trop ; revenons à l’histoire
    De ce Spéculateur qui fut contraint de boire.
    Outre la vanité de son art mensonger,
    C’est l’image de ceux qui bâillent aux chimères
    Cependant qu’ils sont en danger,
    Soit pour eux, soit pour leurs affaires. »
    Et pourtant on se rappelle qu’un président bien célèbre consultait une « devineresse »….

  8. Ce n´est pas la prophétie de Nostradamus que j´ai trouvée , (celle de N. est assez cataclysmique , je trouve … mais « Prophétie » de Jules Supervielle , à peine moins alarmante .
    -Prophétie-
    Un jour la Terre ne sera

    Qu’un aveugle espace qui tourne
    Confondant la nuit et le jour.
    Sous le ciel immense des Andes
    Elle n’aura plus de montagnes.
    Même pas un petit ravin.

    De toutes les maisons du monde
    Ne durera plus qu’un balcon
    Et de l’humaine mappemonde
    Une tristesse sans plafond.
    De feu l’Océan Atlantique
    Un petit goût salé dans l’air,
    Un poisson volant et magique
    Qui ne saura rien de la mer

    D’un coupé de mil neuf cent cinq (Les quatre roues et nul chemin !)
    Trois jeunes filles de l’époque
    Restées à l’état de vapeur
    Regarderont par la portière
    Pensant que Paris n’est pas loin
    Et ne sentiront que l’odeur
    Du ciel qui vous prend à la gorge.

    A la place de la forêt
    Un chant d’oiseau s’élèvera
    Que nul ne saura situer,
    Ni préférer, ni entendre,
    Sauf Dieu, qui lui, l’écoutera,
    Disant : « C’est un chardonneret »
    de Jules Supervielle ( 1884-1960)

  9. Oh, mais je me méfie des prophéties, j’avais le gros bouquin de Nostradamus, je l’ai lu et relu sans comprendre grand chose, c’était un apothicaire, un homme de comptes et peut être de contes. Il a traversé la peste, mais il savait qu’il en sortirait indemne euh….. bref, il pratiquait des « soins palliatifs » à domicile…. dont les fameuses saignées qui ont épuisé plus d’un mourant … justement on le compare à Plutarque mais c’est un peu exagéré nous sommes dans un autre siècle, c’est surtout l’astrologue d’une très grande reine, et là nous en savons beaucoup plus, avec ou sans oracle, on mourait beaucoup dans l’entourage de cette cour là, ce n’était pas la récréation. Il est difficile de séparer oracles et voyance sans tomber sur madame soleil ou Irma, via l’horoscope de la semaine et qui sait, celui de demain vendredi 13 ! un seul oracle m’intéresserait, c’est celui de la fin du monde, surtout avec les tremblements de terre et les changements climatiques, je crois qu’on s’en rapproche, selon Newton ce serait en 2060…. je calcule le nombre de quinquennats…. euh, non ! je fais une prière en prévision de cette dernière apocalypse, elle sera grandiose, ensuite on recommencera tout à l’an zéro, on sait qu’il y a eu des civilisations prospères et évoluées bien avant nous !… en naviguant au hasard, je tombe sur Télésille (en grec ancien Τελέσιλλα / Telésilla) est une poétesse grecque de la première moitié du Ve siècle av. J.-C. Native d’Argos, elle est célèbre comme héroïne pour avoir sauvé sa ville natale.  » Selon une tradition rapportée par Plutarque[, quand Cléomène Ier, roi de Sparte, attaque Argos en 510 av. J.-C. et tua tous les hommes capables de porter une arme, Télésille fait une sortie à la tête des femmes armées, qui amène Cléomène à se retirer sans combattre. Une fête fut instituée en mémoire de cet événement (appelée Hybristica ou Endymatia, où hommes et femmes échangeaient leurs vêtements), et une statue fut élevée en l’honneur de l’héroïne dans le temple d’Aphrodite à Argos : Télésille était représentée en train de se coiffer d’un casque avec des livres à ses pieds »……… Hélas, nous n’avons trace que d’une seule ligne de cette poétesse, je vous la livre :
    « Cette Artémis, ô vierges, fuyant Alphéos.. » mais nous avons Renée Vivien qui avait une grande imagination et un vrai talent, elle fit un beau poème sur ces seuls mots, à la gloire des Amazones

    « Cette Artémis, ô vierge, fuyant Alphéos… »

    Cette Artémis, fuyant le désir mâle, ô vierges,
    Tourna vers le lointain du sud ses yeux lassés.
    Et ses pieds fugitifs illuminaient les berges,
    Foulant avec dégoût les couples enlacés.

    Ses longs rayons aigus perçaient l’ombre des rives
    Et dardaient les venins, les terreurs et les maux,
    Sur les hommes en rut et les femmes passives,
    Luttant et se mêlant comme les animaux.

    Car son orgueil se plaît aux jeux chastes et rudes
    De la course à travers le ravin et le pré;
    Elle cherche l’effroi des larges solitudes
    Où nul souffle mortel ne trouble l’air sacré. »

  10. Je ne connaissais pas ce haut fait de Télésilla; la voici évoquée dans des  » Epigrammes » de Lucien ( 120-180), né en Syrie, mort en Egypte, toutes deux provinces romaines, et qui a beaucoup écrit en grec:
    « 23 SUR CEUX QUI SENTENT DE LA BOUCHE
    Un exorciste, à bouche odorante, a chassé un démon, non par ses nombreuses paroles sacramentelles, mais par la force de sa puanteur.
    24 SUR LE MÊME SUJET.
    Jamais la Chimère homérique n’exhala un souffle si terrible, ni les troupeaux de taureaux qui, dit-on, vomissaient la flamme, ni Lemnos tout entière , ni les excréments des Harpyes, ni le pied gangrené de Philoctète. Ainsi, du consentement de tous, Télésilla, tu es plus forte que les Chimères, la gangrène, les taureaux, les oiseaux, les femmes et les démons.
    25
    Un poète , se rendant à l’Isthme pour les jeux, trouva d’autres poètes et leur dit qu’il avait des paristhmia (amygdales). Il se rendit ensuite à Pytho, ( = Delphes) et trouva les mêmes poètes; mais il ne put leur dire : « J’ai des paristhmia »… »
    J’ai mis la n° 25 pour le gros jeu de mots sur amygdales, qui signifie aussi « chants isthmiques », chantés en l’honneur des jeux isthmiques qui se déroulaient à Corinthe, tandis que les jeux pythiques se déroulaient à Delphes ( Pytho; d’où le stade à Delphes); les jeux néméens étaient l’apanage de Némée…Les Grecs avaient donc de quoi se distraire.

    • Hello Mareria, je ne le savais pas non plus mais creuser le sujet est intéressant. Je ne connais pas non plus les Epigrammes de Lucien mais il y a aussi « L ‘histoire des oracles » d’un certain Fontanel (Bernard Le Bouyer de Fontenelle en 1657-1757) qui vécut pratiquement cent ans, à cette époque c’est presqu’incroyable.
      Votre commentaire me fait rire, c’est croustillant …. la mauvaise haleine, les amydales, le pieds gangrenés, belle Télésilla comparée à tout cela ! il me semble que les Grecs s’amusaient beaucoup, enfin ceux qui n’étaient pas en servage au service de quelques-uns !

  11. Ce Lucien de Samosate a eu du succès avec ses 80 oeuvres. Il apparaît comme un bon satiriste avec par exemple son Eloge de la mouche qui vous plairait sûrement. .. « Son Histoire véritable, où le personnage voyage sur la Lune, est parfois considérée comme une des premières œuvres de science-fiction »

    • Mareria, je viens de mettre de côté cette « Eloge de la mouche », je vais relire cela, c’est savoureux quand on est un ennemi acharné de la mouche…. j’avoue ne jamais l’avoir vue sous cet angle là…. je viens de me faire un ennemi avec « Lulu ».
      Comme vous le dites très justement, je lis que la première science fiction a 1800 ans avec notre Lulu de Samosate, le conte parle d’un voyage interstellaire, d’extraterrestres et d’une guerre interplanétaire… ce chef d’œuvre pique ma curiosité je viens de le trouver sur internet et je vais essayer de le lire, cela me parait fort bien écrit. Merci du « tuyau » .
      J’ai de constantes coupures internet à cause des conditions atmosphériques, nous baignons dans une brume d’eau, ne manque que le château fort survolé par des mouches géantes ….voilà qui me propulse dans l’Alliance des Trois de Maxime Chattam en 6 tomes, qui a fait un tabac ici. Bonne fin de soirée à vous.

  12. Mareria, c’est passionnant de lire « l’Histoire véritable », le maître du polar et de la fiction, dans sa saga fantastique, a dû s’en inspirer.

  13. J´ai lu l´Eloge de la mouche , Mareria . Je les observerai mieux désormais , avant de les mettre à la porte : ) Un véritable emblème de pugnacité !
    Maintenant , , voici un texte qui annonce le bonheur qu´on espère et attend .
    -Un présage-
    J’ai vu dans l’air passer deux ailes blanches :
    Est-ce pour moi que ce présage a lui ?
    J’entends chanter tout un nid dans les branches :
    Trop de bonheur me menace aujourd’hui !
    Pour le braver je suis trop faible encore.
    Arrêtez-vous, ambassadeurs des cieux !
    L’épi fléchit, que trop de soleil dore :
    Bonheur, bonheur, ne venez pas encore ;
    Éclairez-moi, ne brûlez pas mes yeux !
    Tournée au nord une cage est si sombre !
    Dieu l’ouvre-t-il aux plaintes de l’oiseau,
    L’aile incertaine, avant de quitter l’ombre,
    Hésite et plane au-dessus du réseau.
    La liberté cause un brillant vertige,
    L’anneau tombé gêne encor pour courir.
    Survivra-t-on si ce n’est qu’un prestige ?
    L’âme recule à l’aspect du prodige :
    Fût-ce de joie, on a peur de mourir !
    Mais ce bouquet apparu sur ma porte
    Dit-il assez ce que j’entends tout bas ?
    Dernier rayon d’une âme presque morte,
    Premier amour, vous ne mourez donc pas ?
    Ces fleurs toujours m’annonçaient sa présence,
    C’était son nom quand il allait venir.
    Comme on s’aimait dans ce temps d’innocence !
    Comme un rameau rouvre toute l’absence !
    Que de parfums sortent du souvenir !
    Je ne sais pas d’où souffle l’espérance,
    Mais je l’entends rire au fond de mes pleurs.
    Dieu ! Qu’elle est fraîche où brûlait la souffrance !
    Que son haleine étanche de douleurs !
    Passante ailée au coin du toit blottie,
    Y rattachant ses fils longs et dorés,
    Grâce à son vol, ma force est avertie :
    Bonheur ! Bonheur ! Je ne suis pas sortie ;
    J’attends le ciel ; c’est vous, bonheur : entrez !
    de Marceline Desborde-Valmore ( 1786-1859) .
    Bonne fin de soirée . Le viking est sur le départ ; les auspices sont bienveillants , ils annoncent
    du beau temps : )

  14. Darie, je viens de lire L’éloge de la Mouche,  » elle est tellement forte, que tout ce qu’elle mord, elle le blesse. Sa morsure ne pénètre pas seulement la peau de l’homme, mais celle du cheval et du bœuf. » …oui, elle pique l’homme en sortant une dent, et en plus elle ressuscite si on jette de la cendre sur son cadavre, mais c’est épouvantable ! raison de plus pour éliminer ces sales bestioles !….. attirée par une publicité : « jamais vous ne regarderez les fourmis de la même façon » à propos d’un livre de Bernard Werber « Les fourmis » , j’ai appris que sous un dôme (la petite fourmilière) se cache cinq millions de fourmis, si on multiplie le nombre de dômes existants, on arrive à un chiffre tel qu’il n’existe même plus dans les mathématiques. Quel est le chiffre le plus élevé connu ?
    Le viking va se régaler et vous aussi quand il reviendra avec des photos et des notes, et qui sait, la découverte d’un oiseau inconnu, un mutant ? je suis en pleine science fiction. Bonne fin de soirée à tous.

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