Prenons de la hauteur

image(Jean-Louis Forain)*

Nous nous élevons avec le mot du jour puisqu’ il s’ agit de funambule.

Formé des mots latins – funis la corde- ambulare marcher.

Le  funambule se déplace sur une corde et s’ équilibre grâce à un balancier.

Le fildefériste lui, se déplace à moins de trois mètres du sol.

* Jean-Louis Forain (1852-1931) artiste, participa à la fondation de la République de Montmartre et en fut le président jusqu’ à son décès.

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75 réflexions sur “Prenons de la hauteur

  1. Bonne nuit à tous, pour prendre de la hauteur, Jean Genet dans « Le Funambule » écrit pour son ami Abdallah:

    « Une paillette d’or est un disque minuscule en métal doré, percé d’un trou. Mince et légère, elle peut flotter sur l’eau. Il en reste quelquefois une ou deux accrochées dans les boucles d’un acrobate.
    Cet amour – mais presque désespéré, mais chargé de tendresse – que tu dois montrer à ton fil, il aura autant de force qu’en montre le fil de fer pour te porter. Je connais les objets, leur malignité, leur cruauté, leur gratitude aussi. Le fil était mort – ou si tu veux muet, aveugle – te voici : il va vivre et parler.

    Tu l’aimeras, et d’un amour presque charnel. Chaque matin, avant de commencer ton entraînement, quand il est tendu et qu’il vibre, va lui donner un baiser. Demande-lui de te supporter, et qu’il t’accorde l’élégance et la nervosité du jarret. À la fin de la séance, salue-le, remercie-le. Alors qu’il est encore enroulé, la nuit, dans sa boîte, va le voir, caresse-le. Et pose, gentiment, ta joue contre la sienne.

    Certains dompteurs utilisent la violence. Tu peux essayer de dompter ton fil. Méfie-toi. Le fil de fer, comme la panthère et comme, dit-on, le peuple, aime le sang. Apprivoise-le plutôt.

    Un forgeron – seul un forgeron à la moustache grise, aux larges épaules peut oser de pareilles délicatesses – saluait ainsi chaque matin son aimée, son enclume :
    – Alors, ma belle !
    Le soir, la journée finie, sa grosse patte la caressait. L’enclume n’y était pas insensible, dont le forgeron connaissait l’émoi.

    Ton fil de fer charge-le de la plus belle expression non de toi mais de lui. Tes bonds, tes sauts, tes danses – en argot d’acrobate tes : flic-fac, courbette, sauts périlleux, roues, etc., tu les réussiras non pour que tu brilles, mais afin qu’un fil d’acier qui était mort et sans voix enfin chante. Comme il t’en saura gré tu es parfait dans tes attitudes non pour ta gloire mais la sienne.
    Que le public émerveillé applaudisse :
    – Quel fil étonnant ! Comme il soutient son danseur et comme il l’aime !
    À son tour le fil fera de toi le plus merveilleux danseur.

    Le sol te fera trébucher.

    Qui donc avant toi avait compris quelle nostalgie demeure enfermée dans l’âme d’un fil d’acier de sept millimètres ? Et que lui-même se savait appelé à faire rebondir de deux tours en l’air, avec fouettés, un danseur ? Sauf toi personne. Connais donc sa joie et sa gratitude.

    Je ne serais pas surpris, quand tu marches par terre que tu tombes et te fasses une entorse. Le fil te portera mieux, plus sûrement qu’une route. ». A demain.

  2. Salut les artistes!
    De Dominique CAGNARD, né en 1950, ce poème, extrait du « Mimenmot »
    « Enfant, j’ai cloué une étoile
    à la lisière de mon lit.
    Si j’ai vécu par tous les bouts,
    dansé tous les silences,
    usé la neige qui glisse sous mes pieds,
    si j’ai pris tous les tournants de traverse,
    le poème est mon funambule.
    Je m’invente un cirque avec mes mirages,
    une musique mariée aux sources du vent
    Nus dans leurs pyjamas,
    les mots à chausson
    s’avancent à pas feutrés « 

  3. Bonjour les équilibristes, frisquet ce matin mais la chanson nous réchauffera, Voici le poète montmartrois Jean Roge rCaussimon

    Le Funambule
    De tous ses copains du cirque forain
    Pas un n’avait dit au vieux funambule
    Qu’il était aussi parfois somnambule

    Ça n’aurait servi strictement à rien

    Le public parti, la lune dehors
    À travers les trous de la vieille toile
    Allumait un ciel tout rempli d’étoiles
    Le vieux funambule, arrivait alors

    Lui qui n’était pas tellement sûr de lui
    Qu’avait mal aux reins, qu’avait des vertiges
    Était tout changé c’était un prodige
    Oui c’était vraiment le jour et la nuit

    Plus besoin d’ombrelle ni de balancier
    Les sauts périlleux devenaient faciles
    Il était gracieux, il était agile
    Comme un demi-dieu, sur son fil d’acier

    Et ce fut ainsi qu’un enfant le vit
    Un enfant puni ou un fils de pauvre
    Qui s’était glissé dans l’odeur des fauves
    Et le regardait d’un regard ravi

    Spectateur fortuit de ce numéro
    L’enfant applaudit à tant de merveilles
    Mais un somnambule, quand on le réveille,
    Comme un funambule, ça tombe de haut

    De tous ses copains du cirque forain
    Pas un n’avait dit au vieux funambule
    Qu’il était aussi parfois somnambule
    Les gens du voyage sont des gens très bien. « 

  4. Baudelaire prend de la hauteur sans fil…
    « Elévation
    Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par delà le soleil, par delà les éthers,
    Par delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
    Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
    Va te purifier dans l’air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
    S’élancer vers les champs lumineux et sereins;

    Celui dont les pensers, comme les alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    – Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le langage des fleurs et des choses muettes! < Les Fleurs de mal, III

    • Bonjour les vedettes !
      On lève la tête pour regarder le funambule ou on baisse la tête pour regarder les spectateurs, tout est affaire de …point de vue (c’ était la réflexion vue de l’ esprit).

  5. Bonjour sur le fil , le fil de la poésie et de l´humeur joyeuse . Le beau temps ne suit pas , il prendra le train en marche . Train ! Pas un train comme les autres , mais un funiculaire .
    Je l´ai pris avec le fiston de 6 ans , tandis que le reste de la famille , grimpait la Rhune avec courage et énergie . Image en vers :
    -Le funiculaire-
    Joujou de bois garni, le petit train se hisse
    Par des chemins à lui, dont on s’effraye un peu,
    Vers le sommet qui semble fuir, lilas et bleu…
    L’air vif sent l’arnica, le baume et la réglisse.
    Joujou de bois garni, le petit train se hisse.

    Les moutons étonnés le regardent venir…
    On les dirait pourtant – lui de bois, eux, de laine, –
    Pris au même bazar, dans les boîtes d’étrennes.
    Un rayon de soleil s’amuse à revernir
    Chaque fois, le joujou qu’ils regardent venir.

    Dans le bas, s’assombrit la gorge romantique
    Où dort, tapi, le toit de bruns contrebandiers.
    Au loin, des pics ont l’air en neige d’amandiers;
    Et, sur toute la côte où danse l’Atlantique,
    C’est le galop de grands nuages romantiques.

    Pays Basques et sierras… l’Amérique, au-delà
    De ce voile d’argent, pointillé de navires.
    Chenille à cinq anneaux, le train-joujou s’étire
    Vers la cime où le bleu s’estompe de lilas…
    Vois-tu cette eau d’argent – l’Amérique au-delà, –

    Vois-tu ce vert des prés, ce jaune de la dune,
    Ce brun des pignadas, ces blancheurs de villas,
    Saint-Jean-de-Luz, Biarritz et Bayonne, et cela
    Qui règne ici déjà, par moitié, sur la Rhune, (1)
    Cette couleur d’Espagne où se chauffe la dune?

    Entre deux rocs géants, Don Quichotte apparaît.
    Sens-tu, sens-tu le vent qui vous glace et vous, brûle,
    – Qui vous brûle à midi, vous glace au crépuscule –
    Acharné sur ta cape, arrachant nos bérets?
    Sur l’aile des moulins, Don Quichotte apparaît.

    La clochette du train sonne comme une folle…
    C’est l’heure… Descendons. Le petit train s’en va.
    Là-haut, resté debout, moderne Quebranta,
    Mi sur terre française et mi sur l’espagnole,
    Le marchand de biscuits – A Dios, senoritas! –
    Regarde gravement le joujou qui s’en va
    Avec son esquila tintant comme une folle.
    de Sabine Sicaud ( 1913-1928) . Je ne sais pas si elle avait eu l´occasion de prendre ce petit train pittoresque …. , mais c´est bien écrit et aussi décrit . Fiston et moi , nous étions ravis de notre balade . Bonne journée , avec ou sans soleil !

      • Hello Darie, j’ai aussi triché avec le funiculaire du Vésuve ( installé en 1880, et le célèbre chanson date de 81: « Allons de la terre à la montagne, il n’y a qu’un pas.
        On voit la France, Procida et l’Espagne, moi je te vois toi!
        Avec le funiculaire, aussitôt dit aussitôt fait, nous sommes montés au ciel…
        Allons comme le vent, montons, montons!
        Allons, allons, au sommet allons-y!
        Allons, allons, au sommet allons-y!
        Funiculi, funiculè, funiculi, funicula »: quel panorama du haut du Vésuve!!

      • Bonjour Mareria . D´abord , merci pour le Funiculi Funicula qui fait toujours plaisir à écouter .
        Il y a aussi le funiculaire de Montmartre , qui est très pittoresque . Et j´ai pris celui , célèbre aussi , le funiculaire de San Franscico , qui donne une très belle vue , et qui tourne en bas , sur ne plate-forme , pour reprendre son trajet vers le haut . Il y a des scènes de film autour de ce funiculaire , dont un avec Anna Hataway , mais je ne sais plus quel film … Je suis sûre que quelqu´un(e) sait : ))
        Post-scriptum : J´ai remarqué que sur le journal il y avait une marmara001 , le saviez-vous ?
        Je pensais que les doublons n´étaient pas autorisés .

  6. J´ai lu la biographie du peintre Jean-Louis Forain , qui est pleine de surprises . Ce monsieur a même été Président de Montmartre ! Une présidence dans la présidence ! Première nouvelle !?
    Elle existe encore d´ailleurs . Elle a été créée par quelques hommes ( dont Francisque Poulbot)
    pour préserver l´esprit de village et de création de Montmartre . Il a un style différent de Toulouse-Lautrec , mais les sujets sont les mêmes : les dames et leurs clients , et toute
    l´ambiance autour … : )))

    • Darie, je suis allée voir pour ce « doublon », mais elle est inscrite depuis bien plus longtemps que moi; et le nom est différent…
      Bon après-midi.

      • C´est la première fois que je la vois , Mareria . En fait , il suffit d´une lettre parfois , pour que ce soit « différent » . J´avais pris le pseudo de zinia , et il y a aussi une zinnia . C´était d´ailleurs moi , qui avais mal orthographié ce nom de fleur : ))
        En tous cas , c´est grâce à vous que j´ai repéré sur la carte la mer du même nom !
        Bon appétit ; c´est le fils qui prépare notre repas en tête-à-tête , je vais l´aider et superviser …

      • Pardon Dominique , je n´avais pas lu jusqu´au bout . Mea culpa . J´avais tout de suite été regarder le tableau , en l´agrandissant . Et j´ai lu les commentaires aussitôt . Les clairs-obscurs sont maitrisés avec un vrai génie . La photographie n´était pas aussi développée à cette
        époque , et le peintre avait dû observer soigneusement la scène . Je me demandais aussi où était exposé le tableau . Il est magnifique . Excuse-me again …

  7. Quelques mots de Bulgarie sont arrivés par les ondes , quelle belle invention .
    Plus rapide qu´un pigeon : ))
    La bande des six observe des vautours présentement . Ils ne sont pas beaux , avec leur cou déplumé , leur tête de croque-mort et leur démarche de guingois , mais ce sont des bêtes impressionnantes par leur taille . Justement , avant de monter la Rhune , on peut regarder les photos , avec des explications détaillées , sur l´intensive chasse aux vautours d´autrefois .
    L´espèce était sur le point de disparaitre ( à peine 50 oiseaux ! ) . Maintenant , les vautours volent par groupe , et on peut en voir assez souvent ( si on pense à regarder en l´air ! )
    Le funanbule , un équilibriste sur fil , mais il y a aussi l´équilibriste sur rouleaux et planchettes .
    Très difficile également …
    -L´équilibriste-
    Il s’avança seul sur la Piste,
    Leva son bras pour saluer ;
    Monsieur Loyal, pour l’annoncer,
    Cria : Voici l’équilibriste !

    Sur un ballon posé à terre,
    Il disposa en porte-à-faux,
    Une planchette et, sans un mot,
    A chaque bout y mit un verre ;

    Sur un second morceau de bois
    Calé sur cet ensemble instable,
    Il empila chaises et tables
    Et un tabouret de guingois ;

    Il ajouta sur l’assemblage
    Un cube avec une autre planche,
    Et fit, d’un puissant coup de hanches,
    Le poirier sur l’échafaudage ;

    Il y resta quelques secondes,
    Puis il ôta tous les objets
    Un par un, d’un coup de poignet,
    Sous les bravos de tout le monde ;

    Il inclina sa tête nue
    Comme le font tous les artistes ;
    En pas chassés quitta la Piste…
    Et nul ne la jamais revu.
    de Arnaud Somveille .

  8. Hello! j’ai pu constater de visu le nombre de vitrines couvertes de contreplaqué dans le centre breton…Mais les gens avaient l’air contents de pouvoir déambuler …J’ai vu un arbre féérique: genre conifère plus haut que la maison de deux étages, avec une glycine bleue entrelacée jusqu’à sa cime…
    On trouve des précisions sur l’histoire du funambulisme, qui exista dès l’antiquité, en cherchant à « Danseur de corde »…
    De Florian, cette fable de circonstance:
    « Le Danseur de corde et le Balancier
    Sur la corde tendue un jeune voltigeur
    Apprenoit à danser ; et déjà son adresse,
    Ses tours de force, de souplesse,
    Faisoient venir maint spectateur.
    Sur son étroit chemin on le voit qui s’avance,
    Le balancier en main, l’air libre, le corps droit,
    Hardi, léger autant qu’adroit ;
    Il s’éleve, descend, va, vient, plus haut s’élance,
    Retombe, remonte en cadence,
    Et, semblable à certains oiseaux
    Qui rasent en volant la surface des eaux,
    Son pied touche, sans qu’on le voie,
    À la corde qui plie et dans l’air le renvoie.
    Notre jeune danseur, tout fier de son talent,
    Dit un jour : à quoi bon ce balancier pesant
    Qui me fatigue et m’embarrasse ?
    Si je dansois sans lui, j’aurois bien plus de grace,
    De force et de légèreté.
    Aussitôt fait que dit. Le balancier jeté,
    Notre étourdi chancelle, étend les bras, et tombe.
    Il se cassa le nez, et tout le monde en rit.

    Jeunes gens, jeunes gens, ne vous a-t-on pas dit
    Que sans regle et sans frein tôt ou tard on succombe ?
    La vertu, la raison, les loix, l’autorité,
    Dans vos desirs fougueux vous causent quelque peine ;
    C’est le balancier qui vous gêne,
    Mais qui fait votre sûreté. »

    • Notre glycine Mareria ( qui est blanche au demeurant … ) n´a pas encore 1 seule feuille ?!
      Elle n´est pas morte . J´ai cassé un petit bout de branche et l´intérieur était vert . Mais ma patience est mise à rude épreuve …
      Cela va coûter cher tous ces dégâts à Rennes ? Quelle calamité …

  9. Et de Jacques Prévert:
    La visite au musée

    « Au musée de cire du
    Souvenir
    vous prenez la galerie des projets avortés
    le couloir des velléités
    l’escalier des faux désirs
    et vous tombez dans la trappe des regrets

    vous pouvez graver sur les murs
    avec le petit couteau-souvenir acheté à l’entrée
    les graffiti du malentendu
    Mais
    au-dessus de la salle des
    Bienfaits
    Perdus
    les yeux bandés
    le funambule
    Amour
    danse sur la corde raide du bonheur à peine entrevu
    du bonheur jamais oublié
    Et la musique de son cirque
    tourne son disque rayé usé exténué mais ravi
    et le disque tourne comme une lune sanglante et
    endeuillée radieuse vivante souriante ensoleillée
    merveilleuse et émerveillée
    Musique du peuple des oiseaux
    musique des oiseaux du peuple
    Visiteurs
    n’écoutez pas cette musique sans l’entendre
    ne prêtez pas seulement l’oreille à cette musique
    à ce bruit
    donnez-la-lui
    Elle vous la rendra au centuple
    un beau jour
    ou un autre jour
    la musique du peuple des oiseaux de l’amour »

  10. Le funambule ressemble au danseur de corde :

    Le danseur de corde et le balancier
    Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)
    Fables (1792).

    Sur la corde tendue un jeune voltigeur
    Apprenait à danser ; et déjà son adresse,
    Ses tours de force, de souplesse,
    Faisaient venir maint spectateur.
    Sur son étroit chemin on le voit qui s’avance,
    Le balancier en main, l’air libre, le corps droit,
    Hardi, léger autant qu’adroit ;
    Il s’élève, descend, va, vient, plus haut s’élance,
    Retombe, remonte en cadence,
    Et, semblable à certains oiseaux
    Qui rasent en volant la surface des eaux,
    Son pied touche, sans qu’on le voie,
    À la corde qui plie et dans l’air le renvoie.
    Notre jeune danseur, tout fier de son talent,
    Dit un jour : à quoi bon ce balancier pesant
    Qui me fatigue et m’embarrasse ?
    Si je dansais sans lui, j’aurais bien plus de grâce,
    De force et de légèreté.
    Aussitôt fait que dit. Le balancier jeté,
    Notre étourdi chancelle, étend les bras, et tombe.
    Il se cassa le nez, et tout le monde en rit.
    Jeunes gens, jeunes gens, ne vous a-t-on pas dit
    Que sans règle et sans frein tôt ou tard on succombe ?
    La vertu, la raison, les lois, l’autorité,
    Dans vos désirs fougueux vous causent quelque peine ;
    C’est le balancier qui vous gêne,
    Mais qui fait votre sûreté. »

    La vie c’est cela, elle ne donne pas toujours le balancier alors le pauvre funambule se retrouve à marcher sur des œufs, tandis que le poète marche sur les mains mais pas de panique, nous, nous marchons sur la tête !

  11. Voilà un beau doublon, le poème est déjà aligné, alors il ne me reste qu’une seule phrase de Rimbaud dans ses « Illuminations » : « J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse.”
    Voici Arnaud Somveille, un contemporain, et c’est très bien aussi :

    « L’Equilibriste

    Il s’avança seul sur la Piste,
    Leva son bras pour saluer ;
    Monsieur Loyal, pour l’annoncer,
    Cria : Voici l’équilibriste !

    Sur un ballon posé à terre,
    Il disposa en porte-à-faux,
    Une planchette et, sans un mot,
    A chaque bout y mit un verre ;

    Sur un second morceau de bois
    Calé sur cet ensemble instable,
    Il empila chaises et tables
    Et un tabouret de guingois ;

    Il ajouta sur l’assemblage
    Un cube avec une autre planche,
    Et fit, d’un puissant coup de hanches,
    Le poirier sur l’échafaudage ;

    Il y resta quelques secondes,
    Puis il ôta tous les objets
    Un par un, d’un coup de poignet,
    Sous les bravos de tout le monde ;

    Il inclina sa tête nue
    Comme le font tous les artistes ;
    En pas chassés quitta la Piste…
    Et nul ne la jamais revu.

    ( 16 août 2002 )

  12. Bonjour!
    Il semble donc que cet art funambule a été pratiqué dès l’antiquité:  » Les Grecs, eux, les appelaient des « schénobates » (le grec « schoinos » désignerait une corde de jonc). Térence, Horace, Juvénal les évoquent dans leurs récits. C’est l’empereur Marc-Aurèle (121-180 apr. J.-C.) qui, assistant à la chute de l’un d’entre eux, aurait exigé que désormais ils soient dotés d’un filet de sécurité, ce qui dénote une empathie plutôt rare à son époque. Dans notre pays, le mot n’est entré dans le dictionnaire qu’en 1740. Alors que, depuis le Moyen-Âge, les cirques ou les troupes de saltimbanques présentaient souvent des numéros avec des funambules.
    De véritables dynasties de funambules ont traversé le temps, par exemple celle des Orsola, une famille d’origine piémontaise qui s’est posée dans le Morbihan et qui est dans le métier depuis un siècle et demi. Philippe Petit est présentement l’un des plus célèbres, lui qui marcha sur un câble tendu entre les tours jumelles du World Trade Center en 1974, à 417 mètres de haut.(..)
    http://www.lagglorieuse.info/article_d-jelmako-le-funambule-indien.html
    La fameuse Impératrice d’Orient, Théodora, qui connut une vie assez débauchée avant d’épouser Justinien est présentée ainsi: « «À la profession de funambule, Théodora joignait le métier de courtisane. »

    • Bonjour Mareria , c´est un scoop que vous nous donnez là ! Le peuple grec de l´Antiquité s´y connaissait en jeux . Les Olympiades d´abord , le Marathon , maintenant la promenade sur
      la corde de jonc … Etonnant qu´il ait fallu attendre plusieurs siècles , et les anglais , pour inventer tous les jeux de ballons ! Quoique le tennis ait des origines françaises , avec le Jeu de paume . Et puis c´est un jeu de balle , pas de ballon .
      J´ai aussi une belle photo pour contrer les affres du vertige : ) http://www.slate.fr/culture/77946/photo-celebre-rockefeller-mystere
      Bonne journée , à tous . Le soleil briilllle !

      • Bonjour Dominique , oui , tout est question d´équilibre : )
        Je me plais en ce moment à faire les quizz sur les peintres et les peintures . Il n´y a pas que les hommes qui aiment jouer , les femmes aussi ! J´améliore toujours mes scores pour confiner au but ultime . C´est le but , le but du jeu : )

  13. Je viens de trouver par hasard ce à quoi j’avais renoncé, les précisions sur les funambules antiques; il s’agit de la transcription de » L’Encyclopédie, 1re éd. de Jaucourt, 1751 (Tome 14), », dont j’avais juste trouvé un petit extrait .https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/SCHOENOBATE
    Et l’on voit que les Romains firent marcher des éléphants sur les fils!
    « Enfin les hommes funambules ne suffisant plus pour amuser le peuple, on dressa les bêtes à cet exercice. L’histoire dit qu’on vit à Rome du tems de Galba, des éléphans marcher sur des cordes tendues. Néron en fit paroitre dans les jeux qu’il institua en l’honneur d’Agrippine ».
    Darie, je n’ai toujours pas fait le quizz.
    Pour l’heure je me demande si je vais tondre ou pas…gros nuages dans le ciel!

  14. Et voici un passage de la Satire III, de Juvénal, ( I er-IIème s ap JC) toujours très mordant, ( celle sur les « embouteillages » à Rome est célèbre), mais qui ici rend hommage …aux Grecs :
    « Le Grec est médecin, augure, peintre, athlète,
    Et mage, et funambule, et rhéteur, et poète;
    Il sait, il connaît tout; tu n’as qu’à l’ordonner,
    Dans les airs, s’il a faim, tu le verras planer.
    Mais enfin était-il Maure, Sarmate ou Thrace,
    L’homme qui, le premier, s’élança dans l’espace?
    Non, Dédale était Grec, et Grec Athénien. »
    http://remacle.org/bloodwolf/satire/juvenal/satire3.htm#120a

  15. Bonjour à tous, impossible de décoller, pas assez de temps pour les recherches, papy, lui, a réussi, il doit être en montgolfière au dessus de la Sainte-Victoire…. et pour la hauteur c’est aujourd’hui la journée des clochers de France, visiter un clocher est très intéressant et quelle vue imprenable ! je repars en prospection, pas pour une ruée vers l’or bien sûr….. bonne journée à tous.

      • Hello Dominique, ce que j’ai aimé ce film « Les sueurs froides », ça c’était du suspense et rien à voir avec les films d’horreur avec du sang ! du cinéma comme on n’en verra jamais plus. J’aime les clochers, non pas parce qu’ils ont un rapport avec la religion mais parce que ce qu’ils sont à la terre ce que les phares sont à la mer, des repères pour les égarés, les attardés, les perdus. Les gens d’autrefois vivaient à l’heure du clocher.

      • En visitant Bruges il y a quelques années, dans les pas de Yourcenar, nous avons non loin de là- bas , visiter un des plus anciens cimetières, et à l’entrée se tenaient les restes de l’ église et surtout le clocher intact avec le sommet en terrasse, qui servait aussi de phare en son temps.

  16. Je suis de meilleure humeur qu´hier soir . Coup de telefon , non pas de France qui a changé de jour , mais de là-bas en Bulgarie . Il a suffit d´envoyer un sms pour demander où diable ! était caché mon pied de biche de machine à coudre , pour avoir le fautif à l´écouteur : ))
    Comme mon séchoir avait pris la route de la déchetterie un funeste jour d´été , j´ai eu très peur.
    Il parait qu´il est « rangé » au garage . Je l´ai ramené de France dans mes bagages , 35€ à
    l´achat , et j´entends le garder !… Il parait que la bande des six va ce jour traquer comme l´an dernier le tichodrome échelette au pied des falaises … Pas d´escalier remarquable pour le prendre en photo ( bravo Mareria pour le lien . L´escalier chinois est … vertigineux . Très peu pour moi …) C´est l´oiseau qui grimpe et les zooms font le reste .
    Cela parait ridicule de parler ustensiles de ménage quand l´aventure est en jeu , mais ce n´est un tichodrome échelette qui va coudre à ma place … , n´est-ce pas ?
    Jour des clochers aujourd´hui ? Le terroir est à l´honneur , cela m´plait beaucoup : ))

    • Hello Darie, je ne comprends rien à vos ennuis matériels, quoi un pied de biche c’est pour visiter le château ?… oui, c’est pour piquer à la machine, c’est assez amusant ce nom commun à plusieurs outils qui n’ont rien à voir ensemble, comme l’outil du dentiste pour arracher une dent, ou alors le pinceau à poil court pour lisser une couleur, se dit aussi du pied d’un meuble de style, et encore pour un clavecin, le sellier, poignée de sonnette et heurtoir !
      Défendez-vous toute rouge, non mais, sinon on vous piquera tout. Un jour je prête mon barbecue il était démontable dans ce temps là, on me l’a rapporté mais pas la grille ni le tournebroche, j’avais juste la carcasse…. J’ai fait le tour de la famille, grand dieu personne ne savait ni ne trouvait. A la benne, le barbecue mais celui d’après je peux vous assurer qu’ils ne pouvaient pas le soulever, une vraie cuisine roulante !

      • Monique , c´est la pédale sur laquelle on appuie pour faire marcher la machine . Mais peut-être qu´il y a une autre nom que pied de biche ( c´est le mot que nous employons ma mère et moi : )
        Mes livres où je répertorie toutes mes lectures avaient aussi disparu , cela m´a empêchée de dormir avant plus de minuit . Je suis même allée fouiller au garage jusqu´à minuit !
        Mon père a fait aussi des nettoyages par le vide , et ma mère en était très colère : )) C´est frustrant . En tous cas , je l´attends de pied ferme dans une semaine . J´avais décidé de cacher son ordi jusqu´à ce que je récupère mes affaires , mais j´ai de meilleurs sentiments ce matin , et j´attends sans m´énerver .Mais j´ai horreur du principe . On ne jette pas les affaires des autres .
        Je ne ferais jamais cela . J´ai quand même peur pour ma pédale de machine à coudre , elle
        est introuvable . Elle était emballée dans des chiffons pour ne pas la casser , dans un petit carton à la buanderie . J´ai peur qu´il n´ait vu que les chiffons …
        Si je commande une imprimante par le Bon Coin , croyez-vous que j´ai une chance d´avoir une pédale de machine , à votre avis ? Rire .

      • Il me semble Darie que Le pied de biche est la partie qui tient
        l’ aiguille avec le retour bifide qui repose sur le tissu et le cale de part et d’ autre de l’aiguille.

    • Darie, c’est le moment de chanter « Biche, oh ma biche », en cherchant votre « élaphopode »!…
      Ce tichodrome est en harmonie avec la page, puisque son nom signifie « coureur, grimpeur de mur »: « Le tichodrome est un habitant des gorges, des falaises et des parois escarpées en montagne entre 400 et 2500 m d’altitude. […] Il arpente les falaises à la façon d’un grimpereau en entrouvrant les ailes par saccades. »; lui n’a pas besoin d’escaliers, ou de via ferrata…
      J’ai fait le quizz: 13! il y a des peintres allemands dont je ne connais pas le nom.

      • C´est un très bel oiseau , Mareria , on peut voir sur le net des petites vidéos .
        J´aime bien de faire un quizz de temps en temps . Mais sur babelio , quizz de littérature , on ne peut pas lire les résultats immédiatement . Il faut tout rechercher soi-même .
        Elaphopode ?… c´est un pied de biche ?
        J´ai regardé « pied de biche » sur google , et sur les neuf définitions , il y a mon pied de machine
        à coudre , mais c´est le petit pied qui tient le tissu : )) merci google .

      • Hello Mareria, chanter biche oh ma biche et retrouver son pied, tout un programme ! merci pour le détail des habitants des gorges, ce ne sont donc pas des gorgones ni les gargouilles de Notre Dame et toujours avec Victor Hugo !

  17. Selon le poème, le clocher ne serait beau que sous la lune ? que nenni, moi j’aime le clocher le jour mais voici un poème intéressant parce qu’il reprend une expression française obsolète, « tomber du haut mal » et qu’on entendait très souvent autrefois.

    « Un Corbeau devant moi croasse,
    Une ombre offusque mes regards,
    Deux belettes et deux renards
    Traversent l’endroit où je passe :
    Les pieds faillent à mon cheval,
    Mon laquais tombe du haut mal,
    J’entends craqueter le tonnerre,
    Un esprit se présente à moi,
    J’ois Charon qui m’appelle à soi,
    Je vois le centre de la terre.
    Ce ruisseau remonte en sa source,
    Un bœuf gravit sur un clocher,
    Le sang coule de ce rocher,
    Un aspic s’accouple d’une ourse,
    Sur le haut d’une vieille tour
    Un serpent déchire un vautour,
    Le feu brûle dedans la glace,
    Le Soleil est devenu noir,
    Je vois la Lune qui va choir,
    Cet arbre est sorti de sa place. »

    (Théophile de Viau)

    Dans « L’Or des livres » je découvre cette info : « Le clocher de Kaliazine, ce petit recueil d’études et de miniatures dont la longueur n’excède pas une page et demie vient nous rappeler qu’Alexandre Soljenitsyne n’était pas seulement un romancier mais aussi un poète en nous permettant d’admirer sa maîtrise de la forme courte.
    Ce sont en fait deux séries de textes poétiques écrits à trente ans d’intervalle dont les dix-sept premiers, datant 1958 à 1960 sont déjà parus dans leur traduction française en 1971 , tandis que les onze suivants, écrits de 1996 à 1998 et traduits par un autre traducteur , furent publiés pour la première fois en septembre 2004, quelques années à peine avant la mort du célèbre écrivain russe . Voilà qui m’intéresserait !

      • Nouzossi Dominique : ) Et le bonus , c´est le quizzzzz , un jeu juste fait pour moi , que je conseille , une sorte de réussite , mais en plus sympa . Sourire .

      • J’ignore tout de ces poèmes, Monique, jusqu’au titre.
        Je vois que le vrai clocher de Kaliazine est très particulier:  » À l’origine, le clocher submergé de Kaliazine était le clocher de l’église Saint-Nicolas construite dans les années 1800 sur la place du marché du village de Kaliazine, dans la région de Tver, à 166 km au nord de Moscou.
        Le clocher s’élevait à l’époque à plus de 70 mètres et était considéré comme l’un des plus hauts et des plus élégants de la région de la Volga.
        Le clocher se dresse aujourd’hui sur un socle, dans les eaux du réservoir d’Ouglitch, depuis 1940, quand le monastère et la plus grande partie de la vieille ville furent inondés lors de la mise en eau du réservoir. La ville fut, elle, transférée sur un nouveau site plus élevé. » http://www.lecourrierderussie.com/infographie/image-du-jour/2015/05/clocher-submerge-kaliazine/;

  18. Honneur aux carillons des clochers , c´est leur fête aujourd´hui .
    -Les trois chansons du carillon-
    A M. Bertrand, pour le remercier de l’accueil tout…
    évangélique qu’il m’a fait dans ses bureaux du Patriote.

    Quand les nouveau-nés, en leurs langes
    Dorment sur les bras des marraines
    Tels, de doux et blonds petits anges
    Tombés des étoiles sereines
    Digue digue dig, digue digue don !
    Chante aux enfançons le grand carillon
    Digue digue dig, digue digue don !
    Pour qu’on vous baptise
    Casquez, casquez donc !…

    Quand sous les cieux des épousailles
    Où le soleil d’amour scintille,
    S’envolent des coeurs, les grisailles
    Et s’en va le gars vers la fille.
    Digue digue dig, digue digue don !
    Chante aux amoureux le grand carillon
    Digue digue dig, digue digue don !
    Pour qu’on vous marie
    Casquez, casquez donc ! …

    Quand s’éteignent comme des cierges,
    Les grands-pères et les grand’mères
    Et que gisent, emmi les serges
    Des linceuls, leurs corps éphémères.
    Digue digue dig, digue digue don !
    Chante aux trépassés le grand carillon
    Digue digue dig, digue digue don !
    Pour qu’on vous enterre
    Casquez, casquez donc !…
    de Gaston Couté (1880-1911) mort très jeune de tous les excès …

  19. Darie, attention au Bon Coin, vous avez lu, il y a un ex président de la république qui ne le connaissait pas. Quand même, si je trouvais un tas de chiffons, je ne les jetterais pas avant d’avoir vérifié s’il y a quelque chose enveloppé dedans. Pas facile de retrouver des pièces détachées de rechange !
    Gaston Couté n’était pas banal, je connais son musée à Meung-sur-Loire une jolie petite ville, le château, destiné aux évêques d’Orléans, est austère et je m’y suis d’ailleurs cassé la figure dans les racines d’un arbre millénaire, c’est un gouffre à restaurer, il y des souterrains terribles, avec des marches pour descendre cette fois, je n’ai pas osé emprunter ce chemin des oubliettes où beaucoup ont croupi comme François Villon. La salle exposant des « bidets » réservés aux évêques d’Orléans montrent que ces messieurs bénéficiaient de toutes les commodités tandis que le peuple mourait de faim.

  20. Luis Mariano a chanté aussi le clocher de mon village :

    « Je revois le clocher du village
    Où mon cœur a connu tant de bonheur
    Il est là, sous mes yeux, troublante image
    D’un passé qui ne fut jamais trompeur

    J’aperçois la maison sous le lierre
    La fontaine où se mire un vieux pêcher
    Quelle joie quand la vie vous indiffère
    De revoir son village et son clocher !

    Qu’il est troublant de pouvoir revenir
    Au pays du souvenir
    De retrouver tous les premiers émois
    Des souvenirs d’autrefois

    Je revois le clocher du village
    Où mon cœur a connu des mots si doux
    Et je sens dans mon âme assez volage
    Résonner l’heure bleue du rendez-vous

    J’aperçois deux amants sous la lune
    Qu’un baiser tendrement va rapprocher
    Quelle joie quand la vie vous importune
    De revoir son village et son clocher !  »

    Ou alors celui de Michel Etcheverry :

    « Insouciant de tes pauvres caresses
    Pays Basque un beau jour je partis
    Te laissant mes parents en détresse
    Mon clocher, mon fronton, mes amis

    Bonsoir joli clocher, clocher de mon village
    Que dès mon tout jeune âge, il m’a fallu quitter
    Ô joyeux carillons
    Comme au temps de jeunesse
    Tintent avec allégresse
    Egaye ma maison

    J’ai souffert un martyre
    Et je ne puis tenir
    Qu’en pensant à toi
    J’ai pleuré bien des fois

    Bonsoir joli clocher
    Clocher du moyen âge
    Cher clocher du village
    Que j’ai tant regretté

    J’ai connu d’admirables paysages
    Et les sites les plus beaux à voir
    Rien ne vaut mon clocher du village
    Egrenant son angélus du soir

    J’ai vécu, j’ai souffert en silence
    Dans l’attente d’un éternel retour
    Malgré tout je te garde, aies confiance
    Mon clocher bien aimé de toujours

    Bonsoir joli clocher, clocher de mon village
    Que dès mon tout jeune âge, il m’a fallu quitter

    Ô joyeux carillons
    Comme au temps de jeunesse
    Tintent avec allégresse
    Egaye ma maison

    J’ai souffert un martyre
    Et je ne puis tenir
    Qu’en pensant à toi
    J’ai pleuré bien des fois

    Bonsoir joli clocher
    Clocher du moyen âge
    Cher clocher du village
    Que j’ai tant regretté »

  21. Merci Mareria pour le magnifique lien sur le clocher de Kaliazine, je n’avais pas poussé la curiosité d’aller voir ce clocher, préoccupée par les poèmes qui sont sortis en livre de poche ! le site est sublime ! avez-vous vu aussi la mosquée blanche de Bolgar, appelée le Taj Mahal russe, au Tatarstan ? c’est somptueux ! quelle hauteur grandiose !

    • J´aime bien voir les commentaires à mon retour de courses , c´est très drôle .
      Le petit pied de biche bifide : ))
      Quant au  » élaphopode  » , « pied de cerf » , très juste ! Inventons des mots pour la postérité !
      Meung-sur-Loire … la copine de la Réunion le voit presque de sa tourelle ,car elle a une maison avec une tourelle , la veinarde ! Elle a plusieurs châteaux dans un rayon de 50kms alentour .
      Moi qui aurait tant aimé habiter un château , quitte à le relever de ses ruines …
      Je vais tout relire attentivement , comme d´hab , comme dirait youtoup´ . J´ai toujours lu cette expression , mais ne l´ai jamais entendue .

      • C´est vrai , je n´y avais pas pensé ! Alors , une ferme bretonne bicentenaire , avec des plafonds bas et une grande cheminée qui brûle , où chauffe une potée . J´ai un souvenir de cela , gravé dans la tête . Notre caravane était dans le champ du fermier , et le fermier et sa femme nous avaient invités . C´était sympa , délicieux , un vrai souvenir de bonne soirée , au chaud et ravigotante . Un jour , mon père était parti avec leur fils pêcher toute une nuit . Ma mère était affolée d´attendre … Et au petit matin , il est revenu avec une grande raie ! Je ne me souviens pas des angoisses de ma mère , mais je me souviens de la raie ! Rire .

    • Je l´ai vu , Mareria , après une petite pluie . Il brillait au soleil , c´était magnifique .
      Les autres ( du voyage) étaient tous plus ou moins malades , mais ils/elles ont eu le temps de le voir . Après , cela s´est méchamment gâté … Hépatite , amibes , zona …
      ils ne mourraient pas ( tous) , mais tous étaient malades . Sauf moi , toujours debout et alerte au bout de six semaines ! Beaucoup trop long voyage pour des petites natures .
      Le seul qui tenait un peu mieux le choc était un costaud , malade quand même . Et moi , je distribuais anxieusement mes médicaments , car inquiète de faillir aussi . Mais non , le piment abondamment servi , m´a épargnée les mêmes misères ( je crois) .

      • C’est de la chance et de l’avoir vu et d’avoir résisté!
        Cette fois, je vous emmène dans les profondeurs sous-marines du port de Césarée en Israël : on annonce aujourd’hui la découverte d’un « trésor »:  » Deux chasseurs de trésors amateurs, Ran Feinstein et Ofer Raanan, ont découvert par hasard des objets de bronze en faisant de la plongée en avril. Ces objets faisaient partie d’un véritable trésor, découvert dans un bateau échoué dans le port. Selon Jacob Sharvit, directeur de l’unité d’archéologie marine au sein de l’Autorité des Antiquités, le trésor date de la période romaine tardive, car les pièces sont à l’image de l’empereur Constantin, qui régna sur l’empire romain jusqu’à sa mort en 337, et de Licinius, son rival.
        Plusieurs plongées ont permis de remonter les vestiges de la cargaison, qui transportait apparemment du métal destiné au recyclage. Une lampe de bronze à l’image du dieu du soleil Sol, une lampe à l’effigie d’un esclave africain, une figurine de Luna la déesse de la Lune, des fragments de statues de bronze, un robinet en forme de sanglier, des ancres et différents objets de navigation ainsi que plusieurs milliers de pièces de monnaie antiques pesant au total 20 kilos ont été retrouvés. Cette découverte est exceptionnelle, car dans l’antiquité les statues en métal étaient fondues pour être recyclées.  »
        Après mûre réflexion, je vais encore donner un lien italien vers des photos ( les vidéos que j’ai regardées ne sont pas fameuses.
        http://www.repubblica.it/esteri/2016/05/16/foto/israele_scoperta_archeologica_reperti_romani-139934991/1/?ref=HRESS-11#1

  22. La déesse de la lune , Luna , a belle allure . Merci d´avoir donné les explications , on situe
    mieux les objets . C´est curieux , ce bloc de pièces agglomérées . Ce sont des sédiments qui
    les tiennent ensemble , avec des filaments de mollusques ? Quand mon « gouvernement » sera rentré , je lui demanderai ce qui les conglomère aussi solidement .

    • Bonjour , d´un beau mardi ensoleillé , après 2-3 jours à 9° , en plein mois de mai …
      Incroyables vendanges ! Merci Mareria . Les italiens , les Anciens , étaient ingénieux . J´ai vu récemment à la TV ,( émission Méditerraneo ) une île grecque avec des vignes très vieilles , qui poussaient sur un sol extrêmement aride . Le vigneron connaissait parfaitement la façon de les soigner et de les faire produire . Les feuilles récupéraient la rosée de la nuit .
      Dans les hauteurs de la France ( Nord plus exactement …) , on cultive le houblon , mais les lianes ne s´élèvent qu´à 5mètres de hauteur . Et puis c´est une machine , une sorte de grue , qui cisaille les sommets . Espérons que ces vignes perdurent , mais il faudrait faciliter le travail des hommes pour cela . Des échelles qui glissent sur un rail , peut-être ?
      Bonne journée , je vais écouter les coqs , avant le branle-bas ( grands rangements … ) .

  23. Bonjour! pas vraiment besoin d’arroser avec ce printemps pourri; j’ai vu un reportage hier sur les granulé de polyacrylamide de potassium qui réduisent énormément les quantités d’eau nécessaires, et sur un dispositif, tout simple utilisé en Israël, qui a beaucoup de succès.
    Mais ne perdons pas le fil, avec le poète belge Georges NORGE…
    « « Vous pourriez déranger la chance »
    Le funambule
    « Un sentier de fil tendu et si mince qu’un ange n’y pourrait cheminer
    que les ailes ouvertes ;

    Rien que l’espace alentour -, très bas et très haut l’espace charmeur
    et mortel.

    Ô funambule, il n’est pas de solitude comparable à la tienne et tu
    n’as d’autre compagnon

    Que cette mort toujours te parlant à l’oreille et te pressant de lui céder.

    Ah ! quelle danse étrange où le moindre faux pas punit de mort
    le danseur !

    Quelle fidélité où le moindre mensonge immole le menteur.

    De ton pied intelligent, tu choisis le nombre d’or entre cent nombres
    perfides — et chacun de tes orteils est vainqueur de cent énigmes.

    Tandis que tes bras levés et tes paumes bien ouvertes semblent
    toucher une rampe de vent ou calmer les sirènes du vide.

    Une grâce vigoureuse dicte la foi forte et chaste à tes genoux, à ta
    nuque.

    Et tu poursuis un voyage dans la pure vérité.

    Tu marches ; plus rien en toi ne peut dormir ou rêver. O justice,
    ô vigilance.

    Et tu es comme l’avare qui perdrait tout son trésor en perdant un
    seul denier.

    L’oiseau des cimes t’admire en ta haute pauvreté. Il a dans l’air vaste
    et nu mille soutiens transparents :

    Toi, tu n’as pour seul appui qu’un fil nié par les yeux, le plus frêle
    fil du monde entre deux bords de cristal.

    Tu inventes la balance où rien d’impur ne survit et quel juste
    partage est fait dans l’équilibre du monde.

    Entre huit grains de poussière et deux plumes de mésange !

    Si ta main va s’emparer de quelque invisible pêche, tu sais la fondre
    en toi-même et goûter son jus profond de la lèvre au bout des pieds.

    O prince du suspens, ô maître de l’audace, chaque pas que tu fais
    engendre des musiques en des lieux bercés hors du temps ;

    Et la terre envieuse et l’abîme dompté ne pouvant t’engloutir, ont pris
    parti de t’adorer.

    Règne donc dans un tourment aux figures de délice ; caresse d’une
    main savante les grands fauves endormis,

    Puisque tu vois danser ton âme à la distance d’un seul pas et que ta main va l’atteindre.

    O solitaire, ô lucide, risque à chaque instant de perdre un séjour
    obéissant, un empire de saisons pour gagner un pas de plus. »

    • Beau poème , Mareria , on s´imagine sur le câble entre deux immeubles … Je crois qu´il ne faut jamais regarder en bas . L´idée même de franchir un pont de singe me donne le tournis .
      Il est vrai que je ne suis pas singe … tant mieux … : )

      • Darie, je suis comme vous! Et même le fait de regarder un planeur me donne le vertige….
        Entre deux tours au jardin, où pour le moment je coupe l’herbe à la main (…., à cause des fleurs, ancolies en majesté, myosotis pas encore fanés et parce que ce n’est pas très grand; mais c’est du boulot)), je suis tombée sur un ancien article du fig, à propos de Philippe Petit http://www.lefigaro.fr/cinema/2008/02/23/03002-20080223ARTFIG00694-philippe-petit-sans-permission-sur-les-nuages-.php
        « « Beaucoup d’artistes m’ont inspiré, dit-il, tels le peintre Sam Szafran – j’ai posé, jeune, pour certains de ses pastels -, le jongleur allemand Francis Brunn, ou, dans le cirque, Papa Rudy, un Tchèque qui m’a formé au funambulisme. Il m’a appris la sécurité sur le fil. Mais je devais poursuivre seul. Je travaillais cinq à dix heures par jour. Je voulais sortir le funambulisme de l’espace du cirque. »
        Et comme il croit qu’« il faut enfourcher les chevaux de ses rêves et partir au galop », il l’a fait. « Je me suis sacré funambule », dit-il. Les gargouilles songeuses qui regardent Paris du haut des tours de la cathédrale ont dû s’étonner en découvrant ce nouveau jongleur de Notre-Dame marchant dans le ciel au-dessus des toitures gothiques, en 1971. Son exploit a retenti dans la presse internationale. Depuis, Philippe Petit a multiplié les traversées spectaculaires, à New York, Sydney, Jérusalem ou Tokyo. Certaines étaient officielles, comme à la tour Eiffel, d’autres illégales, comme au World Trade Center, et lui valaient d’être raccompagné en panier à salades : « J’ai été arrêté plus de 500 fois », note le récidiviste, qui revendique tranquillement sa « criminalité artistique » : « Il n’y a pas de permission à demander pour créer de la poésie. Il faut suivre son intuition. On ne va pas aller au ministère des rêves remplir des formulaires ! Quand on a le désir noble de faire des choses belles, il faut les faire, c’est tout. Je n’ai pas choisi l’illégalité, je n’ai simplement jamais demandé d’autorisation. Un jour, vous verrez, la poésie sera illégale. »

  24. J´ai trouvé une citation de Maxence Fermine , dans son livre Neige que j´ai lu d´ailleurs . C´est un livre assez court , comme les haïkus . Le sujet du livre est la neige et les haïkus , et cela se passe au Japon .
    « Il y a deux sortes de gens. Il y a ceux qui vivent, jouent et meurent. Et il y a ceux qui ne font jamais rien d’autre que se tenir en équilibre sur l’arête de la vie. Il y a les acteurs. Et il y a les funambules. » Quand la bibliothèque rouvrira , j´irais le rechercher , il y avait des haïkus au
    fil ( fil: )) de la lecture .
    Il y a aussi une définition très drôle de Alain Finkelkraut dans son Fictionnaire illustré ( j´aimerais le lire en entier ! ) .  » Funamboule : funambule furieux parce qu’on lui a cassé son fil. »
    S´il n´est pas tombé de là-haut , c´est moins grave .
    Il existe des tyroliennes pour passer d´un bord de falaise à l´autre , c´est impressionnant mais efficace . La plus longue fait 2,5kms au Mexique , dans la région de Chihuahua , whaouh !

  25. J’ai finalement tondu et suis fourbue!
    Ces funambules de la vie, les voici aussi dans une chanson grecque, aux paroles assez sombres:  » la Solitude du funambule », qui se dit « Η μοναξιά του σχοινοβάτη , i monaxia tou schinovatis « : le mot signifiant « funambule  » en grec ancien est passé tel quel ; encore un!
    Voici les 2 premières strophes « Lune rouge, mers de tequila/
    feuilles jetées dans le feu/ lune rouge, port rouge /tu m’as fait quelque chose/ tu m’as fait quelque chose
    j’en ai vu beaucoup qui ont pris la vie à la rigolade/ j’en ai vu d’autres qui l’ont prise au sérieux/
    pour s’en tirer laidement tout compte fait/ et l’ont cher payé  »

  26. Hello la compagnie, pas de réseau depuis hier, pas d’internet, pas de téléphone, bref, c’est le retour au moyen âge….. il y a un article dans le journal, des personnes ont essayé de vivre sans écran, il parait que c’est possible mais quand on n’a pas de connexion, on râle et c’est normal !!
    Un printemps frisquet, un soleil faible, un vent qui décoiffe, de quoi voir la vie en gris, encore que le gris soit très à la mode. L’autre fois j’achète un pantalon d’été très fluide pour être à l’aise, je dis à la vendeuse « ah ! encore du gris ! » elle me répond mais non, il est kaki ! je regarde à deux fois et je dis, mais non, je le vois gris ! elle revient à la charge et me dit « il a un reflet verdâtre, regardez à la lumière ! » je m’énerve ! je dis non, il est vraiment gris…. là une cliente sympa vient trancher, elle me donne raison, le pantalon est gris ! ah ! ah ! je regarde l’étiquette et c’est écrit couleur »kaki » ! j’arrive sur un 2e article, couleur gris foncé…. et bien non, il est taupe ! franchement, c’est à douter de tout, nous sommes à l’ère des couleurs hésitantes, des tons mal définis, des reflets trompeurs…. vive le rose et le bleu !
    Je vais faire un tour dans les infos et bonne fin de soirée à tous.

    • Monique , vous me rappelez une anecdote arrivée à Lille l´an dernier .
      J´achète une jupe dans un ton rose pâle (que je croyais rose pâle ) , je paie et m´en vais . Au bout de dix bonnes minutes de marche , je jette un coup d´œil sur ma jupe , et je la trouve franchement beige foncée , un ton que je n´aime pas du tout ! Je suis vite retournée au magasin pour changer mon achat . C´était l´éclairage électrique qui avait faussé la teinte .
      Il faut toujours s´approcher de la porte d´entrée ( attention au dispositif antivol ! ) pour bien
      voir la couleur à la lumière du jour .
      A propos d´antivol , ma fille avait acheté une superbe jupe de peau à Lille . Et rentrée en
      Suède , elle a vu que l´antivol était toujours accroché ( il n´avait pas sonné ) . Il a fallu la renvoyer à Lille , avec photocopie du ticket de caisse . Il faut vérifier le travail des vendeuses …

      • Darie, je vois que vous avez aussi des affaires de « chiffon » finalement quand on dit, selon l’expression, « les goûts et les couleurs ne se discutent pas »… c’est une erreur, la preuve, les couleurs peuvent prêter à discussion. Le coup de la jupe rose qui devient beige, on dit aussi un beige rosé, est très drôle mais vous avez bien fait de reporter l’article. Côté antivol, j’ai aussi mon anecdote, elle vaut son pesant d’or…. un jour j’achète des sandales blanc et doré, très jolies pour l’été et surtout j’étais bien comme dans des chaussons ; donc je paie, puis je pars. Trois jours plus tard, avec mes sandales aux pieds, j’entre dans un magasin genre Gifi, qui n’a rien à voir avec mes chaussures et là, je passe le portillon et je sonne ! évidemment le surveillant arrive et constate que je n’ai rien, aucun paquet mais moi je veux comprendre et à dire vrai, la colère me prend la tête ! alors j’ai l’idée de retirer mes chaussures, je passe le portillon sans encombre… je reviens, j’enfile mes sandales et là, je sonne. Il y avait encore un code sous la semelle mais le magasin de chaussures aurait dû le désactiver. Je suis retournée chez le chausseur et j’ai copieusement eng….. la vendeuse, laquelle m’a répondu « mais quelle importance puisque le magasin où vous sonnez ne vend pas de chaussures….. ah ! la philosophie ! …….. il faut tout vérifier…. ce matin l’assistante d’un cardiologue mettait les électrodes dessus le vêtement pour faire un électrocardiogramme…. quelle rigolade ! bonne fin de soirée.

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