PLOC PLOC

image(Caillebotte, L’ Yerres, effet de pluie)

Quelle sauce !!!

Un mois de mai pluvieux comme jamais et juin prend le relais.

 pluie est le mot du jour et Théophile Gautier en a été poétiquement inspiré.

PLUIE

(Théophile Gautier)

Ce nuage est bien noir : – sur le ciel il se roule,

Comme sur les galets de la côte une houle.

L’ouragan l’éperonne, il s’avance à grands pas.

– A le voir ainsi fait, on dirait, n’est-ce pas ?

Un beau cheval arabe, à la crinière brune,

Qui court et fait voler les sables de la dune.

Je crois qu’il va pleuvoir : – la bise ouvre ses flancs,

Et par la déchirure il sort des éclairs blancs.

Rentrons. – Au bord des toits la frêle girouette

D’une minute à l’autre en grinçant pirouette,

Le martinet, sentant l’orage, près du sol

Afin de l’éviter rabat son léger vol ;

– Des arbres du jardin les cimes tremblent toutes.

La pluie ! – Oh ! voyez donc comme les larges gouttes

Glissent de feuille en feuille et passent à travers

La tonnelle fleurie et les frais arceaux verts !

Des marches du perron en longues cascatelles,

Voyez comme l’eau tombe, et de blanches dentelles

Borde les frontons gris ! – Dans les chemins sablés,

Les ruisseaux en torrents subitement gonflés

Avec leurs flots boueux mêlés de coquillages

Entraînent sans pitié les fleurs et les feuillages ;

Tout est perdu : – Jasmins aux pétales nacrés,

Belles-de-nuit fuyant l’astre aux rayons dorés,

Volubilis chargés de cloches et de vrilles,

Roses de tous pays et de toutes famines,

Douces filles de Juin, frais et riant trésor !

La mouche que l’orage arrête en son essor,

Le faucheux aux longs pieds et la fourmi se noient

Dans cet autre océan dont les vagues tournoient.

– Que faire de soi-même et du temps, quand il pleut

Comme pour un nouveau déluge, et qu’on ne peut

Aller voir ses amis et qu’il faut qu’on demeure ?

Les uns prennent un livre en main afin que l’heure

Hâte son pas boiteux, et dans l’éternité

Plonge sans peser trop sur leur oisiveté ;

Les autres gravement font de la politique,

Sur l’ouvrage du jour exercent leur critique ;

Ceux-ci causent entre eux de chiens et de chevaux,

De femmes à la mode et d’opéras nouveaux ;

Ceux-là du coin de l’oeil se mirent dans la glace,

Débitent des fadeurs, des bons mots à la glace,

Ou, du binocle armés, regardent un tableau.

– Moi, j’écoute le son de l’eau tombant dans l’eau.

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106 réflexions sur “PLOC PLOC

  1. Bonsoir Monique , il faut aussi un peu de vent pour sécher plus vite , et chasser l´humidité .
    Je vais écouter le programme de philo , que je peux voir après deux ans d´interruption .
    J´aime bien écouter ces conversations , même si c´est court et succinct , et même si je n´ai pas été une bonne élève en philosophie . Je me rattrape : )) Bonne soirée aussi , et à tous .

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